Islam

Rûmî, Divan (Davis), « Dieu seul » / « L’âme-lune et la mer »

« Nul autre que Dieu n’a contemplé la beauté de Dieu. »
Cet œil et cette lampe sont deux lumières, chacune distincte ;
Quand elles se rejoignirent, nul ne les distingua.
À l’aube, une lune apparut dans le ciel,
Puis descendit du ciel et posa son regard sur moi.
Comme un faucon qui saisit un oiseau au moment de la chasse,
Cette lune m’enleva et s’élança dans le ciel.
Quand je me regardai, je ne me vis plus,
Car, dans cette lune, mon corps, par grâce, devint semblable à l’âme.
Quand je voyageai en esprit, je ne vis rien d’autre que la lune,
Jusqu’à ce que fût révélé le secret de la Théophanie éternelle.
Les neuf sphères du ciel se fondirent toutes dans cette lune,
Le vase de mon être fut entièrement englouti dans la mer.
La mer se souleva en vagues, et de nouveau la Sagesse s’éleva
Et lança au loin une voix ; ainsi cela arriva et advint.
La mer écuma, et de chaque flocon d’écume
Une chose prit forme, une autre se manifesta.
Chaque flocon d’écume, chaque corps qui reçut un signe de cette mer,
Fondit aussitôt et se changea en esprit dans cet Océan.

Source Rûmî, Divan de Shams-i Tabrîz, extraits traduits par R. A. Nicholson (1898) et al., in F. Hadland Davis, The Persian Mystics: Jalálu’d-dín Rúmí (1907), gutenberg.org #45159 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire