Islam

Rûmî, Divan (Davis), « Je me tais » / « Un cri vers le Bien-Aimé »

Je me tais. Parle, Toi, ô Âme de l’Âme de l’Âme,
Toi dont le visage désiré fit parler chaque atome.
Hier soir, j’ai confié à une étoile des nouvelles pour Toi :
« Présente, lui ai-je dit, mes hommages à cette forme pareille à la lune. »
Je me suis incliné, j’ai dit : « Porte ces hommages au soleil
Qui, par son ardeur, change les roches dures en or. »
J’ai découvert ma poitrine, je lui ai montré les blessures :
« Donne de mes nouvelles, lui ai-je dit, au Bien-Aimé dont le breuvage est le sang. »
Je me balançais pour apaiser l’enfant qu’est mon cœur ;
Un enfant s’endort quand on berce son berceau.
Donne du lait à mon cœur-enfant, délivre-nous de ses pleurs,
Ô Toi qui, à chaque instant, aides cent malheureux comme moi.
La demeure du cœur, du commencement à la fin, est Ta Cité de l’Union :
Combien de temps garderas-Tu ce cœur désolé en exil ?

Source Rûmî, Divan de Shams-i Tabrîz, extraits traduits par R. A. Nicholson (1898) et al., in F. Hadland Davis, The Persian Mystics: Jalálu’d-dín Rúmí (1907), gutenberg.org #45159 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire