Locmân de Sarkhas disait : « Ô Dieu ! je suis vieux, troublé dans mon esprit, égaré loin du chemin. On satisfait un vieil esclave en lui donnant un certificat et en le rendant libre. À ton service, moi aussi, ô mon roi ! mes noirs cheveux sont devenus blancs comme de la neige. Je suis un esclave attristé, donne-moi le contentement. Je suis devenu vieux, donne-moi le certificat d’affranchissement. » « Ô toi qui as été spécialement admis dans le sanctuaire ! lui répondit une voix du monde invisible, quiconque désire se dégager de l’esclavage devra en même temps effacer sa raison et ne se mettre en souci de rien. Laisse donc ces deux choses, et mets le pied en avant. »
« Ô mon Dieu ! répondit Locmân, je ne désire que toi, et je sais ainsi que je ne dois pas suivre ma raison ni me laisser aller à l’inquiétude. Je l’entends bien de cette manière. »
« Ô mon Dieu ! répondit Locmân, je ne désire que toi, et je sais ainsi que je ne dois pas suivre ma raison ni me laisser aller à l’inquiétude. Je l’entends bien de cette manière. »
En conséquence Locmân renonça à sa raison et à tout souci ; il frappait du pied et agitait les mains par folie, et il disait : « Je ne sais à présent ce que je suis. Je ne suis pas esclave, il est vrai, mais que suis-je ? Mon esclavage a été aboli, mais mon affranchissement n’a pas eu lieu ; il n’est demeuré dans mon cœur ni joie ni tristesse. Je suis resté sans qualité et néanmoins je n’en suis pas dépourvu ; je suis contemplatif et je ne jouis pas de la contemplation. J’ignore si tu es moi ou si je suis toi ; j’ai été anéanti dans toi, et la dualité a été perdue. »