Un individu avait un esclave nègre très actif, qui avait purifié ses mains des choses du monde, et qui priait toute la nuit jusqu’à l’aurore, animé des intentions les plus droites. Son maître lui dit un jour : « Diligent esclave, lorsque tu te lèves pendant la nuit, réveille-moi aussi, pour que je fasse l’ablution et que je prie avec toi. » Le nègre lui répondit : « Celui qui aime à rechercher la voie spirituelle n’a pas besoin d’être réveillé. Si tu ressentais cet amour, tu te réveillerais de toi-même et tu ne resterais pas jour et nuit dans l’inaction spirituelle. Lorsqu’il faut que quelqu’un te réveille, il vaut autant qu’une autre personne te remplace pour ta prière. Celui qui n’éprouve pas ce sentiment et cet amour mérite d’être enseveli sous la poussière, car il n’est pas homme de la voie spirituelle ; mais celui qui a façonné son cœur à cet amour n’appartient plus ni au ciel ni à l’enfer. »
Islam
Mantic uttaïr, Le maître et son esclave
Source Attar, Mantic uttaïr ou le Langage des oiseaux, trad. Garcin de Tassy (1863), archive.org manticuttaroule00goog (OCR corrigé) · Sommaire