Ibrâhîm Adham dit un jour à un individu qui se plaignait sans cesse et avec amertume de sa pauvreté : « Mon enfant, tu n’as peut-être rien eu à payer pour ta pauvreté ? » — « Ton discours n’a pas de sens, répondit cet homme, tu dois en être confus ; quelqu’un achète-t-il la pauvreté ? » Adham répliqua : « Moi, du moins, je l’ai choisie volontairement et je l’ai achetée au prix du royaume du monde. J’achèterais encore un instant de cette pauvreté par cent mondes, car chaque jour elle me convient mieux. Lorsque j’ai trouvé cette marchandise précieuse, j’ai dit adieu à la royauté. Tu vois que je connais la valeur de la pauvreté, tandis que tu la méconnais ; j’en suis reconnaissant, et tu en es méconnaissant. Les gens d’ambition spirituelle jouent leur âme et leur corps, et les brûlent pendant des années entières. L’oiseau de leur ambition a atteint jusqu’à Dieu ; il s’est élevé à la fois au-dessus des choses temporelles et des choses spirituelles. Si tu n’es pas homme à avoir une telle ambition, retire-toi, car tu es indigne d’avoir part à la grâce. »
Islam
Mantic uttaïr, Anecdote sur Ibrâhîm Adham
Source Attar, Mantic uttaïr ou le Langage des oiseaux, trad. Garcin de Tassy (1863), archive.org manticuttaroule00goog (OCR corrigé) · Sommaire