Un autre oiseau dit à la huppe : « Ô toi qui es clairvoyante ! ce que tu proposes est digne d’attirer l’ambition. Quoique je sois faible d’apparence, j’ai en réalité une noble ardeur ; quoique je n’aie que peu de force, j’ai cependant une haute ambition. »
La huppe répondit : « L’aimant de ceux qui sont affectionnés à la profession de foi qui commence par le mot alast est l’ambition élevée qui dévoile tout ce qui existe. Celui qui est animé par cette sublime ambition connaît aussitôt tout ce qui existe. Quand on possède tant soit peu seulement cette noble ambition, elle vous soumet même le soleil. Le point capital du royaume du monde, c’est l’ambition. L’ambition, c’est l’aile et les plumes de l’oiseau des âmes. »
La vieille femme qui veut acheter Joseph.
La huppe répondit : « L’aimant de ceux qui sont affectionnés à la profession de foi qui commence par le mot alast est l’ambition élevée qui dévoile tout ce qui existe. Celui qui est animé par cette sublime ambition connaît aussitôt tout ce qui existe. Quand on possède tant soit peu seulement cette noble ambition, elle vous soumet même le soleil. Le point capital du royaume du monde, c’est l’ambition. L’ambition, c’est l’aile et les plumes de l’oiseau des âmes. »
La vieille femme qui veut acheter Joseph.
On dit que, lorsqu’on vendit Joseph, les Égyptiens manifestèrent pour lui une ardente sympathie. Comme il se présenta beaucoup d’acheteurs, on voulut avoir cinq à dix fois plus que son poids en or. Parmi eux se trouvait une vieille femme, le cœur ensanglanté, et qui avait filé à cette occasion quelques pelotes de fil. Elle arriva tout émue au milieu de la réunion, et elle dit au courtier : « Vends-moi ce Chananéen ; je suis folle du désir que j’éprouve de posséder ce jeune homme. J’ai filé dix pelotes de fil pour en payer le prix ; prends-les et vends-moi Joseph, en mettant ta main dans la mienne sans mot dire. » Le courtier se mit alors à sourire, et dit à la vieille : « Ta simplicité t’égare ; cette perle unique n’est pas pour toi. On offre, dans cette assemblée, cent trésors pour en payer le prix ; comment donc voudrais-tu t’acquitter avec tes pelotes de fil ? » — « Je sais bien, répondit la vieille, que personne ne vendrait pour si peu ce jeune homme ; mais il me suffit que mes amis et mes ennemis puissent dire : “Cette vieille femme a été du nombre des acheteurs de ce jeune homme.” »
Tout cœur qui n’est pas animé par une noble ambition ne peut atteindre au royaume infini. Ce fut par cette ambition que le grand prince dont il va être question mit le feu à son royaume. Quand il vit tous les inconvénients de la royauté temporelle, il considéra la royauté spirituelle comme ayant cent fois plus de valeur que cent mille royaumes terrestres. Son ambition s’étant développée en toute pureté d’intention, il fut dégoûté de tout royaume impur. En effet, lorsque l’œil de l’ambition voit le soleil, comment pourrait-il s’attacher à un atome ?