firmament du ciel. » Par ces derniers mots, l’Écriture désigne le fleuve céleste, source de toutes les lumières, qui sort de l’Éden, ainsi qu’il est écrit : « ...Et un fleuve sort de l’Éden pour arroser le Jardin. » Remarquez que lorsque la lumière de la lune, qui est le reflet du soleil, éclaire la terre, toutes les étoiles montrent également leurs lumières ; toutes les plantes et tous les arbres croissent à la faveur de cette lumière ; et même les eaux de l’Océan se meuvent et produisent le flux et le reflux ; et enfin les poissons de la mer éprouvent de la joie à cette lumière. Tous sont dans la joie, même les démons qui sortent de leur engourdissement et parcourent le monde. C’est pourquoi il convient de veiller sur les enfants à cette heure-ci, pour que les démons n’aient pas de prise sur eux.
Rabbi Aha dit : Il est écrit : « Et Élohim les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre. » L’Écriture nous indique que la conduite du soleil et de la lune doit servir d’exemple aux habitants de la terre. Car bien que, primitivement, la lumière de la lune ait été égale à celle du soleil, la lune ne continue pas moins à éclairer avec joie la terre, après que Dieu en a diminué la lumière.
Rabbi Aha dit : Il est écrit : « Et Élohim les mit dans le firmament du ciel pour luire sur la terre. » L’Écriture nous indique que la conduite du soleil et de la lune doit servir d’exemple aux habitants de la terre. Car bien que, primitivement, la lumière de la lune ait été égale à celle du soleil, la lune ne continue pas moins à éclairer avec joie la terre, après que Dieu en a diminué la lumière.
Rabbi Isaac dit : Il est écrit : « Et la lumière de la lune égalera celle du soleil ; et la lumière du soleil sera sept fois plus grande, comme la lumière des sept jours. » Quels sept jours ? Les sept jours de la création. Rabbi Yehouda dit : Les sept jours sont ceux de la consécration du Tabernacle ; c’est pourquoi ces jours sont appelés « pleins » (melouïm), parce que, en ce temps, le monde deviendra parfait et la lune ne présentera plus sa figure échancrée, symbole du mauvais serpent, dont l’Écriture dit : « Et le grand parleur divise les Princes. » Et quand cet événement aura-t-il lieu ? À l’époque où seront accomplies les paroles de l’Écriture : « Il précipitera la mort pour jamais. » C’est à cette même époque que seront accomplies les paroles de l’Écriture : « En ce jour-là, le Seigneur sera un ; et son nom sera un. »
Il est écrit : « Que les eaux produisent des êtres vivants », et un peu plus loin : « Que la terre produise des êtres vivants de son espèce. » Rabbi Éléazar dit : Les eaux inférieures produisent des êtres de leur espèce, de même que les eaux supérieures en produisent de leur espèce. Rabbi Hiyà dit : L’Écriture parle des eaux supérieures qui ont produit l’être vivant. Quel être vivant ? C’est l’être du premier homme, ainsi qu’il est écrit : « Et l’homme devint un être vivant. » L’Écriture ajoute : « ...Et des oiseaux qui volent sur la terre. » Ce sont les messagers célestes qui apparaissent aux hommes dans le songe. De ce que l’Écriture dit : « Qui volent sur la terre », il résulte qu’outre les anges qui apparaissent aux hommes dans un songe, il y en a d’autres qui n’apparaissent aux hommes qu’en réalité, suivant le degré intellectuel de l’homme. C’est pourquoi l’Écriture n’emploie pas les mots « selon leur espèce » pour les « oiseaux qui volent sur la terre », ainsi qu’elle le fait plus loin, lorsqu’elle parle des « oiseaux que Dieu créa selon leur espèce », attendu que les anges messagers, qui n’apparaissent que dans un songe, ne sont tous que d’une seule espèce, alors que les anges qui nous apparaissent en réalité sont de diverses espèces, différentes les unes des autres ; et c’est à cause d’eux que l’Écriture dit : « ...Et de là ce fleuve se divise en quatre canaux. »
Il est écrit : « Et Élohim créa les grands poissons » ; ce sont le Léviathan et sa femelle. Les mots « et tous les êtres vivants qui se meuvent » désignent cet être vivant (nephesch hayah) qui se meut dans tous les quatre points cardinaux du monde. Et quel est cet être vivant ? C’est « Lilith ». L’Écriture ajoute : « Que les eaux produisent » ; car ce sont les eaux qui nourrissent ces êtres vivants. Car, lorsque le vent du sud souffle, les eaux se meuvent dans toutes les directions et s’enflent ; et c’est alors qu’a lieu le passage de ces êtres, ainsi qu’il est écrit : « C’est là que les navires passeront ; c’est là que se
« promène le Léviathan que tu as formé, pour s’y jouer. » Les mots « et tous les oiseaux pourvus d'ailes selon leur espèce » désignent ces êtres dont l’Écriture dit : « ...Parce que les oiseaux mêmes du ciel rapporteront la parole; et ceux qui ont des ailes publieront ce que tu auras dit. » Rabbi Yossé dit : Tous ces êtres sont pourvus de six ailes et ne présentent aucune variation; c’est pourquoi l’Écriture dit « selon son espèce », ce qui veut dire selon l’espèce des anges ailés. Ils parcourent le monde en six vols; ils vont épier les œuvres des hommes; et, si celles-ci sont bonnes, ils les font monter au ciel. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Même dans votre pensée ne maudissez point le roi, et ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre. »
Rabbi Hizqiya dit : Pourquoi l’Écriture emploie-t-elle le mot « haromeseth » (qui se meuvent), au lieu de « haschoretzeth » (qui rampent) ? C’est parce que l’Écriture désigne « Lilith », ainsi qu’il a été dit précédemment. C’est pourquoi l’Écriture dit : « C’est durant la nuit que toutes les bêtes de la forêt se meuvent (thirmos) »; ces paroles désignent en plus les anges, appelés Hayoth, qui dominent également à l’heure où domine « Lilith ». Ils commencent à chanter leurs hymnes à chacune des trois veilles de la nuit et ne cessent leurs louanges qu’à la fin de la nuit. C’est d’eux que l’Écriture dit : « Ceux qui se souviennent du Seigneur ne se taisent point. »
Rabbi Siméon se leva et parla ainsi : Après une profonde méditation, j’ai acquis la certitude qu’au moment où le Saint, béni soit-il, voulut créer l’homme, tous les mondes supérieurs et inférieurs furent ébranlés. Le sixième jour de la création, la volonté du Saint, béni soit-il, se réalisa. La lumière de toutes les lumières apparut dans tout son éclat; elle ouvrit la porte de l’Orient d’où arrive la lumière; le sud fit montrer toute la magnificence de sa lumière primitive, de sorte que la lumière du sud alla se confondre avec celle de l’est; celle de l’est gagna tout de suite le nord qu’elle inonde, et le nord propagea sa lumière reçue dans l’ouest. Ainsi tous les quatre points cardinaux du monde ont été inondés de lumière. C’est alors que l’Ouest dit aux autres points cardinaux : « Faisons l’homme à notre image », ce qui veut dire : qu’il nous ressemble en ce sens que lui aussi embrasse la lumière d’en haut et d’en bas, et de tous les quatre points cardinaux.
L’Orient s’unit alors à l’Occident; et l’homme fut engendré. C’est pourquoi la tradition nous apprend que l’homme a été créé de la terre sur laquelle fut édifié le Temple. Selon une autre version, les paroles de l’Écriture : « Faisons l’homme à notre image » ont la signification suivante. Le Saint, béni soit-il, dit à ceux d’en bas, c’est-à-dire aux anges, le mystère de la formation du mot « Adam » (homme). Le mot אדם provient du Mystérieux d’en haut; car, par le mystère des lettres qui le composent, il participe et d’en haut et d’en bas. Il participe d’en haut par le « Mem fermé » (ם), qui est celui de « lemarbeh » (רב), du verset : « Son empire s’étendra »; il participe d’en bas par le Daleth (ד), qui n’est fermé que du côté ouest. Et voici comment le mot « homme » participe à la fois d’en haut et d’en bas. Son parachèvement en haut correspond à son parachèvement en bas. Lorsque ces lettres descendirent, elles formèrent un tout harmonieux; et l’homme se trouva à la fois mâle et femelle. Car la femme était attachée à l’homme jusqu’à ce qu’il se fût endormi; et c’était à l’endroit où devait être élevé le Temple. Dieu sépara alors la femme de lui. Il la forma, la para et la conduisit auprès de l’homme, telle une fiancée qu’on pare et qu’on amène au fiancé. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Il tira une de ses côtes et mit de la chair à sa place. » L’Écriture dit « il tira une de ses côtes », au lieu de dire : Une côte de ses côtes, ce qui serait plus conforme au génie de la langue hébraïque; en disant seulement : « Il tira une… », l’Écriture désigne certainement autre chose qu’une côte. J’ai trouvé dans un livre ancien que ce que
Dieu détacha d’Adam non pas une côte, mais « Lilith » la primitive, qui cohabitait avec Adam et dont elle devint enceinte. C’est d’elle que l’Écriture dit : « Mais il ne trouvait point d’aide pour Adam, qui fût contre lui », c’est-à-dire : Dieu ne trouva pas en Lilith une aide pour l’homme, attendu qu’elle était contre lui. Et c’est alors, après avoir détaché « Lilith » de l’homme, que Dieu remplaça le plaisir que l’homme éprouvait par son commerce avec celle-ci par le plaisir de la chair. C’est pourquoi l’Écriture ajoute : « Et il mit de la chair à sa place. » Remarquez que Dieu a créé l’homme ici-bas pourvu de tout ce qu’il faut pour suppléer à tous les besoins que les démons font miroiter à ses yeux ; ainsi, en détachant « Lilith » de l’homme, une de ses côtes a pu lui tenir lieu du plaisir coupable qu’il éprouvait précédemment dans sa cohabitation avec « Lilith ».
Rabbi Siméon dit en outre : Il est écrit : « ...Avant que toutes les plantes des champs fussent sorties de la terre et que toutes les herbes de la campagne eussent poussé. Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre ; et il n’y avait point d’homme pour la labourer. » Par les mots « plantes des champs », l’Écriture désigne les grands arbres qui ont été plantés plus tard, mais dont la forme a été dessinée déjà. C’est ainsi que s’expliquent les paroles de l’Écriture : « Il créa toutes les plantes des champs avant qu’elles fussent sorties de la terre », c’est-à-dire que la forme en a été dessinée. Remarquez qu’Adam et Ève ont été, primitivement, créés attachés l’un à côté de l’autre. Pourquoi n’ont-ils pas été créés attachés face à face ? En raison des paroles de l’Écriture : « ...Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre. » L’union de l’homme, être supérieur à toutes les œuvres de la création, l’union de l’homme, disons-nous, avec sa femme, devait être modelée d’après la nature. Aussi, n’est-ce que quand l’union du ciel et de la terre a eu lieu pour la première fois, union qui se manifeste par la pluie, que l’union de l’homme avec sa femme eut lieu face à face.
D’où savons-nous que les actes des supérieurs sont formés sur le modèle de ceux des inférieurs ? Nous le savons du Tabernacle, ainsi qu’il est écrit : « ...Et le Tabernacle fut dressé » ; or, nous savons par une tradition que ces mots de l’Écriture désignent le Tabernacle céleste. Ainsi le Tabernacle céleste ne fut dressé qu’après celui de la terre. Il en était de même pour le mode d’union face contre face entre l’homme et sa femme, avant que Dieu ne fît pleuvoir sur la terre. C’est pourquoi l’Écriture dit : « ...Et il n’y avait point d’homme » ; l’Écriture entend par là que tant qu’Ève n’était pas encore créée, l’homme était un être inachevé ; l’homme n’est devenu complet qu’après la création d’Ève. Ce mystère nous est déjà indiqué par ce fait que, dans tout le passage relatif à la création de la femme, la lettre « Samekh », qui signifie « soutien », « aide », « secours », ne figure pas. Bien que les collègues aient dit que le mot « Ezer » (aide) signifie que la femme était créée pour servir d’aide à l’homme, elle n’est devenue « aide » qu’à partir du moment où l’union se fit face contre face. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « Ils sont rapprochés l’un de l’autre pour toute l’éternité ; ils sont faits selon la vérité et selon l’équité. » Par le mot « rapprochés », l’Écriture désigne le mâle et la femelle dont le rapprochement en ce bas monde subsistera dans le monde supérieur en toute éternité.
L’Écriture dit : « ...Car le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre » ; l’Écriture entend que l’union parfaite entre l’homme et la femme n’existait pas encore, parce que cette union ne s’était pas encore manifestée dans la nature. Et cette union parfaite consiste dans un saint rapprochement de face contre face. Aussi l’Écriture ajoute-t-elle immédiatement après : « Et une nuée s’élevait de la terre qui en arrosait toute la surface. » C’est le désir qu’éprouve la femelle pour le mâle ; les nuées s’élèvent d’abord de la terre vers le ciel ; et, après avoir formé les nuages, c’est le ciel qui arrose la terre. Remarquez qu’il en est de même des œuvres des hommes. D’abord, ce sont les hommes qui offrent des holocaustes ; et, après que la fumée est montée au ciel, celui-ci répand sur le monde d’en bas toutes les bénédictions. Si le « Synode d’Israël » ne commençait le premier à offrir des holo
caustes, les bénédictions du ciel n'arriveraient jamais en ce bas monde. Rabbi Abba dit : Il est écrit : « ...Et l’arbre de Vie au milieu du Paradis, et l'arbre du Bien et du Mal... » Une tradition nous apprend que l'arbre de Vie a une hauteur de cinq cents ans de marche et que toutes les eaux de la création coulent à son pied et se dirigent dans les différentes directions. L’arbre de Vie est planté exactement au milieu du Jardin, et c'est à son pied que les eaux prennent leurs différentes directions. Le fleuve céleste où s’abreuvent les Hayoth, ainsi qu’il est écrit : «...S’abreuvent toutes les Hayoth », sort du monde supérieur, après avoir abreuvé les êtres supérieurs de ses eaux parfumées et cristallines, et se dirige vers l’arbre de Vie. Arrivées là, les eaux de ce fleuve se divisent en divers canaux, par lesquels elles descendent ici-bas. L’Écriture ajoute : « ...Et l’arbre du Bien et du Mal. » Pourquoi l’Écriture parle-t-elle de cet arbre qui n’est pas planté au milieu du Jardin ? En outre, que signifie l’arbre du Bien et du Mal ? Cet arbre tire son essence des deux côtés ; et, tout en connaissant le mal, il n’hésite pas à se l’approprier. Et c’est précisément parce qu’il se nourrit du doux et de l’amer, tout en sachant les distinguer, c’est parce qu’il cherche à passer pour Bien pur, alors qu'il renferme un alliage du Mal, c’est enfin parce qu’il séduit de nombreuses plantes qui, le croyant Bien pur, le suivent, qu’il est appelé l’arbre du Bien et du Mal. Mais il y a d'autres plantes supérieures qui ne se laissent pas séduire par l’arbre du Bien et du Mal ; et celles-ci sont appelées les « cèdres du Liban ». Que signifient les paroles de l’Écriture : « Les arbres de la campagne seront nourris avec abondance, aussi bien que les cèdres du Liban que Dieu a plantés » ? Ce sont les six jours célestes de la création, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment. L’Écriture dit : «...Les cèdres du Liban que Dieu a plantés. » Le mot « plantés » indique que ces arbres sont de longue durée ; car, en effet, ils subsistent encore.
À partir du moment où l’union d’Adam et d’Ève a cessé d’être côté contre côté, l’Écriture se sert de la lettre Samekh, ainsi qu’il est écrit : « ...Et il mit de la chair à sa place. » Le Saint, béni soit-il, arracha l’homme de sa place et le transplanta ailleurs, où, au lieu d’être à son côté, Ève se trouvait en face de lui. Ainsi, les deux êtres qui constituent la base du monde ont été arrachés de leur place primitive et transplantés, pour atteindre à la perfection. Rabbi Abba dit en outre : D’où savons-nous qu’Adam et Ève avaient été plantés ? Nous le savons parce qu’il est écrit : « Les rejetons que j’ai plantés, les ouvrages que ma main a faits pour me rendre gloire... » L’Écriture dit : « Les ouvrages que ma main a faits... », parce que l'homme a été créé de façon à ne pas être confondu avec les autres créatures. Et ailleurs il est écrit : « Le jour que vous aurez planté, votre semence ne produira que des fruits sauvages » ; ces paroles désignent l’homme qui a commis des péchés le jour même où il fut créé. Nous savons par une tradition que les plantes ressemblaient primitivement aux antennes des sauterelles, tant la couleur en était indéterminée. Ce n’est qu’après avoir été plantées qu’elles furent perfectionnées en prenant des nuances déterminées ; c’est alors qu’elles furent appelées « cèdres du Liban ». Il en était de même d’Adam et d’Ève. Tant qu’ils n’étaient pas plantés, ils n’avaient ni couleur ni odeur ; et ce n’est qu’après avoir été plantés qu’ils arrivèrent à la perfection.
Il est écrit : « Et Jéhovah Élohim fit ce commandement à l’homme et lui dit : Mangez de tous les arbres du Jardin ; mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal. Car en même temps que vous en mangerez vous mourrez. » La tradition nous apprend que le mot « commandement » (tzav) désigne l’idolâtrie, « Jéhovah » désigne le blasphème, « Élohim » désigne le déni de justice, « à l’homme » désigne le meurtre, « et lui dit » désigne l’inceste, « de tous les arbres du Jardin » désigne le vol, « mangez » désigne la chair coupée de l’animal pendant qu’il est encore en vie. Or, en disant à l’homme : « Mangez de tous les
arbres du Jardin », Dieu indiqua à l’homme qu’alors même qu’il aurait commis tous les péchés mentionnés, il ne devrait pas désespérer de retrouver le salut, attendu que nous voyons qu’Abraham en a mangé, qu’Isaac, Jacob et tous les prophètes en ont mangé, et pourtant n’en sont point morts. Mais il lui a dit en même temps de se garder de l’arbre de la Mort, ainsi qu’il est écrit : « …Mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal », attendu que quiconque en goûte seulement se sépare de la vie, parce qu’il vient de goûter du poison. C’est pourquoi Dieu a ajouté : « …Car en même temps que vous en mangerez vous mourrez » ; car quiconque mange de cet arbre cause des ravages parmi les plantes.
arbres du Jardin », Dieu indiqua à l’homme qu’alors même qu’il aurait commis tous les péchés mentionnés, il ne devrait pas désespérer de retrouver le salut, attendu que nous voyons qu’Abraham en a mangé, qu’Isaac, Jacob et tous les prophètes en ont mangé, et pourtant n’en sont point morts. Mais il lui a dit en même temps de se garder de l’arbre de la Mort, ainsi qu’il est écrit : « …Mais ne mangez point de l’arbre du Bien et du Mal », attendu que quiconque en goûte seulement se sépare de la vie, parce qu’il vient de goûter du poison. C’est pourquoi Dieu a ajouté : « …Car en même temps que vous en mangerez vous mourrez » ; car quiconque mange de cet arbre cause des ravages parmi les plantes.
Rabbi Yehouda demanda à Rabbi Siméon : Que signifient les paroles de la tradition, d’après lesquelles Adam protrahebat virgam virilem suam, sive cutem quae supra glandem est ? Rabbi Siméon lui répondit : C’est parce qu’Adam s’était séparé de l’Alliance sacrée que la tradition dit de lui : « Protrahebat virgam virilem suam » ; comme il avait abandonné le salut de l’Alliance et s’était attaché aux pratiques charnelles, il fut séduit par la parole du serpent. Il est écrit : « …Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du Jardin, Dieu nous a commandé de n’en point manger. » Le « fruit de l’arbre » désigne la femme. Dieu a ordonné de n’en point manger, en raison des paroles de l’Écriture : « Ses pieds descendent dans la mort ; ses pas s’enfoncent jusqu’aux enfers. » C’est un fruit salutaire lorsqu’il est cueilli à un arbre, et mortel lorsqu’il est cueilli à un autre arbre ; or, le fruit dont parlait Ève était précisément le fruit de l’arbre de la Mort, ainsi que nous l’avons dit précédemment ; et c’est d’un tel genre de fruit que l’Écriture dit : « Ses pieds descendent dans la mort. »
Il est écrit : « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux que Jéhovah Élohim avait formés sur la terre. » Rabbi Yossé dit : L’arbre dont il est question a été nourri des lumières célestes ; c’est de là qu’il a acquis une telle puissance et un tel charme, ainsi qu’il est écrit : « Et un fleuve sort de l’Éden pour arroser le Jardin. » « Le Jardin » désigne la femme. Avant le péché, ce fleuve pénétrait dans la femme et l’arrosait de ses eaux. Quand les hommes sont à ce degré de sainteté, l’unité est parfaite ; c’est d’une pareille unité que l’Écriture a dit : « Jéhovah est un et son nom est un. » Mais, au-dessus de ce degré, la division commence ; c’est pourquoi l’Écriture ajoute : « …Et de là ce fleuve se divise. »
Rabbi Isaac dit : Le « serpent » dont parle l’Écriture désigne l’Esprit tentateur. Rabbi Yehouda dit : Il désigne le « serpent » lui-même. Ils se rendirent auprès de Rabbi Siméon, pour lui demander laquelle des deux interprétations était la plus exacte. Celui-ci leur répondit : Les deux interprétations reviennent au même ; Samaël était apparu sur un « serpent » ; et, quand il apparaît sous cette forme, il est appelé « Satan » ; mais toutes ces dénominations désignent le même Esprit du Mal. Nous savons par une tradition qu’au moment où il avait séduit Ève, Samaël descendit du ciel monté sur le dos du serpent ; toutes les créatures s’enfuirent à la vue de cette figure. Alors il vint auprès de la femme, et amena la mort dans le monde par sa parole. En vérité, c’est en se servant de la « Sagesse » (Hocmâ) que Samaël a porté la malédiction dans le monde et détruit l’arbre primitif que le Saint, béni soit-il, créa dans le monde. Aussi, le Verbe était-il sur Samaël jusqu’à l’arrivée de l’autre arbre sacré, qui était Jacob ; celui-ci s’empara également par la « Sagesse » des bénédictions paternelles, pour que Samaël ne fût béni en haut, ni Ésaü en bas. Car Jacob était préfiguré par le premier homme. Ainsi, de même
que Samaël s’efforçait de priver le monde des bénédictions du premier arbre, de même Jacob s’était efforcé de priver Samaël des bénédictions célestes et des bénédictions d’ici-bas, qui émanent de l’arbre ayant la forme d’un homme. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui. » Il est écrit : « Et le serpent était le plus fin de tous les animaux » ; ces paroles désignent l’Esprit tentateur, l’Ange de la mort ; et c’est parce que celui-ci est appelé l’Ange de la mort qu’il a porté la mort dans le monde. Ce mystère est exprimé dans les paroles de l’Écriture : « La fin de toute chair est résolue », c’est-à-dire : l’Ange de la mort ayant tué toutes les âmes, il n’est resté au monde que de la chair ; c’est pourquoi Dieu a dit : « La fin de toute chair est résolue. » Il est écrit : « …Et il dit à la femme : Est-ce qu’aussi (aph), des autres arbres du Jardin, Élohim vous a défendu de manger ? » Rabbi Yossé dit : Le serpent a commencé son discours par « aph » (est-ce qu’aussi), et il jeta « aph », la colère divine dans le monde. Il dit à la femme : C’est à l’aide de cet arbre que le Saint, béni soit-il, créa le monde ; mangez-en également, et vous serez semblables à Élohim, connaissant le Bien et le Mal. Le nom Élohim n’est-il pas donné à Dieu en raison de l’arbre du Bien et du Mal ? Aussi, en mangeant de cet arbre et en connaissant le Bien et le Mal, vous serez semblables à Élohim. Rabbi Yehouda dit : Ce n’est pas ainsi que le serpent parlait ; car s’il avait dit que c’était par cet arbre que le Saint, béni soit-il, avait créé le monde, il aurait parlé correctement ; car alors l’arbre n’aurait servi à Dieu que comme instrument, telle une cognée entre les mains d’un artisan. Mais en réalité, le serpent avait dit à Ève : Le Saint, béni soit-il, a mangé de cet arbre, et c’est ainsi seulement qu’il a pu créer le monde. Or, un artisan en valant un autre, mangez également de cet arbre, et vous saurez créer des mondes. Et comme Élohim sait qu’au jour où vous en mangerez vous lui serez égaux, c’est pourquoi il vous l’a défendu.
Rabbi Isaac dit : Toutes les paroles du serpent étaient mensongères. D’abord, il avait dit : « Est-ce qu’aussi, des autres arbres du Jardin, Élohim vous a défendu de manger ? » Or, il savait bien que Dieu avait dit à l’homme : « Mangez de tous les arbres du Jardin. » Rabbi Yossé dit : La tradition nous apprend que le Saint, béni soit-il, avait prescrit à Adam les lois relatives à l’idolâtrie, désignée par le mot « commandement », au blasphème désigné par le mot « Jéhovah », au déni de justice désigné par le mot « Élohim », au meurtre désigné par le mot « à l’homme », à l’inceste désigné par le mot « et lui dit ». Or, y avait-il donc tant d’hommes au monde pour que Dieu ait eu besoin de faire ces ordonnances à Adam ? Mais, en vérité, toutes ces défenses sont impliquées dans l’arbre du Bien et du Mal ; car cet arbre concentre en lui tous ces commandements ; quiconque en mange se rend coupable de tous les préceptes négatifs et s’unit ainsi aux légions que cet arbre nourrit ici-bas. Quiconque en mange se rend coupable d’idolâtrie, de meurtre et d’inceste : il se rend coupable d’idolâtrie, parce qu’il nie la supériorité du Maître qui est au-dessus de cet arbre ; il se rend coupable de meurtre, parce qu’il abrège la vie de tous ces êtres qui sont suspendus à cet arbre, placé du côté de la Séphirâ Gueboura, sous la domination de Samaël ; il commet enfin l’inceste, parce que cet arbre est le principe femelle, et c’est pour cette raison qu’il est appelé « femme ». On sait que, d’après la loi, il est défendu de rester avec une femme seule, sans la présence de son mari, pour ne pas être soupçonné d’adultère ; or, quiconque mange de cet arbre se rend coupable d’un péché semblable. C’est pourquoi la tradition dit que Dieu a fait à Adam tous ces commandements, attendu qu’en lui défendant l’arbre du Bien et du Mal, il l’a préservé de tous les crimes et de tous les péchés que cet arbre renferme. Rabbi Yehouda dit : En effet, quiconque mange
Il est écrit : « ...Et elle prit de ses fruits et en mangea. » L’Écriture ne dit pas « et elle en prit », mais « elle prit de ses fruits ». C’est ainsi qu’elle s’attacha à l’endroit dont émane la mort ; et elle porta la mort dans le monde. Elle fit ainsi une division entre la vie et la mort. C’est à la suite de ce péché que la femme fut châtiée par les menstrues qui l’obligent à vivre séparée du mari. En séparant la vie de la mort, Ève a séparé la « Voix » du « Verbe », qui ne doivent jamais être séparés. Quiconque sépare la « Voix » du « Verbe » deviendra muet et ne saura plus parler ; et quand il ne saura plus parler, il retournera à la terre. Rabbi Siméon dit : Il est écrit : « Je suis devenu muet et silencieux, pour ne pas dire même de bonnes choses ; et ma douleur a été renouvelée. » « Je suis devenu muet et silencieux » est l’exclamation du « Synode d’Israël » dans la captivité. Pourquoi Israël est-il devenu silencieux ? Parce que c’est la « Voix » qui parle du « Verbe ». Or, depuis qu’Israël est en captivité, la « Voix » s’est séparée de lui ; aussi n’entend-il pas le « Verbe ». C’est pourquoi il s’écrie : « Je suis devenu muet et silencieux » ; pourquoi est-il silencieux ? L’Écriture répond : « Parce que je suis privé de bonnes choses », c’est-à-dire, de la « Voix », qui n’est plus dans Israël ; et Israël dit : « C’est à vous qu’il convient de rester silencieux et de ne pas chanter des louanges, car Élohim est à Sion. » L’Écriture veut dire qu’il ne sied plus à Israël de chanter les hymnes de David, puisqu’il est en captivité et privé de la « Voix ». Rabbi Isaac dit : Les paroles de l’Écriture sont une exclamation qu’Israël adresse à la « Voix » ; car « lakh » (c’est à vous), signifie « c’est par vous ». Israël dit à la « Voix » : C’est à cause de vous, parce que vous vous êtes séparée de moi, que je suis silencieux.
Il est écrit : « Et elle prit ses fruits et en mangea, et en donna à son mari, qui en mangea également. » Nous savons par une tradition qu’Ève a pressé des raisins et en donna à son mari, ce
qui porta la mort à tous les habitants du monde. Car à cet arbre est attachée la mort, et sa puissance se manifeste pendant la nuit ; et quand sa puissance se manifeste, tous les enfants du monde goûtent la mort. Mais les enfants pénétrés de foi préviennent le danger et confient leurs âmes à Dieu. Et c’est parce qu’ils confient leurs âmes à Dieu que celles-ci retournent à leur place ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « … Et votre fidélité durant la nuit. » Il est écrit : « … Et leurs yeux furent ouverts à tous les deux. » Rabbi Hiyâ dit : Leurs yeux furent ouverts à tous les maux du monde qu’ils n’avaient pas connus auparavant ; mais, aussitôt qu’ils purent voir le mal, ils s’aperçurent qu’ils étaient nus, car ils avaient perdu ce lustre céleste qui les couvrait auparavant. L’Écriture ajoute : « Et ils entrelacèrent des feuilles de figuier et s’en firent de quoi se couvrir. » Ils s’évertuèrent à se couvrir avec les feuilles du même arbre dont ils avaient mangé ; et par « feuilles de figuier », l’Écriture entend ces démons qu’on appelle « feuilles d’arbre ». L’Écriture se sert du mot « hagoroth », ceinture, terme qui exprime la force. Rabbi Yossé dit : Aussitôt qu’ils eurent mangé de l’arbre, ils connurent tous les secrets de ce bas monde, auquel ils s’attachèrent ; et comme ils virent que, dans ce bas monde, ce sont les « feuilles d’arbre » qui plaisent le plus, ils s’évertuèrent à acquérir de la force dans ce bas monde à l’aide de ces « feuilles ». C’est pourquoi ils s’entourèrent des « feuilles de l’arbre », pour que celles-ci leur servent de bouclier contre les armes qu’ils prévoyaient dirigées contre eux. Rabbi Yehouda dit : Ainsi, cet arbre fut la cause de damnation de trois êtres, ainsi que de la malédiction qui est venue en ce bas monde, et dont celui-ci ne put être déchargé jusqu’au jour où Israël fut placé au mont Sinaï ; c’est alors qu’Israël fut épuré de l’infection du serpent. Ensuite le Saint, béni soit-il, revêtit Adam et Ève de vêtements dont jouit la chair seule, mais non pas l’âme, ainsi qu’il est écrit : « Et Jéhovah Élohim fit à Adam et à sa femme des habits de peaux dont il les revêtit. » Précédemment, ils possédaient des vêtements de lumière, grâce auxquels ils étaient élevés au-dessus des anges supérieurs, et ceux-ci venaient auprès d’eux pour jouir de la lumière ; c’est pourquoi l’Écriture dit : « Vous ne l’avez que très peu abaissé au-dessous d’Élohim, et vous l’avez entouré de gloire et de splendeur. » Mais, après qu’ils eurent péché, Dieu les revêtit de vêtements de peaux, ce qui veut dire : dont jouit la peau seulement, mais non pas l’âme. Après le péché, Adam et Ève mirent au monde leur premier fils, qui était infecté par le serpent. Ève avait cohabité avec deux êtres et avait engendré deux fils, dont chacun prit une direction différente ; l’un prit sa direction d’un côté, et l’autre prit la sienne de l’autre côté ; et les descendants de chacun d’eux ressemblent à leur ascendant respectif. Caïn eut pour descendants tous les mauvais esprits, tous les démons, tous les diables et tous les êtres malfaisants. Abel eut pour descendants des êtres de bien et aussi des êtres méchants ; car, pour être supérieur à Caïn, il n’atteignit pourtant pas la perfection. Ce n’est qu’à l’arrivée de Seth que la perfection fut atteinte et que commença la génération des justes qui se perpétuèrent dans le monde. C’est de Caïn que descendent tous les impudents, les impies et les coupables de ce monde. Rabbi Éléazar dit : Lorsque Caïn eut péché, il fut saisi de frayeur, parce qu’il vit des légions d’anges armés qui venaient le tuer. Mais quand il eut fait pénitence, il dit : « Vous me chassez aujourd’hui ; et j’irai me cacher de devant votre face. » Que signifient les mots : « J’irai me cacher de devant votre face » ? Mes propres œuvres me couvrent et me cachent la vue de votre face. Rabbi Abba dit : Ces paroles ont la même signification que celles de l’Écriture : « … Et il n’a point détourné de moi son visage » ; et ailleurs : « … Et Moïse se cacha le visage. » Caïn voulait donc dire : Je serai caché de devant ta figure, c’est-à-dire : tu ne me regarderas plus ; et il en résultera que quiconque me trouvera me tuera.
Il est écrit : « Et le Seigneur mit un signe sur Caïn, afin que ceux qui le trouveraient ne le tuassent point. » Quel signe ? Dieu grava sur Caïn une des vingt-deux lettres de l’Écriture, afin qu’elle le protégeât.
Rabbi Yehouda dit : Que signifient les paroles : « Et lorsqu’ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » ? Le mot « champs » désigne la femme ; « il tua Abel », parce qu’il était du côté de Samaël qui avait porté la mort dans le monde, et comme Samaël est le principe femelle, il s’ensuit que Caïn tua Abel à cause d’une femme. Rabbi Hiyâ lui objecta : Il est pourtant écrit que Caïn entra dans une grande colère et fut abattu en raison de ce que le Seigneur ne reçut pas ses offrandes. Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, toutes ces choses s’enchaînaient, et l’une était la conséquence de l’autre.
Rabbi Yehouda dit : Que signifient les paroles : « Et lorsqu’ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » ? Le mot « champs » désigne la femme ; « il tua Abel », parce qu’il était du côté de Samaël qui avait porté la mort dans le monde, et comme Samaël est le principe femelle, il s’ensuit que Caïn tua Abel à cause d’une femme. Rabbi Hiyâ lui objecta : Il est pourtant écrit que Caïn entra dans une grande colère et fut abattu en raison de ce que le Seigneur ne reçut pas ses offrandes. Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, toutes ces choses s’enchaînaient, et l’une était la conséquence de l’autre.
Rabbi Yehouda dit en outre : Que signifient les paroles : « Si vous faites bien, n’en serez-vous pas récompensé (seeth) ? Et si vous faites mal, ne porterez-vous pas aussitôt la peine de votre péché ? » Dieu dit à Caïn : « Si vos œuvres sont bonnes, vous serez favorisé. » Que signifie le mot « favorisé » ? Ce mot désigne la double part qui revient au fils aîné dans la succession de ses ancêtres, ainsi qu’il est écrit : « Vous deviez être le plus favorisé dans les dons. » C’est pourquoi Dieu dit à Caïn : « Si vos œuvres sont bonnes, vous serez récompensé d’une part double ; et si elles ne le sont pas, vous porterez la peine qui est à la porte. » Que signifie le mot « porte » ? C’est cette porte d’en haut d’où sortent les rigueurs et les châtiments pour ceux qui commettent de mauvaises actions. C’est également de cette « porte » que dit le Psalmiste : « Ouvrez-moi les portes de la justice. » Or, c’est devant cette « porte » que se tient accroupi le péché, c’est-à-dire l’Ange de la mort. Dieu dit donc à Caïn : « C’est celui-ci qui te châtiera. »