Ah, le pauvre Amant ! Dans les mains changeantes
Du jour et de la nuit, nul n’est plus malheureux que Lui !
Aucune flèche de l’arc du mauvais sort
qui ne l’atteigne : un poignard contre sa gorge,
Un autre vient le blesser par-derrière.
Blessé par l’amour, puis blessé par le blâme
D’aimer — et, à peine le sang de la honte arrêté
En fuyant son amour, voici, pire que tout,
Le coup traître de l’amour, qui le châtie d’avoir fui !
Salâmân entendit : il déchira la robe de la paix.
Sa vie lui devint odieuse, et il aspira à la mort,
(Car la mort elle-même vaut mieux que la vie dans la mort) —
Avec Absâl, il tourna le visage vers le désert,
pénétra dans la plaine fatale ; branche après branche,
Ils coupèrent du bois et l’entassèrent en un haut bûcher,
puis y mirent le feu. Tous deux contemplèrent les flammes —
Ils les contemplèrent, et se réjouirent ; puis, main dans la main,
ils bondirent dans le feu. Le Shah, qui avait tout
ordonné en secret, et la flamme,
Guidée par sa volonté qui s’accomplit d’elle-même,
Dévora entièrement Absâl, mais épargna
Salâmân, indemne : l’or pur revint intact,
Mais tout le métal vil brûla.
Du jour et de la nuit, nul n’est plus malheureux que Lui !
Aucune flèche de l’arc du mauvais sort
qui ne l’atteigne : un poignard contre sa gorge,
Un autre vient le blesser par-derrière.
Blessé par l’amour, puis blessé par le blâme
D’aimer — et, à peine le sang de la honte arrêté
En fuyant son amour, voici, pire que tout,
Le coup traître de l’amour, qui le châtie d’avoir fui !
Salâmân entendit : il déchira la robe de la paix.
Sa vie lui devint odieuse, et il aspira à la mort,
(Car la mort elle-même vaut mieux que la vie dans la mort) —
Avec Absâl, il tourna le visage vers le désert,
pénétra dans la plaine fatale ; branche après branche,
Ils coupèrent du bois et l’entassèrent en un haut bûcher,
puis y mirent le feu. Tous deux contemplèrent les flammes —
Ils les contemplèrent, et se réjouirent ; puis, main dans la main,
ils bondirent dans le feu. Le Shah, qui avait tout
ordonné en secret, et la flamme,
Guidée par sa volonté qui s’accomplit d’elle-même,
Dévora entièrement Absâl, mais épargna
Salâmân, indemne : l’or pur revint intact,
Mais tout le métal vil brûla.