Islam

Jâmî, Salâmân et Absâl, 22

Quand le Shah revit le visage de Salâmân
Et respira le souffle de la réconciliation,
Il posa la main de l’amour sur son épaule,
Le baiser de bienvenue sur sa joue, et dit :
« Ô toi, dont la perte a privé le banquet de l’amour de son sel,
Et l’œil de l’humanité de sa pupille ! ton retour
Est comme un autre soleil au ciel ; comme une nouvelle
Rose éclose au jardin de l’âme.
Lève-toi, ô Lune à la majesté impérissable !
La cour de l’horizon est ta cour,
Ton royaume est le royaume du monde !
Voici le trône et la couronne qui t’attendent — le trône et la couronne
Sans ton sceau ne sont que de l’or sans valeur,
Qu’un homme indigne ne saurait marquer de son empreinte ;
Vois ! Le visage du rebelle est à ta porte ;
Ne le laisse pas triompher — que le Méchant redoute
Le trône sous tes pieds, la couronne sur ta tête.
Ô, ne les rejette pas derrière toi ! Ô mon fils,
Efface le henné de la femme de ta main :
Éloigne-toi de cette favorite qui tire de toi
Son pouvoir ; l’heure est venue de choisir :
Garder ta maîtresse ou le monde, ou perdre l’un des deux. »
Quatre sont les signes de l’aptitude à régner :
L’esprit sage, le cœur pur, le bras fort et la main ouverte.
N’est pas sage — ni ne saurait être maître de soi —
Celui qui s’attache à un désir indigne ;
Ni vaillant, celui qui se soumet à une faible femme ;
Ni généreux, celui qui ne peut retirer sa main
De l’activité à laquelle il s’adonne si bassement.
Et celui qui manque de ces quatre qualités, toutes ou une seule,
N’est pas digne d’épouser le pouvoir.

Source Jâmî, Salâmân et Absâl, trad. Edward FitzGerald (1856), gutenberg.org #22535 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire