Islam

Hafiz (Bell), Poème 32

Sur une branche du cyprès élancé
Le patient rossignol se repose à nouveau :
« Ô Rose ! s’écrie-t-il, que tout mal s’éloigne de toi !
Je chante les louanges de tous les hommes ; tu fleuris
Et l’espoir renaît dans chaque cœur sans joie —
Ne laisse pas le rossignol se lamenter à l’écart,
Ni blesser sa fidèle poitrine de tes épines orgueilleuses. »
Je ne pleurerai pas mon douloureux exil.
Celui qui a langui après le visage de sa dame
Connaîtra, lorsqu’elle viendra, un immense bonheur.
Le zélote cherche une demeure céleste,
Les houris pour l’accueillir au Paradis ;
Ici, au seuil de la taverne, se trouve mon ciel,
Je n’ai besoin d’autre accueil que de la faveur de ma dame.
Mieux vaut boire du vin rouge que des larmes, dis-je,
Tandis que le luth chante ; et si l’on te prie de cesser,
« Dieu est le Miséricordieux ! » répondras-tu.
Pour certains, la vie n’apporte que joie et douceur sans fin ;
Ah, qu’ils rient, même si la plaisanterie est vaine !
Pour moi, la source du plaisir se trouvait dans la douleur,
Et en pleurant ma dame, j’ai trouvé la paix.
Hafiz, pourquoi racontes-tu sans cesse
L’histoire de l’absence et de la nuit du chagrin ?
Ne sais-tu pas que la séparation précède
Toute rencontre, et que la lumière jaillit des ténèbres !

Source Hafiz, Divan, trad. Gertrude Lowthian Bell (1897), Poems from the Divan of Hafiz, gutenberg.org #74883 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire