Dans mon village il y avait un jeune homme beau comme la lune et pareil à Joseph. Il se laissa choir dans un puits et beaucoup de terre tomba sur lui. À la fin quelqu'un l'en retira ; mais son état et sa situation étaient changés, et en deux instants ses affaires avaient été bouleversées. Ce jeune homme, d'excellente conduite, se nommait Muhammad, et il était apprécié par tout le monde. Lorsque son père le vit dans cet état, il lui dit : « Ô mon fils ! toi qui es la lampe des yeux et l'âme de ton père, Muhammad ! sois affectueux envers ton père et dis-moi un mot. » En effet son fils dit enfin un mot. « Parle, ô Muhammad (lui dit encore son père) ! parle, dis-moi encore quelque chose. » L'enfant parla, puis rendit l'âme, et voilà tout.
Toi qui es novice dans la voie du spiritualisme et qui observes ! regarde Mahomet et Adam ; parle d'Adam et des atomes, du tout et des parties du tout ; parle de la terre et de la montagne, du ciel et de l'Océan ; parle des fées, des dives, des hommes et des anges. Parle actuellement des milliers de corps formés de terre ; parle des cent mille âmes pures. Parle de l'instant pénible de la reddition de l'âme ; dis que tout individu, que l'âme, que le corps ne sont rien. Si tu réduis en poussière et que tu cribles les deux mondes et cent fois autant, qu'est-ce que ce serait ? Ce serait pour toi comme un palais sens dessus dessous, et tu ne trouverais rien à la surface du crible.