Un khoja était errant sans lieu ni famille ; il était malheureux, à cause de l’amour qu’il éprouvait pour un jeune débitant de bière. L’excès de son amour s’était changé en folie, au point que l’infamie qui en était résultée pour lui avait du retentissement. Tout ce qu’il possédait d’objets mobiliers et d’esclaves, il le vendit et en acheta de la bière. Lorsqu’il ne resta plus rien à cet homme qui avait perdu son cœur, et qu’il fut dans le dénuement, son amour s’accrut cent fois davantage. Quoiqu’on lui donnât du pain tant qu’il en voulût, il était toujours affamé, mais rassasié de la vie, parce que tout autant de pain qu’il recevait, il l’emportait et en achetait de la bière. Il restait toujours affamé, afin de pouvoir boire en un instant cent coups de bière.
Quelqu’un lui dit un jour : « Toi dont l’état est désolé, qu’est-ce que l’amour ? Dévoile-moi ce secret. » — « L’amour est tel, répondit-il, que tu dois vendre la marchandise de cent mondes pour acheter la bière qui le représente. Tant que l’homme n’agira pas ainsi, connaîtra-t-il le vrai sentiment de l’amour ? »
Quelqu’un lui dit un jour : « Toi dont l’état est désolé, qu’est-ce que l’amour ? Dévoile-moi ce secret. » — « L’amour est tel, répondit-il, que tu dois vendre la marchandise de cent mondes pour acheter la bière qui le représente. Tant que l’homme n’agira pas ainsi, connaîtra-t-il le vrai sentiment de l’amour ? »