Un autre oiseau dit à la huppe : « Ô chef du chemin ! que demanderai-je au Simorg si j'arrive au lieu qu'il habite ? Puisque par lui le monde sera lumineux, pour moi j'ignore ce que je pourrai lui demander. Si je savais quelle est la meilleure chose au monde, je la demanderais au Simorg quand j'arriverais au lieu qu'il habite. »
La huppe dit : « Ô insensé ! quoi ! tu ne sais que demander ? Mais demande donc ce que tu désires le plus. Il faut que l'homme sache ce qu'il doit demander. Or le Simorg vaut mieux lui-même que tout ce que tu peux souhaiter. Apprendras-tu sur lui dans le monde, avec toute la diligence possible, ce que tu veux en savoir ? Celui qui a senti l'odeur de la poussière qui couvre le seuil de sa porte pourrait-il s'en éloigner jamais, quand même on voudrait l'y décider par des présents ? »
La huppe dit : « Ô insensé ! quoi ! tu ne sais que demander ? Mais demande donc ce que tu désires le plus. Il faut que l'homme sache ce qu'il doit demander. Or le Simorg vaut mieux lui-même que tout ce que tu peux souhaiter. Apprendras-tu sur lui dans le monde, avec toute la diligence possible, ce que tu veux en savoir ? Celui qui a senti l'odeur de la poussière qui couvre le seuil de sa porte pourrait-il s'en éloigner jamais, quand même on voudrait l'y décider par des présents ? »
ANECDOTE SUR LE SCHAÏKH RUBDAR.
Au moment de mourir, Bû Ali Rubdâr prononça ces mots : « Mon âme est arrivée sur mes lèvres dans mon attente des biens éternels. Toutes les portes du ciel sont ouvertes, et l'on a placé pour moi un trône dans le paradis. Les saints qui habitent le beau palais de l'immortalité s'écrient de leur voix de rossignol : “Entre, ô vrai amant ! sois reconnaissant ; puis marche avec joie, car personne n'a jamais vu ce lieu.”
« Si j'obtiens ta faveur et ta grâce, mon âme ne lâchera pas la main de la certitude. Ai-je besoin de tout ce dont on me parle, et que tu m'as fait attendre pendant ma longue vie ? Mon intention n'est pas de
Au moment de mourir, Bû Ali Rubdâr prononça ces mots : « Mon âme est arrivée sur mes lèvres dans mon attente des biens éternels. Toutes les portes du ciel sont ouvertes, et l'on a placé pour moi un trône dans le paradis. Les saints qui habitent le beau palais de l'immortalité s'écrient de leur voix de rossignol : “Entre, ô vrai amant ! sois reconnaissant ; puis marche avec joie, car personne n'a jamais vu ce lieu.”
« Si j'obtiens ta faveur et ta grâce, mon âme ne lâchera pas la main de la certitude. Ai-je besoin de tout ce dont on me parle, et que tu m'as fait attendre pendant ma longue vie ? Mon intention n'est pas de
Courber la tête pour le moindre présent, comme les gens occupés de leurs désirs temporels. Mon âme a été créée dans ton amour ; je ne connais donc ni le ciel ni l’enfer. Si tu me brûles et me réduis en cendres, on ne trouvera pas en moi un autre être que toi. Je te connais, mais je ne connais ni la religion, ni l’infidélité ; je laisse tout cela si tu le laisses. Je suis à toi, je te désire, je te connais ; et toi, tu es à moi, et mon âme est à toi. Toi seul m’es nécessaire dans le monde : tu es pour moi ce monde-ci et l’autre monde. Satisfais tant soit peu le besoin de mon cœur blessé, manifeste un instant ton amour pour moi. Si mon âme se retire tant soit peu de toi, je consens à ce que tu me prives de la vie, car je ne respire que par toi.