Islam

Mantic uttaïr, Les deux ivrognes

Un homme s'était enivré au point de perdre la raison et d'être dans l'état le plus déplorable, car l'ivresse à laquelle il s'abandonnait lui avait fait entièrement perdre l'honneur. Comme il avait bu ce qui était limpide et ce qui était trouble, sa tête et ses pieds étaient à la fois perdus par suite de sa fâcheuse condition. Un passant vit cela avec déplaisir ; il mit dans un sac cet homme ivre, et il le portait ainsi à son domicile, lorsqu'il rencontra dans le chemin un homme également pris de vin. Ce second ivrogne ne pouvait marcher que soutenu par d'autres personnes, car il était complètement ivre. Lorsque celui qui était dans le sac vit cet autre dans ce fâcheux état, il lui dit : « Ô malheureux ! il fallait boire deux coupes de moins que moi, afin de pouvoir marcher comme moi libre et seul. »
Cet homme vit donc la position de son confrère et non la sienne ; or

Source Attar, Mantic uttaïr ou le Langage des oiseaux, trad. Garcin de Tassy (1863), archive.org manticuttaroule00goog (OCR corrigé) · Sommaire