Un chien impur reposait sur la poitrine d’un schaïkh, qui ne retira pas le pan de sa robe. Quelqu’un lui dit : « Ô toi qui es recommandable par ta dévotion ! pourquoi ne te gares-tu pas de ce chien ? » — « Ce chien, répondit le schaïkh, a un extérieur impur ; mais, en réalité, cette impureté n’est pas évidente à mon intérieur. Ce qui à l’extérieur est manifeste à son égard m’est caché à l’intérieur. Puisque mon intérieur est comme l’extérieur du chien, comment aurais-je de l’aversion pour lui, puisqu’il me ressemble ? Lorsque la moindre chose obstrue ton chemin, qu’importe que tu sois arrêté par une montagne (koh) ou par une paille (kâh) ? »
Le derviche à longue
Il y avait du temps de Moïse un derviche qui était en adoration jour et nuit. Il n'éprouvait cependant ni goût ni attraction (pour les choses spirituelles) ; il ne recevait pas de chaleur du soleil de sa poitrine. Or il avait une belle barbe, sur laquelle il passait souvent le peigne. Un jour il vit Moïse de loin, il alla auprès de lui et lui dit : « Ô général du mont Sinaï ! demande à Dieu, je t’en prie, de me faire savoir pourquoi je n’éprouve ni satisfaction spirituelle. »
Le derviche à longue
Il y avait du temps de Moïse un derviche qui était en adoration jour et nuit. Il n'éprouvait cependant ni goût ni attraction (pour les choses spirituelles) ; il ne recevait pas de chaleur du soleil de sa poitrine. Or il avait une belle barbe, sur laquelle il passait souvent le peigne. Un jour il vit Moïse de loin, il alla auprès de lui et lui dit : « Ô général du mont Sinaï ! demande à Dieu, je t’en prie, de me faire savoir pourquoi je n’éprouve ni satisfaction spirituelle. »
Lorsque Moïse fut sur le Sinaï, il exposa le désir du sof ; mais Dieu lui dit d'un ton de déplaisir : « Quoique ce derviche ait recherché avec amour mon union, toutefois il est constamment occupé de sa barbe. » Moïse alla rapporter au sofi ce qu'il venait d'entendre, et ce dernier arracha aussitôt sa barbe, mais en pleurant. Gabriel accourut alors auprès de Moïse et lui dit : « Encore en ce moment ton sofi est préoccupé de sa barbe ; il l'était lorsqu'il la peignait et il l'est encore en l'arrachant actuellement. »
C'est un mal que de rester un instant sans s'occuper de Dieu, dans quelque position que l'on soit.
Ô toi qui crois avoir cessé de t'occuper de ta barbe ! tu es noyé dans cet océan de sang. Lorsque tu en auras tout à fait fini avec ta barbe, alors tu pourras avec raison voguer sur cet océan. Mais si tu veux t'y plonger avec cette barbe, elle te gênera pour le traverser.
C'est un mal que de rester un instant sans s'occuper de Dieu, dans quelque position que l'on soit.
Ô toi qui crois avoir cessé de t'occuper de ta barbe ! tu es noyé dans cet océan de sang. Lorsque tu en auras tout à fait fini avec ta barbe, alors tu pourras avec raison voguer sur cet océan. Mais si tu veux t'y plonger avec cette barbe, elle te gênera pour le traverser.
AUTRE ANECDOTE SUR UN HOMME À LONGUE BARBE.
Un sot, qui avait une grande barbe, tomba accidentellement dans la mer. Un passant le vit, et lui dit : « Rejette de ta tête cette besace. » — « Ceci n'est pas une besace, répondit celui qui se noyait ; mais c'est ma barbe, et ce n'est pas la barbe qui me gêne. » Le passant répliqua : « Puisque ceci est ta barbe, plonge ton corps ; mais elle te fera périr. »
Un sot, qui avait une grande barbe, tomba accidentellement dans la mer. Un passant le vit, et lui dit : « Rejette de ta tête cette besace. » — « Ceci n'est pas une besace, répondit celui qui se noyait ; mais c'est ma barbe, et ce n'est pas la barbe qui me gêne. » Le passant répliqua : « Puisque ceci est ta barbe, plonge ton corps ; mais elle te fera périr. »
Ô toi qui, comme la chèvre, n'as pas honte de ta barbe ! tu ne dois pas non plus avoir honte de l'enlever. Tant que tu auras une âme concupiscente et un démon à tes trousses, l'orgueil de Pharaon et d'Aman sera ton partage. Tourne le dos au monde, comme Moïse, et alors tu pourras saisir par la barbe ce Pharaon. Prends donc ce Pharaon par la barbe et tiens-le ferme ; combattez bravement ensemble en vous tenant par la barbe. Mets le pied dans le chemin spirituel et renonce à ta barbe. Jusques à quand l'en occuperas-tu ? Ah ! marche en avant ! Si ta barbe ne te donne que du tourment, tu ne dois pas en avoir souci un seul instant. Celui qui marche avec intelligence dans la voie de la religion néglige sa barbe. Fais plus attention à toi-même qu'à ta barbe, et fais de ta barbe le tapis de la table du chemin spirituel. En fait d'eau, il ne faut au spiritualiste que des larmes de sang ; il ne lui faut en fait de cœur qu'un kabab. S'il est comme le foulon, il ne voit pas le soleil, et, s'il est l'arroseur, il n'attend pas le nuage d'eau.
LE SOFI QUI LAVE SES VÊTEMENTS.
Lorsqu'un sofi venait à laver de temps en temps sa robe, il arrivait que les nuages obscurcissaient le monde. Un jour que la robe du sofi était sale et qu'il était en souci par rapport au temps, il alla chez un épicier pour avoir de la potasse, et, précisément, les nuages parurent. Le sofi dit alors : « Ô nuage qui te montres ! disparais, car j'achète du raisin sec en secret. Pourquoi viens-tu ? je n'achète pas de la potasse. À cause de toi, combien de potasse n'ai-je pas perdue ; mais je me lave les mains de toi au moyen du savon. »
Lorsqu'un sofi venait à laver de temps en temps sa robe, il arrivait que les nuages obscurcissaient le monde. Un jour que la robe du sofi était sale et qu'il était en souci par rapport au temps, il alla chez un épicier pour avoir de la potasse, et, précisément, les nuages parurent. Le sofi dit alors : « Ô nuage qui te montres ! disparais, car j'achète du raisin sec en secret. Pourquoi viens-tu ? je n'achète pas de la potasse. À cause de toi, combien de potasse n'ai-je pas perdue ; mais je me lave les mains de toi au moyen du savon. »