Un homme coupable de beaucoup de fautes s'en repentit amèrement et revint dans le droit chemin. Une autre fois, son âme concupiscente reprit de la force ; il anéantit sa pénitence et se livra encore à ses mauvais penchants : ainsi il quitta de nouveau la bonne voie, et il tomba dans toute espèce d'actions criminelles. Plus tard, la douleur lui serra le cœur et la honte le réduisit à l'état le plus pénible. Lorsqu'il n'eut plus pour partage que le désespoir, il voulut se repentir encore : mais il n'en eut pas la force. Jour et nuit, comme le grain de blé dans la poêle, il avait le cœur plein de feu et des larmes de sang dans les yeux. Il enlevait avec l'eau de ses larmes la poussière qui avait souillé son chemin.
Un matin, une voix mystérieuse se fit entendre à lui en ces termes, pour le rendre propre à la pénitence et la lui faciliter : « Voici ce que te dit le Seigneur du monde : Lorsque tu t'es repenti une première fois, je t'ai pardonné et j'ai agréé ta pénitence ; j'aurais pu te punir, mais je ne l'ai pas fait. Une autre fois, lorsque tu es tombé de nouveau dans le péché, je t'ai donné du répit, et dans ma colère je ne t'ai pas fait mourir. Or aujourd'hui que tu reconnais, ô insensé ! ta nouvelle perfidie, tu veux retourner à moi une troisième fois. Reviens donc tout de bon ; je t'ouvre ma porte et je t'attends, puisque tu as expié tes offenses par ton repentir. »