Hindouisme

Chants de Kabir, VI

La lune brille dans mon corps, mais mes yeux aveugles ne peuvent la voir :
La lune est en moi, et le soleil aussi.
Le tambour que nul ne frappe de l’Éternité résonne en moi ; mais mes oreilles
sourdes ne peuvent l’entendre.
Tant que l’homme clame le _Je_ et le _Mien_,
ses œuvres ne sont rien :
Quand tout amour du _Je_ et du _Mien_ est mort, alors
l’œuvre du Seigneur est accomplie.
Car le travail n’a d’autre but que l’acquisition de la connaissance :
Quand celle-ci advient, le travail est abandonné.
La fleur s’épanouit pour le fruit : quand le fruit paraît, la fleur
se flétrit.
Le musc est dans le cerf, mais il ne le cherche pas en lui-même : il
erre à la recherche d’herbe.

Source Songs of Kabir, trad. Rabindranath Tagore, 1915, Project Gutenberg #6519 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire