Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Lankâ-kând, Dohâ 71

et saisit puis dévora tout l’essaim de faux serpents. L’illusion fut dissipée, et toute l’armée des singes se réjouit de nouveau. Arrachant de leurs griffes les arbres et les rochers de la montagne, ils se précipitèrent en avant, tandis que les démons fuyaient dans la plus grande confusion et gravissaient le fort.
Lorsque Meghnad reprit connaissance après son évanouissement, il eut grande honte de regarder son père en face ; il se leva et se hâta de gagner une grotte dans la montagne, avec l’intention d’accomplir un sacrifice qui lui assurerait la victoire. Mais Vibhishan donna l’avertissement : « Écoute, ô roi à la puissance et à la générosité sans limites. Meghnad prépare un sacrifice impie — misérable sorcier et fléau du ciel qu’il est — et s’il le mène à terme, Sire, il ne sera pas facile de le vaincre. » À ces mots, Raghupati fut fort satisfait et dit à Angad et aux autres singes : « Allez, mes frères, vous et Tat-abnân, et empêchez son sacrifice. C’est à toi, Lakshman, de le combattre et de le tuer ; je suis affligé de voir la terreur des dieux. Tue-le, soit par la force ouverte, soit par la ruse ; d’une manière ou d’une autre — retiens bien ceci, frère — il faut se débarrasser du démon. Mais vous trois, Jambavan, Sugriva et Vibhishan, restez auprès de l’armée. » Quand Raghubir eut achevé ses ordres, le héros attacha son carquois à son côté et prit son arc ; la gloire de son Seigneur empreinte dans son cœur, il cria d’une voix puissante, pareille au tonnerre : « Si je reviens aujourd’hui sans l’avoir tué, puissé-je ne plus être appelé le Serviteur de Rama ; quand bien même cent Sivas Lui prêteraient leur aide, je le tuerai néanmoins, au nom de Rama. »

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire