Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Lankâ-kând, Dohâ 55

Tous les ours et les singes sont nés guerriers ; de plus, le Seigneur Râma est à leur tête. Ô Râma, ils pourraient vaincre au combat la Mort elle-même, et cela des myriades de fois.
Cent mille Seshnâgs ne parviendraient pas à proclamer toute la gloire, la puissance et la sagesse de Râma. D’un seul trait, il pourrait embraser cent mers ; pourtant, tant il est prudent, il prit conseil de votre frère et, après avoir entendu sa réponse, se rendit auprès de la mer et lui demanda humblement la faveur d’un passage. » En entendant ces paroles, le Décacéphale sourit : « Vraiment, il a fait preuve d’autant de bon sens alors que lorsqu’il a pris des singes pour alliés. Il a mis foi dans les paroles de ce fieffé lâche, mon frère, et, tel un enfant gâté, il supplie l’océan de lui accorder ce qu’il n’obtiendra jamais. Insensé, tu n’as fait que louer un imposteur : j’ai mesuré la force et l’habileté de mon ennemi. Où donc, en ce monde, pourrait-on remporter la gloire d’une victoire avec un conseiller aussi lâche que Vibhishan ? » Le messager s’irrita des paroles de ce misérable et jugea que le moment était bien choisi pour présenter la lettre. « Le frère de Râma m’a remis cette lettre : faites-la lire, mon Seigneur, et puisse-t-elle vous faire grand bien. » Râvan sourit, la prit de la main gauche et ordonna à son ministre, le misérable, de la lire à voix haute.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire