Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Kishkindhâ-kând, Dohâ 13

« Regarde, Lakshman, comme les paons dansent à la vue des nuages, pareils à un maître de maison épris de l’ascétisme qui se réjouit de rencontrer un véritable dévot de Vishnu.
Les nuages s’amassent dans le ciel et le tonnerre gronde ; mais ma bien-aimée est partie et mon âme est en détresse. Les éclairs jaillissent par intermittence dans l’obscurité, comme l’amitié des êtres vils, qui ne dure jamais. Les nuages chargés de pluie s’abaissent jusqu’au sol, comme les sages ploient sous le poids d’un savoir accumulé. La montagne endure les assauts de la tempête, comme les hommes vertueux supportent les injures des méchants. Les torrents grossis se précipitent avec orgueil, comme les hommes médiocres gonflés d’une faible richesse. Au contact de la terre, l’eau devient aussi boueuse que l’âme environnée d’illusion. Les lacs s’élargissent peu à peu, insensiblement, comme la qualité de la bonté se développe chez un homme bon ; et les fleuves se déversent dans le sein de l’océan, comme l’âme qui a trouvé Hari repose à jamais.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire