Bharat n’avait jamais entendu parler de souffrance ; le roi le chérissait comme l’arbre de vie, et jour et nuit toutes ses mères le protégeaient comme les paupières protègent les yeux, comme un serpent garde le joyau qui se trouve dans sa tête. Et maintenant, il erre à pied dans les bois, n’ayant pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages. Maudit sois-tu, Kaikeyi, source de tout mal : tu as perdu celui qui m’est le plus cher. Maudit soit mon misérable soi, cet océan d’iniquité à cause duquel tous ces malheurs sont survenus. Dieu m’a créé pour couvrir ma famille de honte, et ma méchante mère a fait de moi la ruine de mon seigneur. » En entendant ces paroles, le Nishad le supplia avec affection : « Pourquoi, mon Seigneur, te livrer à ces vaines lamentations ? Rama t’est cher, et tu es cher à Rama ; elle aussi est sans faute : le blâme revient au destin contraire. »
Chhand 8.
Les voies du destin contraire sont cruelles ; il a rendu ta mère folle. Cette même nuit, Rama n’a cessé de te louer avec déférence. Personne n’est aussi cher à Rama que toi. Je l’affirme sous serment : sois certain que tout finira bien, et réconforte ton âme.
Sorathâ 7.
« Rama est omniscient, plein de douceur, de tendresse et de compassion ; grave cette conviction dans ton cœur, viens et repose-toi. »
Chhand 8.
Les voies du destin contraire sont cruelles ; il a rendu ta mère folle. Cette même nuit, Rama n’a cessé de te louer avec déférence. Personne n’est aussi cher à Rama que toi. Je l’affirme sous serment : sois certain que tout finira bien, et réconforte ton âme.
Sorathâ 7.
« Rama est omniscient, plein de douceur, de tendresse et de compassion ; grave cette conviction dans ton cœur, viens et repose-toi. »
Chaupâi
À ces paroles de son compagnon, il reprit courage et, l’esprit tourné vers Raghu-bir, se rendit à Sa tente. Quand les citoyens en furent informés, accablés de douleur, ils vinrent eux aussi le voir. Après avoir fait le tour avec révérence, ils se prosternèrent et maudirent Kaikeyi tout leur soûl. Leurs yeux ruisselaient de larmes tandis qu’ils accusaient la cruauté du destin. L’un louait Bharat pour son dévouement, un autre disait que le roi lui avait témoigné le plus grand amour ; ils se reprochaient leur conduite et louaient le Nishad. Qui pourrait décrire leur trouble et leur détresse ? Ainsi, ils veillèrent tous durant la nuit et, à l’aube, commencèrent la traversée. D’abord, le guru fut installé dans une belle et élégante barque, puis toutes les reines dans une autre, nouvellement construite. En une heure et demie, tous avaient traversé ; à leur arrivée sur la rive, Bharat en fit le compte.
Après avoir accompli ses rites du matin, vénéré les pieds de sa mère et incliné la tête devant le guru, il envoya les Nishads en avant et se mit en route avec l’armée.
Chaupâi.
Il fit marcher le roi Nishad en tête et fit partir toutes les reines dans leurs palanquins. Il confia leur escorte à son frère cadet et fit accompagner le guru par les Brahmanes. Lui-même s’inclina avec révérence devant le Gange et, invoquant Rama, Sita et Lakshman, se mit en route à pied, tandis qu’on tenait son cheval par la bride. Ses fidèles serviteurs répétèrent maintes fois : « Veuillez, mon Seigneur, monter à cheval. » « Rama, répondit-il, est parti à pied ; les chars, les éléphants et les chevaux sont-ils faits pour moi ? Il conviendrait que je marche sur la tête ; le service d’un serviteur doit toujours être le plus pénible. » En voyant sa conduite et en entendant ses paroles pleines de douceur, tous ses serviteurs fondirent de compassion.
À ces paroles de son compagnon, il reprit courage et, l’esprit tourné vers Raghu-bir, se rendit à Sa tente. Quand les citoyens en furent informés, accablés de douleur, ils vinrent eux aussi le voir. Après avoir fait le tour avec révérence, ils se prosternèrent et maudirent Kaikeyi tout leur soûl. Leurs yeux ruisselaient de larmes tandis qu’ils accusaient la cruauté du destin. L’un louait Bharat pour son dévouement, un autre disait que le roi lui avait témoigné le plus grand amour ; ils se reprochaient leur conduite et louaient le Nishad. Qui pourrait décrire leur trouble et leur détresse ? Ainsi, ils veillèrent tous durant la nuit et, à l’aube, commencèrent la traversée. D’abord, le guru fut installé dans une belle et élégante barque, puis toutes les reines dans une autre, nouvellement construite. En une heure et demie, tous avaient traversé ; à leur arrivée sur la rive, Bharat en fit le compte.
Après avoir accompli ses rites du matin, vénéré les pieds de sa mère et incliné la tête devant le guru, il envoya les Nishads en avant et se mit en route avec l’armée.
Chaupâi.
Il fit marcher le roi Nishad en tête et fit partir toutes les reines dans leurs palanquins. Il confia leur escorte à son frère cadet et fit accompagner le guru par les Brahmanes. Lui-même s’inclina avec révérence devant le Gange et, invoquant Rama, Sita et Lakshman, se mit en route à pied, tandis qu’on tenait son cheval par la bride. Ses fidèles serviteurs répétèrent maintes fois : « Veuillez, mon Seigneur, monter à cheval. » « Rama, répondit-il, est parti à pied ; les chars, les éléphants et les chevaux sont-ils faits pour moi ? Il conviendrait que je marche sur la tête ; le service d’un serviteur doit toujours être le plus pénible. » En voyant sa conduite et en entendant ses paroles pleines de douceur, tous ses serviteurs fondirent de compassion.