Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Ayodhyâ-kând, Dohâ 184

« Ne me trahissez pas, mes frères ; c’est pour moi une entreprise d’une grande importance. » À ces mots, ils s’écrièrent avec ardeur : « N’ayez crainte, capitaine.
Par la faveur de Rama et grâce à votre vaillance, monseigneur, nous laisserons l’ennemi sans un seul combattant ni un seul cheval. Tant que nous vivrons, jamais nous ne reculerons d’un pas, et nous ferons de la terre un seul monceau de cadavres et de crânes. » Après avoir passé en revue sa vaillante troupe, le seigneur des Nishadas cria : « Battez le tambour pour donner l’assaut. » À peine eut-il parlé que quelqu’un éternua à gauche. Les devins s’écrièrent : « L’issue du combat sera heureuse ! » Un vieillard réfléchit au présage et dit : « Il faut aller à la rencontre de Bharat, mais il n’y aura pas de combat. Il vient implorer Rama ; le présage annonce qu’il n’y aura pas de bataille. » En entendant cela, Guha dit : « Le vieillard a bien parlé ; les sots agissent à la hâte et s’en repentent. Si nous ne savons pas quel est le tempérament et les intentions de Bharat, nous risquons de nous nuire en combattant sans savoir.
Serrez les rangs, mes hommes, et gardez le passage ; que tous s’emploient à éclaircir le mystère. Lorsque nous saurons s’il est ami, ennemi ou neutre, nous pourrons alors préparer nos plans en conséquence.
Nous mettrons bientôt à l’épreuve sa dévotion et la sincérité de ses intentions ; ni la haine ni l’amour ne peuvent se dissimuler. » Sur ces mots, il se mit à préparer un présent et fit apporter des bulbes, des racines et des fruits, des oiseaux et des bêtes, ainsi que les meilleurs poissons, de gros pathins, que les pêcheurs avaient apportés par paniers entiers. Lorsque tout fut prêt, ils partirent à sa rencontre, et les présages les plus favorables leur annoncèrent la bonne fortune. Dès qu’il aperçut au loin le grand sage, il déclina son nom et se prosterna devant lui. Vasishtha, sachant qu’il était l’ami de Rama, le bénit et parla de lui à Bharat. En apprenant qu’il était l’ami de Rama, celui-ci descendit de son char et s’avança à pied pour le rencontrer, le cœur débordant d’affection. Guha déclina son lieu d’habitation, sa famille et son nom, puis, après s’être incliné, posa son front à terre.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire