Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Ayodhyâ-kând, Dohâ 151

C’est dans cet état d’anxiété que les hérauts trouvèrent Bharata à leur arrivée. Dès qu’il eut entendu les ordres de son maître, il adressa une prière à Ganesh et se mit en route.
Ils avancèrent à la vitesse du vent, poussant leurs chevaux à travers les rivières, les rochers et les forêts sans chemin. Son mental était si accablé qu’il ne trouvait aucun plaisir à rien ; il se disait : « Ah ! si seulement j’avais des ailes pour voler ! » Un instant lui semblait durer un an. Ainsi Bharata approcha de la ville. En y entrant, il fut accueilli par de mauvais présages. Des bruits effrayants retentissaient en des lieux sinistres ; des ânes et des chacals proféraient des augures funestes qui lui transperçaient le cœur tandis qu’il les écoutait. Même les lacs et les rivières, les bosquets et les jardins semblaient délaissés ; quant à la ville, elle lui parut plus mélancolique encore. Les oiseaux, les cerfs, les chevaux et les éléphants étaient pénibles à regarder, comme si la perte de Râma avait été une terrible maladie qui les avait tous anéantis. Les habitants étaient aussi accablés que s’ils avaient tous perdu tout ce qu’ils possédaient au monde.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire