Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Ayodhyâ-kând, Dohâ 46

Leurs lèvres étaient desséchées, leurs yeux ruisselaient de larmes, leur cœur ne pouvait contenir leur chagrin ; on eût dit que la Tristesse, en ordre de bataille et au son du tambour, avait marché sur Avadh et y avait établi ses quartiers.
Chaupâi
« Le plan était bien conçu, mais Dieu l’a fait échouer. » C’est ainsi qu’ils ne cessaient de maudire Kaikeyi. « Que pouvait bien vouloir cette femme perverse en mettant ainsi le feu à une maison fraîchement couverte de chaume ; elle qui s’arrache les yeux de ses propres mains, tout en souhaitant voir ; qui rejette l’ambroisie et préfère le goût du poison ; créature cruelle, entêtée, démente, véritable incendie parmi les roseaux de la lignée de Raghu ; qui, assise sur une branche de l’arbre, en a scié le tronc ; et qui, au milieu de la joie, a introduit cette tragédie ? Râma lui était toujours aussi cher que la vie ; pour quelle raison s’est-elle maintenant mise à agir avec tant de perversité ? Les poètes disent vrai : le mental d’une femme est tout à fait impénétrable, insondable et incompréhensible. Un homme aurait plus tôt fait de saisir son ombre dans un miroir que de comprendre les voies d’une femme.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire