Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Ayodhyâ-kând, Dohâ 34

Voyant que son mal était incurable, le roi se jeta à terre et se frappa la tête, sanglotant d’une voix des plus lamentables : « Ô Râma, Râma. »
Chaupâi
Le corps entier du roi était si brisé par la douleur qu’il ressemblait à l’arbre du paradis qu’un éléphant aurait déraciné. Sa gorge était sèche, les mots ne sortaient plus de ses lèvres, comme un pauvre poisson privé d’eau. Kaikeyi l’accabla de nouveau de ses sarcasmes mordants, comme si elle répandait du poison dans ses plaies : « Si tu comptais agir ainsi à la fin, pourquoi donc m’as-tu dit : demande, demande ?
Est-il possible, sire, d’être deux choses à la fois ? De rire et de plaisanter tout en étant en deuil ; d’être réputé généreux et pourtant avare ; de vivre sans souci et pourtant d’être roi ? Ou bien renonce à ta parole, ou bien fais preuve de plus de fermeté ; ne fais pas appel à la compassion comme une femme. On dit que la vie, l’épouse, les fils, la demeure, les richesses, et même le monde entier, ne sont qu’un brin de paille en comparaison de l’océan de vérité.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire