Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Ayodhyâ-kând, Dohâ 33

À l’aube, si Râma ne revêt pas l’habit d’ermite et ne part pas dans les bois, ma mort s’ensuivra, ô roi, ainsi que ton déshonneur ; tiens-le pour certain. »
Chaupâi
Sur ces mots, la misérable se leva et se tint droite, telle une crue gonflée de colère, née dans les montagnes du péché, enflée par les torrents de la passion, terrible à voir, avec les deux faveurs pour rives, sa ferme obstination pour courant et ses paroles abondantes pour remous ; elle renversa le roi comme un arbre déraciné, tandis qu’elle se précipitait vers l’océan du malheur. Le roi comprit que tout cela était vrai et que la mort, sous l’apparence d’une femme, dansait victorieusement sur sa tête. Humblement, il lui saisit les pieds et la pria de s’asseoir, s’écriant : « Ne sois pas la hache qui s’abat sur la racine de la race solaire. Demande-moi ma tête et je te la donnerai sur-le-champ, mais ne me tue pas en me privant de Râma. Garde Râma, de quelque manière que tu le veuilles, ou ton cœur sera tourmenté toute ta vie. »

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire