Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Bâl-kând, Dohâ 302

« Faites vite. » En entendant les ordres du saint, le roi s’inclina en signe d’assentiment et se hâta de gagner le palais, après avoir assigné leurs quartiers aux messagers.
Puis il fit venir toutes les dames du sérail et leur lut à haute voix la lettre de Janak : elles se réjouirent toutes grandement de cette nouvelle. Il leur rapporta ensuite le message oral ; lui-même et les reines furent ravis de joie comme un paon au bruit de la pluie qui approche. Dans leur joie, les épouses du guru invoquèrent les bénédictions du ciel, et la reine mère fut entièrement submergée d’extase. Elles se passaient la chère lettre de l’une à l’autre et la pressaient contre leur poitrine, comme pour apaiser leur cœur brûlant. Avant de se diriger vers la porte, le roi répéta maintes fois la gloire et les exploits de Rama et de Lakshman, ajoutant : « Tout cela est dû à la faveur bienveillante du saint. » Alors les dames firent appeler les brahmanes et leur firent joyeusement des offrandes ; en retour, les saints hommes leur accordèrent leurs bénédictions.
Ensuite, elles rassemblèrent les mendiants et les comblèrent de toutes sortes de présents : « Que les quatre fils de l’empereur Dasarath vivent à jamais ! »
C’est ainsi qu’ils crièrent en s’en allant, vêtus d’habits de toutes les couleurs. La musique retentissait dans un tumulte jubilatoire et, dans chaque maison, à mesure que la nouvelle se répandait parmi les gens, les félicitations joyeuses fusaient. Les quatorze sphères furent comblées de joie à l’annonce du mariage de Raghubir avec la fille de Janak. En apprenant l’heureuse nouvelle, les citoyens furent transportés de ravissement et se mirent à décorer les routes, les maisons et les rues ; car, bien qu’Avadh fût déjà en elle-même un lieu charmant, propre et pur en tant que demeure de Rama, elle se para et s’orna encore davantage de décorations festives, comme un effet naturel de son amour. Des drapeaux et des bannières de soie, ainsi que d’élégants chasse-mouches à panache, couronnaient le joyeux bazar ; à chaque détour se trouvaient des jarres d’or, des guirlandes de perles tressées et des tas de curcuma, d’herbe durva, de caillé, de riz et de guirlandes de fleurs.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire