Le roi fut ravi de reconnaître le Guru et, trop enivré pour conserver son bon sens, il fit aussitôt inviter cent mille brahmanes avec leurs familles.
Le prêtre surveilla la cuisine et, conformément aux prescriptions sacrées, apprêta les six saveurs sous les quatre formes différentes, préparant un banquet des plus séduisants, avec plus de sauces et de condiments qu’on n’en pouvait compter. Après avoir accommodé une grande variété de viandes, le misérable introduisit dans le plat quelques morceaux de chair de brahmane. Il convoqua ensuite tous les brahmanes au festin, leur lava les pieds et les conduisit poliment à leurs places. Mais dès qu’ils commencèrent à toucher aux mets, une voix retentit du ciel : « Levez-vous, levez-vous, brahmanes, et retournez chez vous ; même si la perte est grande, ne goûtez pas à ces mets : il y a de la chair de brahmane dans le plat. » Tous les saints se levèrent, croyant à la voix céleste ; tandis que le roi, bouleversé et hors de lui, accablé par le destin, ne pouvait prononcer un mot.
Dohâ 177.
Alors les brahmanes, furieux et sans se soucier des conséquences, s’écrièrent : « Ô roi insensé, prends une naissance de démon, toi et toute ta famille. »
Chaupâî
« Noble prince, tu as invité ici toute cette assemblée de brahmanes dans le seul but de nous détruire ; mais Dieu a préservé notre honneur, et c’est toi et ta race qui êtes perdus. Tu périras au milieu de tes jours, et il ne restera personne pour offrir des libations à ton fantôme. » Lorsque le roi entendit la malédiction, il fut saisi d’effroi. De nouveau, une voix retentit du ciel : « Les brahmanes ont prononcé cette malédiction sans réfléchir ; le roi n’a commis aucun crime. » Tous les brahmanes furent stupéfaits en entendant la voix céleste. Le roi se hâta d’aller à la cuisine ; il n’y trouva ni nourriture ni cuisinier brahmane, puis s’éloigna, plongé dans ses pensées. Il raconta toute l’histoire aux brahmanes et, saisi de terreur et de détresse, se jeta à terre.
Le prêtre surveilla la cuisine et, conformément aux prescriptions sacrées, apprêta les six saveurs sous les quatre formes différentes, préparant un banquet des plus séduisants, avec plus de sauces et de condiments qu’on n’en pouvait compter. Après avoir accommodé une grande variété de viandes, le misérable introduisit dans le plat quelques morceaux de chair de brahmane. Il convoqua ensuite tous les brahmanes au festin, leur lava les pieds et les conduisit poliment à leurs places. Mais dès qu’ils commencèrent à toucher aux mets, une voix retentit du ciel : « Levez-vous, levez-vous, brahmanes, et retournez chez vous ; même si la perte est grande, ne goûtez pas à ces mets : il y a de la chair de brahmane dans le plat. » Tous les saints se levèrent, croyant à la voix céleste ; tandis que le roi, bouleversé et hors de lui, accablé par le destin, ne pouvait prononcer un mot.
Dohâ 177.
Alors les brahmanes, furieux et sans se soucier des conséquences, s’écrièrent : « Ô roi insensé, prends une naissance de démon, toi et toute ta famille. »
Chaupâî
« Noble prince, tu as invité ici toute cette assemblée de brahmanes dans le seul but de nous détruire ; mais Dieu a préservé notre honneur, et c’est toi et ta race qui êtes perdus. Tu périras au milieu de tes jours, et il ne restera personne pour offrir des libations à ton fantôme. » Lorsque le roi entendit la malédiction, il fut saisi d’effroi. De nouveau, une voix retentit du ciel : « Les brahmanes ont prononcé cette malédiction sans réfléchir ; le roi n’a commis aucun crime. » Tous les brahmanes furent stupéfaits en entendant la voix céleste. Le roi se hâta d’aller à la cuisine ; il n’y trouva ni nourriture ni cuisinier brahmane, puis s’éloigna, plongé dans ses pensées. Il raconta toute l’histoire aux brahmanes et, saisi de terreur et de détresse, se jeta à terre.
Dohâ 178.
« Bien que tu sois innocent, ô roi, ce qui est destiné ne peut manquer d’arriver ; le passé ne peut être changé : la malédiction d’un Brahmane est terrible. »
Chaupâî
Cela dit, tous les Brahmanes s’en allèrent. Lorsque les habitants de la ville apprirent la nouvelle, ils en furent très affligés et s’en prirent au Destin, qui avait commencé par faire un cygne et fini par en faire un corbeau. Le démon conduisit le prêtre de la famille au palais et raconta à l’ermite toutes les nouvelles. Alors le misérable expédia des lettres dans toutes les directions ; une multitude de princes arrivèrent avec leurs troupes et assiégèrent la ville au son des trompettes. Jour après jour eurent lieu des batailles de toutes sortes ; tous ses champions tombèrent au combat, après s’être vaillamment battus, et le roi et son frère mordirent la poussière. Aucun membre de la famille de Satyaketu n’échappa, car une malédiction de Brahmane ne manque jamais de s’accomplir. Triomphant de leur ennemi, les chefs rebâtirent la ville, puis, couronnés par la victoire, regagnèrent leurs propres royaumes.
Dohâ 179.
Écoute, Bharadvaja : pour quiconque encourt la colère du ciel, un grain de poussière devient aussi grand que le mont Meru, une plume aussi redoutable que l’ange de la mort, et toute corde devient un serpent.
Chaupâî
Écoute, vénérable maître : en temps voulu, ce raja naquit, avec sa famille, sous la forme d’un démon à dix têtes et vingt bras, héros redoutable nommé Ravan. Le frère cadet du roi, Ari-mardan, devint le vaillant Kumbhakarna, tandis que le ministre Dharma-ruchi devint son demi-frère, le Vibhishan célèbre dans le monde entier, le dévot de Vishnu d’une sagesse parfaite. Quant aux fils et aux serviteurs du roi, ils naquirent en une horde de démons féroces, misérables capables de prendre à volonté diverses formes, méchants, monstrueux et dépourvus de savoir, sans pitié, malfaisants, criminels — un fléau pour toute la création, au-delà de ce que les mots peuvent exprimer.
« Bien que tu sois innocent, ô roi, ce qui est destiné ne peut manquer d’arriver ; le passé ne peut être changé : la malédiction d’un Brahmane est terrible. »
Chaupâî
Cela dit, tous les Brahmanes s’en allèrent. Lorsque les habitants de la ville apprirent la nouvelle, ils en furent très affligés et s’en prirent au Destin, qui avait commencé par faire un cygne et fini par en faire un corbeau. Le démon conduisit le prêtre de la famille au palais et raconta à l’ermite toutes les nouvelles. Alors le misérable expédia des lettres dans toutes les directions ; une multitude de princes arrivèrent avec leurs troupes et assiégèrent la ville au son des trompettes. Jour après jour eurent lieu des batailles de toutes sortes ; tous ses champions tombèrent au combat, après s’être vaillamment battus, et le roi et son frère mordirent la poussière. Aucun membre de la famille de Satyaketu n’échappa, car une malédiction de Brahmane ne manque jamais de s’accomplir. Triomphant de leur ennemi, les chefs rebâtirent la ville, puis, couronnés par la victoire, regagnèrent leurs propres royaumes.
Dohâ 179.
Écoute, Bharadvaja : pour quiconque encourt la colère du ciel, un grain de poussière devient aussi grand que le mont Meru, une plume aussi redoutable que l’ange de la mort, et toute corde devient un serpent.
Chaupâî
Écoute, vénérable maître : en temps voulu, ce raja naquit, avec sa famille, sous la forme d’un démon à dix têtes et vingt bras, héros redoutable nommé Ravan. Le frère cadet du roi, Ari-mardan, devint le vaillant Kumbhakarna, tandis que le ministre Dharma-ruchi devint son demi-frère, le Vibhishan célèbre dans le monde entier, le dévot de Vishnu d’une sagesse parfaite. Quant aux fils et aux serviteurs du roi, ils naquirent en une horde de démons féroces, misérables capables de prendre à volonté diverses formes, méchants, monstrueux et dépourvus de savoir, sans pitié, malfaisants, criminels — un fléau pour toute la création, au-delà de ce que les mots peuvent exprimer.
Dohâ 180.
Bien que nés dans la famille incomparablement pure et sainte de Pulastya, tous avaient pourtant, à cause de la malédiction des Brahmanes, une apparence repoussante.
Chaupâî
Les trois frères accomplirent toutes sortes de pénitences, d’une rigueur indescriptible ; le Créateur s’approcha pour les contempler et dit : « Mon fils, je suis satisfait, demande une faveur. » Le Décacéphale lui saisit les pieds en suppliant et s’écria : « Écoute : ô seigneur de la terre, je ne veux mourir de la main de nul autre que d’un homme ou d’un singe. » Brahma et moi lui accordâmes sa faveur, en disant : « Qu’il en soit ainsi, tu as accompli de grandes pénitences. » Puis le Seigneur alla trouver Kumbhakarna et fut stupéfait par son apparence : « Si ce misérable passe son temps à manger, le monde entier sera ravagé. » Il envoya donc Sarasvati lui brouiller l’esprit, et celui-ci demanda à dormir pendant six mois.
Dohâ 181.
Puis il alla trouver Vibhishan et lui dit : « Mon fils, demande une faveur » ; celui-ci demanda un amour parfait pour Dieu.
Chaupâî
Bien que nés dans la famille incomparablement pure et sainte de Pulastya, tous avaient pourtant, à cause de la malédiction des Brahmanes, une apparence repoussante.
Chaupâî
Les trois frères accomplirent toutes sortes de pénitences, d’une rigueur indescriptible ; le Créateur s’approcha pour les contempler et dit : « Mon fils, je suis satisfait, demande une faveur. » Le Décacéphale lui saisit les pieds en suppliant et s’écria : « Écoute : ô seigneur de la terre, je ne veux mourir de la main de nul autre que d’un homme ou d’un singe. » Brahma et moi lui accordâmes sa faveur, en disant : « Qu’il en soit ainsi, tu as accompli de grandes pénitences. » Puis le Seigneur alla trouver Kumbhakarna et fut stupéfait par son apparence : « Si ce misérable passe son temps à manger, le monde entier sera ravagé. » Il envoya donc Sarasvati lui brouiller l’esprit, et celui-ci demanda à dormir pendant six mois.
Dohâ 181.
Puis il alla trouver Vibhishan et lui dit : « Mon fils, demande une faveur » ; celui-ci demanda un amour parfait pour Dieu.
Chaupâî