Hindouisme

Tulsidas, Ramayana, Bâl-kând, Dohâ 93

Et ils lui exposèrent leur détresse. Il les écouta puis, après un moment de réflexion, répondit en souriant : « Le courroux de Sambhu ne me sera d’aucun bien,
Pourtant, je vous rendrai ce service. Les Écritures disent que la charité est la plus haute des vertus, et que celui qui donne sa vie pour autrui reçoit toujours les louanges des saints. » Sur ces mots, il s’inclina et prit congé, lui et son assistant, son arc fleuri à la main. En chemin, il songea en lui-même : « Le courroux de Siva causera certainement ma mort. » Il s’empressa donc de faire montre de son pouvoir et, durant quelque temps, soumit le monde entier. Quand l’amour est provoqué, les assises de la loi sont balayées en un instant ; les vœux et les devoirs religieux, la maîtrise de soi, les rites, le savoir et la philosophie, les pratiques vertueuses, la prière, les pénitences, les mortifications, toute l’armée spirituelle est prise de panique et mise en fuite.
La grande force de la vertu est mise en déroute, saisie d’effroi et de consternation.
Dans les recoins obscurs des livres sacrés, ses champions se terrent et s’enfuient.
Grand dieu du destin ! Dans cette terrible épreuve, quel pouvoir peut nous sauver ?
Contre l’unique cœur de l’homme, les cinq flèches de l’Amour remportent aisément la victoire.

Source The Râmâyana of Tulsi Dâs, trad. F. S. Growse, 1883, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire