Je révère les saints au tempérament égal, qui ne voient de différence ni entre ami ni entre ennemi, pareils à une fleur gracieuse qui répand son parfum sur les deux mains jointes. Saints, vous dont je reconnais les intentions droites, la charité universelle et la prompte compassion, écoutez ma prière d’enfant, soyez-moi favorables et inspirez-moi la dévotion aux pieds de Râma.
De nouveau, je voudrais apaiser ces misérables prétendus saints qui, sans raison, dévient à droite ou à gauche ; pour qui la perte du voisin est un gain ; qui se réjouissent de la désolation et pleurent sur la prospérité ; qui sont comme une éclipse obscurcissant la gloire de la pleine lune de Hari et Hara ; qui deviennent des géants aux mille bras pour causer le malheur d’autrui ; qui ont mille yeux pour déceler les fautes du voisin, mais qui, pareils à des mouches posées sur l’ordure, se fixent sur ses qualités uniquement pour les gâcher ; prompts comme le feu, implacables comme le dieu de l’enfer ; riches en crimes et en péchés comme Kuver en or ; semblables à une éclipse qui voile l’amitié, et aussi profondément endormis que Kumbhakarna à l’égard de tout ce qui est bon ; capables, s’ils peuvent nuire, de se sacrifier aussi volontiers que les grêlons, qui fondent après avoir détruit une récolte ; méchants comme le grand serpent aux mille langues ; et pareils à Prithurâj, dotés de mille oreilles pour raconter et entendre les fautes d’autrui ; semblables aussi à Indra aux mille yeux, prenant toujours plaisir à chanter beaucoup, à boire et à faire retentir leur voix comme le tonnerre.
De nouveau, je voudrais apaiser ces misérables prétendus saints qui, sans raison, dévient à droite ou à gauche ; pour qui la perte du voisin est un gain ; qui se réjouissent de la désolation et pleurent sur la prospérité ; qui sont comme une éclipse obscurcissant la gloire de la pleine lune de Hari et Hara ; qui deviennent des géants aux mille bras pour causer le malheur d’autrui ; qui ont mille yeux pour déceler les fautes du voisin, mais qui, pareils à des mouches posées sur l’ordure, se fixent sur ses qualités uniquement pour les gâcher ; prompts comme le feu, implacables comme le dieu de l’enfer ; riches en crimes et en péchés comme Kuver en or ; semblables à une éclipse qui voile l’amitié, et aussi profondément endormis que Kumbhakarna à l’égard de tout ce qui est bon ; capables, s’ils peuvent nuire, de se sacrifier aussi volontiers que les grêlons, qui fondent après avoir détruit une récolte ; méchants comme le grand serpent aux mille langues ; et pareils à Prithurâj, dotés de mille oreilles pour raconter et entendre les fautes d’autrui ; semblables aussi à Indra aux mille yeux, prenant toujours plaisir à chanter beaucoup, à boire et à faire retentir leur voix comme le tonnerre.
Je sais qu’en entendant parler des philosophes qui considèrent amis et ennemis comme des amis, ils entrent en fureur ; mais je joins les mains et les supplie avec pitié.
J’ai joué le rôle du suppliant, et eux n’oublieront pas le leur. Vous aurez beau élever un corbeau avec le plus grand soin, il restera un corbeau et un voleur. J’implore d’un même mouvement les pieds des saints et des pécheurs, qui font souffrir les uns comme les autres, mais différemment : les premiers tuent par leur absence, tandis que les seconds torturent par leur présence — aussi opposés qu’un lotus et une sangsue, bien que tous deux naissent dans l’eau. Ainsi les bons et les méchants ressemblent au nectar et à la boisson enivrante, que produisit le même grand océan : chacun, par ses propres actes, acquiert la prééminence, l’un dans l’honneur, l’autre dans le déshonneur. Comparez les bons à l’ambroisie, à la lune ou au Gange ; et les méchants au poison, au feu ou à la rivière Karmnâsâ. La vertu et le vice sont connus de tous ; mais ce qui plaît à un homme lui paraît bon.
J’ai joué le rôle du suppliant, et eux n’oublieront pas le leur. Vous aurez beau élever un corbeau avec le plus grand soin, il restera un corbeau et un voleur. J’implore d’un même mouvement les pieds des saints et des pécheurs, qui font souffrir les uns comme les autres, mais différemment : les premiers tuent par leur absence, tandis que les seconds torturent par leur présence — aussi opposés qu’un lotus et une sangsue, bien que tous deux naissent dans l’eau. Ainsi les bons et les méchants ressemblent au nectar et à la boisson enivrante, que produisit le même grand océan : chacun, par ses propres actes, acquiert la prééminence, l’un dans l’honneur, l’autre dans le déshonneur. Comparez les bons à l’ambroisie, à la lune ou au Gange ; et les méchants au poison, au feu ou à la rivière Karmnâsâ. La vertu et le vice sont connus de tous ; mais ce qui plaît à un homme lui paraît bon.