Si l’on apporte du réconfort à un fou, quel plaisir peut-il en éprouver ? Comme des lumières qui dansent devant un aveugle, tel est le culte de Dieu sans dévotion. On place un épouvantail pour garder un champ ; on lui peint la tête à la chaux ; à la fin, le propriétaire se plaint que ses récoltes ont été dévorées — « Bon maître, ne savez-vous pas quelle erreur vous avez commise dès le début ? » À quoi sert-il de prêcher un Purana aux sourds ? De présenter des mets délicats aux malades ? Que peut une femme belle comme un lotus pour un homme impuissant ? Un discours tombe à plat auprès de celui qui n’y prend aucun plaisir. Que pourrait faire un homme sans mains ni pieds si les fruits d’un arbre lui étaient indispensables ? Les fruits ne viendront pas à lui ; il s’agite en vain. Tels sont les sots qui manquent de foi, dit Tuka.
Hindouisme
Tukaram, Poème 2471
Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire