Hindouisme

Prasña-upanishad — Deuxième Question

1. Alors Bhârgava Vaidarbhi lui demanda : « Maître, combien de dieux maintiennent ce qui a ainsi été créé, combien le manifestent, et lequel d’entre eux est le meilleur ? »

2. Il répondit : « L’éther est ce dieu, ainsi que le vent, le feu, l’eau, la terre, la parole, le mental, l’œil et l’oreille. Lorsqu’ils eurent manifesté (leur pouvoir), ils se disputèrent et dirent : Nous (chacun de nous) soutenons ce corps et le maintenons.

3. Alors Prâna (souffle, esprit, vie), étant le meilleur, leur dit : Ne vous y trompez pas, moi seul, en me divisant en cinq, soutiens ce corps et le maintiens.

4. Ils ne le crurent pas ; alors, par orgueil, Il fit mine de s’en aller vers le haut. À mesure qu’il s’en allait, tous les autres s’en allèrent ; et à mesure qu’il revenait, tous les autres revenaient. Comme les abeilles sortent lorsque leur reine sort, et reviennent lorsqu’elle revient, ainsi firent la parole, le mental, l’œil et l’oreille ; et, satisfaits, ils louèrent Prâna, disant :

5. Il est Agni (le feu), il brille comme Sûrya (le soleil), il est Parganya (la pluie), le puissant (Indra), il est Vâyu (le vent), il est la terre, il est la matière, il est Dieu — il est ce qui est et ce qui n’est pas, et ce qui est immortel.

6. Comme les rayons sont fixés au moyeu d’une roue, tout est fixé en Prâna : les hymnes du Rig-veda, du Yagur-veda, du Sâma-veda, le sacrifice, les Kshatriyas et les Brâhmans.

7. Comme Pragâpati (seigneur des créatures), tu te meuves dans la matrice ; assurément, tu nais de nouveau. Ces créatures t’apportent des offrandes, à toi, Prâna, qui demeures avec les autres prânas (les organes des sens).

8. Tu es le meilleur porteur pour les Dieux, tu es la première offrande aux Pères. Tu es l’œuvre véritable des Rishis, des Atharvângiras.

9. Ô Prâna, par ta lumière, tu es Indra ; tu es Rudra, en tant que protecteur ; tu te meuves dans le ciel, tu es le soleil, le seigneur des lumières.

10. Quand tu fais tomber la pluie, alors, ô Prâna, tes créatures se réjouissent, espérant qu’il y aura de la nourriture, autant qu’elles en désirent.

11. Tu es un Vrâtya, ô Prâna, le seul Rishi, le consommateur de tout, le bon seigneur. Nous sommes les dispensateurs de ce que tu dois consommer ; toi, ô Mâtarisva, tu es notre père.

12. Rends propice ce corps qui est le tien, qui demeure dans la parole, dans l’oreille, dans l’œil, et qui pénètre le mental ; ne T’en va pas !

13. Tout ceci dépend de Prâna, tout ce qui existe dans les trois cieux. Protège-nous comme une mère protège ses fils, et accorde-nous bonheur et sagesse. »

Source F. Max Müller, The Upanishads, Sacred Books of the East vol. 15 (1884), en.wikisource.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire