Hindouisme

Tukaram, Poème 1169

Des dieux et des déesses grossiers, barbouillés de
vermillon : qui pourrait adorer de tels maîtres ?
Ils crient pour satisfaire les besoins de leur ventre et
réclament une poignée de péchés. Ils importunent les autres comme
des mendiants, pour leur propre compte ; que peuvent-ils donner
aux hommes ? J’ai connu le fait de les servir :
c’est, en vérité, une inclination basse et vile. Un esclave peut
seulement promettre l’hospitalité, mais un maître l’offre
de sa propre main. Les paroles de compassion, destinées
au moment présent, ne sont qu’un spectacle vide. Quelle
quantité d’eau peut contenir un ruisseau ? Pas assez
pour mouiller les lèvres ou satisfaire les désirs. Tout cela
n’est que lassitude, du début à la fin, même si, mûri par de longues
pénitences, cela finit par porter ses fruits. Ils gardent
le visage couvert de peinture rouge et portent un lourd
vêtement ; ils se punissent à coups de fouet ; seuls les mendiants
appellent de telles choses des dieux. Tel n’est pas Narayana, ni Janardana, qui imprègne
le monde. Tuka dit : Médite sur ce Dieu ; tous les
autres viennent l’adorer.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire