Hindouisme

Tukaram, Poème 1110

J’ai vu ta forme, debout, les mains sur les hanches ; mon esprit est donc en paix ; je n’ai pas l’intention de quitter tes pieds. Je chante tes louanges de mes lèvres ; je fais résonner les cymbales ; je danse dans Ton temple, plein de bonheur et d’amour. Tuka dit : en comparaison de Ton nom, le monde entier est sans valeur.
Aujourd’hui est un jour saint et bienvenu ; voici le Dasra ; célébrez-le comme il convient ; c’est une saison propice. Poussez des cris d’acclamation ; prenez Hari dans vos cœurs, grands et petits ; je vous exhorte à ne pas rester inactifs. Venez, femmes, venez ; Hari s’est avancé pour franchir la frontière. Courez prendre des lampes et faites-les tourner autour de Lui. Faisons-les tourner autour de Son saint visage ; posons Ses pieds sur nos têtes. La bonne fortune a visité nos propres maisons. Avant que nous quittions ce corps, une saison heureuse, qui ne saurait se flétrir, s’ouvre à nous. « Alors, dit l’une, voyant quel moment c’est, que personne ne s’attarde à regarder autour de soi. Quittez toute autre tâche et accompagnez Hari. » Prenez ces paroles à cœur de toutes les manières ; ne négligez pas ce que vous entendez ; jamais plus vous ne verrez ni ne rêverez d’un tel bonheur ; si vous le négligez, il ne restera que les lamentations, que le récit de ce qui est perdu. Ceux qui le perdent seront infiniment malheureux ; vous pouvez en être sûrs ; cette chance d’immortalité ne reviendra jamais ; sachez-le, sinon une triste ruine s’ensuivra. Celui pour qui Brahma et les autres perdirent la raison, pour obtenir les restes du repas de qui les dieux entrèrent dans l’eau et devinrent poissons ; celui dans la moitié du corps duquel demeure Lakshmi, la mère du monde ; lui, dit Tuka, est venu sans que nous ayons eu à faire le moindre effort.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire