Je vais vous raconter ce soir une histoire tirée des Vedas. Les Vedas sont les saintes Écritures des hindous et constituent une vaste collection d’écrits, dont la dernière partie s’appelle le Vedanta, c’est-à-dire la fin des Vedas. Elle traite des théories qu’ils contiennent et, plus particulièrement, de la philosophie qui nous occupe. Elle est écrite en sanskrit archaïque, et vous devez vous rappeler qu’elle a été rédigée il y a des milliers d’années. Il y avait un homme qui voulait accomplir un grand sacrifice. Dans la religion des hindous, le sacrifice joue un grand rôle. Il en existe différentes sortes. On construit des autels, on verse des offrandes dans le feu, on récite divers hymnes, et ainsi de suite ; à la fin du sacrifice, on fait un don aux brahmanes et aux pauvres. Chaque sacrifice comporte un don particulier. Dans l’un d’eux, un homme devait renoncer à tout ce qu’il possédait. Or, cet homme, bien que riche, était avare, tout en voulant acquérir une grande renommée pour avoir accompli ce sacrifice extrêmement difficile. Lorsqu’il accomplit le sacrifice, au lieu de renoncer à tout ce qu’il possédait, il ne donna que ses vaches aveugles, boiteuses et vieilles, qui ne donneraient plus jamais de lait. Mais il avait un fils nommé Nachiketas, un jeune garçon vif d’esprit qui, observant les pauvres dons de son père et réfléchissant au démérite qui ne manquerait pas de s’ensuivre, résolut de réparer cela en faisant don de lui-même. Il alla donc trouver son père et lui dit : « Et à qui me donneras-tu ? » Son père ne répondit pas au garçon, qui posa la question une deuxième puis une troisième fois. Alors son père, irrité, lui dit : « C’est à Yama que je te donne, c’est à la Mort que je te donne. » Le garçon se rendit directement au royaume de Yama. Yama n’était pas chez lui ; le garçon l’attendit donc. Au bout de trois jours, Yama revint et lui dit : « Ô brahmane, tu es mon hôte, et tu es resté ici trois jours sans manger. Je te salue et, pour te dédommager de cette attente, je t’accorderai trois faveurs. » Le garçon demanda alors sa première faveur : « Que la colère de mon père contre moi s’apaise. » Pour sa deuxième faveur, il voulut connaître un certain sacrifice. Puis vint la troisième faveur. « Quand un homme meurt, la question se pose : que devient-il ? Certains disent qu’il cesse d’exister. D’autres disent qu’il existe. Veuillez me dire quelle est la réponse. Voilà la troisième faveur que je désire. » Alors la Mort répondit : « Jadis, les dieux ont essayé de percer ce mystère ; il est si subtil qu’il est difficile à connaître. Demande une autre faveur ; ne me demande pas celle-là. Demande une vie longue de cent ans. Demande des troupeaux et des chevaux, demande de grands royaumes. Ne me presse pas de répondre à cette question. Demande tout ce qu’un homme désire pour son plaisir, et je l’exaucerai ; mais ne cherche pas à connaître ce secret. » « Non, maître, dit le garçon, l’homme ne peut se satisfaire de la richesse ; si nous voulions la richesse, nous pourrions l’obtenir pour peu que nous vous ayons vu. Nous vivrons également aussi longtemps que vous régnerez. Quel mortel sujet au déclin, vivant dans le monde inférieur et doué de connaissance, après avoir fréquenté l’indéclinable et l’immortel, pourrait se réjouir d’une longue vie, connaissant la nature du plaisir que procurent le chant et les divertissements ? Dites-moi donc ce secret sur l’au-delà ; je ne veux rien d’autre. Voilà ce que désire Nachiketas : le mystère de la mort. » Alors le dieu de la Mort fut satisfait. Nous avons dit dans les deux ou trois dernières conférences que cette Jnâna prépare le mental. Vous voyez donc que la première préparation consiste à ne rien désirer d’autre que la vérité, et la vérité pour elle-même. Voyez comme ce garçon a rejeté tous les dons que la Mort lui offrait : les possessions, les biens, la richesse, une longue vie ; il était prêt à tout sacrifier pour cette seule idée : la connaissance, rien que la vérité. C’est ainsi seulement que la vérité peut se révéler. Le dieu de la Mort fut satisfait. « Il y a deux voies, dit-il, l’une du plaisir, l’autre de la béatitude. Ces deux voies attirent les hommes de diverses manières. Celui qui, entre les deux, choisit celle qui mène à la béatitude devient un sage ; celui qui choisit la voie du plaisir se dégrade. Je te loue, Nachiketas : tu n’as rien demandé qui relève du désir. De diverses manières, j’ai essayé de te tenter en t’orientant vers la voie du plaisir ; tu as résisté à toutes mes tentations, tu as compris que la connaissance est bien supérieure à une vie de plaisir.
« Vous avez compris que l’homme qui vit dans l’ignorance et jouit des plaisirs n’est pas différent de la bête brute. Pourtant, nombreux sont ceux qui, bien qu’enfoncés dans l’ignorance, pensent, dans l’orgueil de leur cœur, être de grands sages et tournent en rond sur de nombreux chemins tortueux, comme des aveugles guidés par des aveugles. Cette vérité, Nachiketas, ne brille jamais dans le cœur de ceux qui sont comme des enfants ignorants, égarés par quelques mottes de terre. Ils ne comprennent ni ce monde ni l’autre. Ils nient celui-ci et l’autre, et tombent ainsi encore et encore sous mon emprise. Beaucoup n’ont même pas l’occasion d’en entendre parler ; et beaucoup, bien qu’ils l’entendent, ne peuvent la connaître, car le maître doit être extraordinaire, tout comme doit l’être celui à qui la connaissance est transmise. Si celui qui parle n’est pas un homme très avancé, alors, même entendue et enseignée cent fois, la vérité n’illumine jamais l’âme. Ne trouble pas ton mental par de vaines argumentations, Nachiketas ; cette vérité ne resplendit que dans le cœur qui a été purifié. Celui qu’on ne peut voir qu’avec la plus grande difficulté, Celui qui est caché, Celui qui a pénétré dans la caverne du cœur des cœurs — l’Ancien — ne peut être vu par les yeux extérieurs ; en Le voyant avec les yeux de l’âme, on renonce à la fois au plaisir et à la douleur. Celui qui connaît ce secret renonce à tous ses vains désirs et atteint cette perception suprême ; il devient ainsi éternellement bienheureux. Nachiketas, telle est la voie de la béatitude. Il est au-delà de toute vertu, au-delà de tout vice, au-delà de tous les devoirs, au-delà de tout ce qui n’est pas devoir, au-delà de toute existence, au-delà de tout ce qui doit advenir ; seul celui qui Le connaît sait. Celui que tous les Vedas cherchent à voir, pour voir qui les hommes se livrent à toutes sortes d’ascétisme, je vais vous dire Son nom : c’est Om. Cet Om éternel est le Brahman, c’est l’Immortel ; celui qui connaît ce secret obtient tout ce qu’il désire. Ce Soi de l’homme, Nachiketas, que tu cherches à connaître, ne naît jamais et ne meurt jamais. Sans commencement, existant de toute éternité, cet Ancien n’est pas détruit lorsque le corps est détruit. Si le meurtrier pense pouvoir tuer, et si l’homme tué pense être tué, tous deux se trompent, car le Soi ne peut ni tuer ni être tué. Infiniment plus petit que la plus petite particule, infiniment plus grand que la plus grande existence, le Seigneur de toutes les vies demeure dans la caverne du cœur de chaque être. Celui qui est devenu sans péché Le voit dans toute Sa gloire, par la grâce de ce même Seigneur. (Nous constatons que la grâce de Dieu est l’une des causes de la réalisation de Dieu.) Assis, Il va au loin ; couché, Il va partout ; qui donc, sinon les hommes à l’intelligence purifiée et subtile, est digne de connaître le Dieu en qui se rencontrent tous les attributs contradictoires ? Sans corps, et pourtant vivant dans le corps, intact et pourtant apparemment en contact, omniprésent — sachant que l’Ātman est ainsi, le sage renonce à toute souffrance. Cet Ātman ne s’atteint ni par l’étude des Vedas, ni par l’intellect le plus élevé, ni par un grand savoir. Celui que l’Ātman choisit obtient l’Ātman ; à lui, Il révèle Sa gloire. Celui qui accomplit sans cesse de mauvaises actions, celui dont le mental n’est pas calme, celui qui ne sait pas méditer, celui qui est toujours agité et instable — celui-là ne peut comprendre ni réaliser cet Ātman qui a pénétré dans la caverne du cœur. Ce corps, ô Nachiketas, est le char ; les organes des sens sont les chevaux ; le mental est les rênes ; l’intellect est le cocher, et l’âme est le passager du char. Lorsque l’âme s’unit au cocher, Buddhi ou l’intellect, puis, par son intermédiaire, au mental, les rênes, et, par son intermédiaire encore, aux organes, les chevaux, on dit qu’elle jouit ; elle perçoit, elle travaille, elle agit. Celui dont le mental n’est pas maîtrisé et qui manque de discernement ne peut contrôler ses sens, qui sont comme des chevaux vicieux entre les mains d’un conducteur. Mais celui qui a du discernement et dont le mental est maîtrisé contrôle toujours ses organes, comme de bons chevaux entre les mains d’un conducteur. Celui qui a du discernement, dont le mental cherche toujours à comprendre la vérité et qui est toujours pur — celui-là reçoit cette vérité et, en l’atteignant, échappe à toute renaissance. Cela, ô Nachiketas, est très difficile ; la voie est longue et il est ardu de l’atteindre. Seuls ceux qui ont atteint la perception la plus fine peuvent la voir et la comprendre. Pourtant, ne prends pas peur. Éveille-toi, lève-toi et agis. Ne t’arrête pas avant d’avoir atteint le but. Car les sages disent que la tâche est très difficile, comme de marcher sur le tranchant d’un rasoir. Celui qui est au-delà des sens, au-delà de tout contact, au-delà de toute forme, au-delà de tout goût, l’Immuable, l’Infini, au-delà même de l’intelligence, l’Indestructible — en ne connaissant que Lui, nous sommes à l’abri des mâchoires de la mort. »
Jusqu’ici, nous voyons que Yama décrit le but à atteindre. La première idée qui se dégage est que la naissance, la mort, la souffrance et les diverses tribulations auxquelles nous sommes exposés dans le monde ne peuvent être surmontées qu’en connaissant ce qui est réel. Qu’est-ce qui est réel ? Ce qui ne change jamais : le Soi de l’homme, le Soi qui se tient derrière l’univers. Puis il est dit à nouveau qu’il est très difficile de Le connaître. Connaître ne signifie pas simplement donner son assentiment intellectuel ; cela signifie réaliser. Nous avons lu à maintes reprises que ce Soi doit être vu, perçu. Nous ne pouvons pas Le voir avec les yeux ; la perception nécessaire doit devenir extrêmement subtile. C’est par une perception grossière que nous percevons les murs et les livres, mais la perception qui permet de discerner la vérité doit être rendue très subtile, et c’est là tout le secret de cette connaissance. Yama dit ensuite qu’il faut être très pur. C’est ainsi que la perception devient extrêmement subtile ; puis il nous indique d’autres moyens. Cet Être qui existe par lui-même est très éloigné des organes. Les organes, ou instruments, regardent vers l’extérieur, mais Celui qui existe par lui-même, le Soi, se voit vers l’intérieur. Vous devez vous rappeler la condition requise : le désir de connaître ce Soi en tournant les yeux vers l’intérieur. Toutes ces belles choses que nous voyons dans la nature sont très bonnes, mais ce n’est pas ainsi que l’on voit Dieu. Nous devons apprendre à tourner les yeux vers l’intérieur. Il faut refréner l’élan des yeux qui les pousse à regarder vers l’extérieur. Quand vous marchez dans une rue animée, il est difficile d’entendre l’homme qui marche avec vous à cause du bruit des voitures qui passent. Il ne peut vous entendre, tant le vacarme est grand. Le mental se tourne vers l’extérieur, et vous ne pouvez entendre l’homme qui se trouve près de vous. De même, le monde qui nous entoure fait un tel vacarme qu’il attire le mental vers l’extérieur. Comment pouvons-nous voir le Soi ? Il faut mettre fin à cette tendance à se tourner vers l’extérieur. C’est ce que signifie tourner les yeux vers l’intérieur ; alors seulement verra-t-on la gloire du Seigneur au-dedans.
Qu’est-ce que le Soi ? Nous avons vu qu’Il est même au-delà de l’intellect. Nous apprenons de la même Upanishad que ce Soi est éternel et omniprésent, que vous, moi et nous tous sommes des êtres omniprésents, et que le Soi est immuable. Or cet Être omniprésent ne peut être qu’un. Il ne peut y avoir deux êtres également omniprésents — comment cela serait-il possible ? Il ne peut y avoir deux êtres infinis, et il en résulte qu’il n’existe réellement qu’un seul Soi, et que vous, moi et l’univers entier ne sommes qu’un seul être, apparaissant comme plusieurs. « De même que le feu unique, pénétrant dans le monde, se manifeste de diverses façons, ainsi ce Soi unique, le Soi de tous, se manifeste sous toutes les formes. » Mais la question est la suivante : si ce Soi est parfait et pur, et l’Être unique de l’univers, que devient-Il lorsqu’Il pénètre dans un corps impur, un corps mauvais, un corps bon, et ainsi de suite ? Comment peut-Il demeurer parfait ? « Le soleil unique est la cause de la vision dans chaque œil, et pourtant il n’est pas touché par les défauts des yeux. » Si un homme a la jaunisse, il voit tout en jaune ; la cause de sa vision est le soleil, mais le fait qu’il voie tout en jaune ne touche pas le soleil. De même, cet Être unique, bien qu’Il soit le Soi de chacun, n’est touché ni par les puretés ni par les impuretés extérieures. « Dans ce monde où tout est évanescent, celui qui connaît Celui qui ne change jamais ; dans ce monde insensible, celui qui connaît l’Être conscient unique ; dans ce monde multiple, celui qui connaît cet Unique et Le voit dans son propre soi, à lui appartient la félicité éternelle, à nul autre, à nul autre. Là, le soleil ne brille pas, ni les étoiles, ni les éclairs ; que dire du feu ? Lorsqu’Il brille, tout brille ; par Sa lumière, tout devient lumineux. Quand tous les désirs qui troublent le cœur prennent fin, alors le mortel devient immortel, et ici même on atteint Brahman. Quand toute la torsion du cœur disparaît, quand tous ses nœuds sont dénoués, alors seulement le mortel devient immortel. Telle est la voie. Puisse cette étude nous bénir ; puisse-t-elle nous soutenir ; puisse-t-elle nous donner de la force, puisse-t-elle devenir énergie en nous ; puissions-nous ne pas nous haïr les uns les autres ; paix à tous ! »
Telle est la ligne de pensée que l’on trouve dans la philosophie du Vedānta. Nous voyons d’abord qu’il s’agit ici d’une pensée entièrement différente de tout ce que l’on trouve ailleurs dans le monde. Dans les parties les plus anciennes des Vedas, la recherche était la même que dans les autres livres : elle se portait vers l’extérieur. Dans certains des très anciens livres, on posait la question : « Qu’y avait-il au commencement ? Quand il n’y avait ni quelque chose ni rien, quand les ténèbres recouvraient les ténèbres, qui a créé tout cela ? » Ainsi commença la recherche. On se mit à parler des anges, des Devas et de toutes sortes de choses, puis, plus tard, on finit par y renoncer, jugeant cette quête vaine. À leur époque, la recherche se portait vers l’extérieur et ils ne trouvaient rien ; mais, par la suite, comme nous le lisons dans les Vedas, ils durent chercher à l’intérieur l’Être existant par lui-même. C’est là l’idée fondamentale des Vedas : notre recherche dans les étoiles, les nébuleuses, la Voie lactée, dans tout cet univers extérieur, ne mène à rien et ne résout jamais le problème de la vie et de la mort. Il fallut analyser le merveilleux mécanisme intérieur, qui leur révéla le secret de l’univers ; ni les étoiles ni le soleil ne pouvaient le faire. Il fallut disséquer l’homme, non son corps, mais son âme. C’est dans cette âme qu’ils trouvèrent la réponse. Quelle réponse trouvèrent-ils ? Que derrière le corps, et même derrière le mental, se trouve l’Être existant par lui-même. Il ne meurt pas et ne naît pas. L’Être existant par lui-même est omniprésent, car Il n’a pas de forme. Ce qui n’a ni forme ni figure, ce qui n’est limité ni par l’espace ni par le temps, ne peut vivre en un lieu donné. Comment le pourrait-il ? Il est partout, omniprésent, également présent en chacun de nous.
Qu’est-ce que l’âme de l’homme ? Un courant de pensée soutenait qu’il existe un Être, Dieu, et, en outre, un nombre infini d’âmes, éternellement séparées de Dieu par leur essence, leur forme et tout le reste. C’est le dualisme. C’est l’ancienne, très ancienne conception naïve. Un autre courant répondait que l’âme était une partie de l’Existence divine infinie. De même que ce corps est un petit monde en soi, derrière lequel se trouve le mental ou la pensée, et derrière lequel se trouve l’âme individuelle, de même le monde entier est un corps, derrière lequel se trouve le mental universel, et derrière lequel se trouve l’Âme universelle. De même que ce corps est une partie du corps universel, ce mental est une partie du mental universel, et l’âme de l’homme une partie de l’Âme universelle. C’est ce qu’on appelle le Vishishtâdvaita, le monisme qualifié. Or, nous savons que l’Âme universelle est infinie. Comment l’infini pourrait-il avoir des parties ? Comment pourrait-il être morcelé, divisé ? Il est peut-être très poétique de dire que je suis une étincelle de l’Infini, mais, pour un esprit réfléchi, c’est absurde. Que signifie diviser l’Infini ? Est-ce quelque chose de matériel qu’on puisse séparer ou découper en morceaux ? L’infini ne peut jamais être divisé. Si cela était possible, il ne serait plus infini. Quelle est donc la conclusion ? La réponse est que cette Âme universelle, c’est vous ; vous n’en êtes pas une partie, vous en êtes la totalité. Vous êtes la totalité de Dieu. Que sont alors toutes ces différences ? Nous trouvons des millions d’âmes individuelles. Que sont-elles ? Si le soleil se reflète dans des millions de petites sphères d’eau, chacune d’elles contient la forme, l’image parfaite du soleil ; mais ce ne sont que des images, et le vrai soleil est unique. Ainsi, cette âme apparente qui se trouve en chacun de nous n’est que l’image de Dieu, rien de plus. L’Être réel qui se tient derrière est ce Dieu unique. Là, nous sommes tous un. En tant que Soi, il n’y en a qu’un dans l’univers. Il est en moi et en vous, et il est unique ; et ce Soi unique s’est reflété dans tous ces corps différents sous la forme de soi différents. Mais nous ne le savons pas ; nous croyons être séparés les uns des autres et séparés de Lui. Et tant que nous le croyons, la souffrance régnera dans le monde. C’est une hallucination.
Puis l’autre grande source de souffrance est la peur. Pourquoi un homme en blesse-t-il un autre ? Parce qu’il craint de ne pas avoir assez de jouissance. Un homme craint de ne pas avoir assez d’argent, peut-être, et cette peur le pousse à blesser les autres et à les voler. Comment pourrait-il y avoir de la peur s’il n’existe qu’une seule existence ? Si la foudre me tombe sur la tête, c’est moi qui suis la foudre, car je suis l’unique existence. Si une épidémie survient, c’est moi ; si un tigre arrive, c’est moi. Si la mort survient, c’est moi. Je suis à la fois la mort et la vie.
Nous voyons que la peur naît de l’idée qu’il y a deux choses dans l’univers. Nous avons toujours entendu prêcher : « Aimez-vous les uns les autres. » Pourquoi ? Cette doctrine a été prêchée, mais en voici l’explication. Pourquoi devrais-je aimer tout le monde ? Parce qu’eux et moi ne faisons qu’un. Pourquoi devrais-je aimer mon frère ? Parce que lui et moi ne faisons qu’un. Il y a cette unité, cette solidarité de l’univers entier. Du ver le plus infime qui rampe sous nos pieds aux êtres les plus élevés qui aient jamais vécu, tous ont des corps différents, mais sont une seule et même Âme. Par toutes les bouches, vous mangez ; par toutes les mains, vous travaillez ; par tous les yeux, vous voyez. Vous jouissez de la santé dans des millions de corps et souffrez de la maladie dans des millions de corps. Quand cette idée nous vient, que nous la réalisons, la voyons, la ressentons, alors la souffrance cessera, et la peur avec elle. Comment pourrais-je mourir ? Rien n’existe en dehors de moi. La peur cesse, et alors seulement vient le bonheur parfait et l’amour parfait. Cette sympathie universelle, cet amour universel, cette félicité universelle, qui ne changent jamais, élèvent l’homme au-dessus de tout. Ils n’entraînent aucune réaction, et aucune souffrance ne peut les atteindre ; mais ces petits plaisirs du monde, manger et boire, entraînent toujours une réaction. Tout cela a pour cause le dualisme, l’idée que je suis séparé de l’univers, séparé de dieu. Mais dès que nous avons réalisé que « Je suis lui, je suis le Soi de l’univers, je suis éternellement bienheureux, éternellement libre », alors viendra le véritable amour, la peur disparaîtra et toute souffrance cessera.
Nous voyons que la peur naît de l’idée qu’il y a deux choses dans l’univers. Nous avons toujours entendu prêcher : « Aimez-vous les uns les autres. » Pourquoi ? Cette doctrine a été prêchée, mais en voici l’explication. Pourquoi devrais-je aimer tout le monde ? Parce qu’eux et moi ne faisons qu’un. Pourquoi devrais-je aimer mon frère ? Parce que lui et moi ne faisons qu’un. Il y a cette unité, cette solidarité de l’univers entier. Du ver le plus infime qui rampe sous nos pieds aux êtres les plus élevés qui aient jamais vécu, tous ont des corps différents, mais sont une seule et même Âme. Par toutes les bouches, vous mangez ; par toutes les mains, vous travaillez ; par tous les yeux, vous voyez. Vous jouissez de la santé dans des millions de corps et souffrez de la maladie dans des millions de corps. Quand cette idée nous vient, que nous la réalisons, la voyons, la ressentons, alors la souffrance cessera, et la peur avec elle. Comment pourrais-je mourir ? Rien n’existe en dehors de moi. La peur cesse, et alors seulement vient le bonheur parfait et l’amour parfait. Cette sympathie universelle, cet amour universel, cette félicité universelle, qui ne changent jamais, élèvent l’homme au-dessus de tout. Ils n’entraînent aucune réaction, et aucune souffrance ne peut les atteindre ; mais ces petits plaisirs du monde, manger et boire, entraînent toujours une réaction. Tout cela a pour cause le dualisme, l’idée que je suis séparé de l’univers, séparé de dieu. Mais dès que nous avons réalisé que « Je suis lui, je suis le Soi de l’univers, je suis éternellement bienheureux, éternellement libre », alors viendra le véritable amour, la peur disparaîtra et toute souffrance cessera.