Il est difficile de traverser cette mer du monde, nous ne pouvons la franchir ; nous avons dérivé au loin, nous ne pouvons atteindre l’autre rive. Nous ne saurions compter, ô généreux, le cycle des renaissances que nous avons connu. Nous sommes tombés dans un tourbillon qui nous a entraînés au fond de ses vastes remous. Nous avons grandi, mais notre intellect est vide ; il a erré au loin et ne sait où il se trouve. Si je laisse passer cette heure, comment pourrai-je m’en enquérir de nouveau ? En d’innombrables naissances, j’ai connu les plaisirs, la nourriture, le sommeil et les voluptés des sens ; oui, dans l’enfance, la jeunesse et la vieillesse, le plaisir règne en maître sur tout. J’ai traversé ces contrées et voyagé jusqu’ici ; j’ai erré çà et là. À présent, je t’en prie, dénoue ce nœud, avec une force pareille à celle du jour qui se lève. Je quitterai ce chemin du monde, las de m’y être rendu tant de fois. J’en étais venu à croire que tout était vrai ; je suis tombé dans la souillure, dit Tuka.
Hindouisme
Tukaram, Poème 360
Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire