Hindouisme

Tukaram, Poème 323

Le monde m’a tourmenté ; j’ai séjourné
dans le ventre de ma mère ; je dois franchir la porte
du ventre huit millions de fois ; je nais
mendiant dans le besoin ; ma vie s’écoule sous le pouvoir
d’un étranger ; je suis étroitement pris dans les mailles de mon passé ;
l’influence fatale du passé continue de m’accompagner,
elle déploie sa puissance et m’emporte dans son tourbillon. Mon
ventre est vide ; je ne trouve jamais le repos ; je n’ai
ni chemin ni demeure ni village où me fixer. Je n’ai pas le pouvoir,
ô Dieu, de mettre fin à mes errances ; mon âme danse
comme du riz qui grille dans une poêle. Des âges ont passé
dans cette vaine peine ; j’ignore combien d’autres
m’attendent encore. Je ne peux achever mon parcours, car il recommence ;
ainsi, seule la fin du monde peut me libérer.
Qui mettra fin à ma souffrance ? Qui
prendra mon fardeau sur lui ? Ton nom
me fera traverser l’océan du monde ; tu cours
au secours des affligés. À présent, cours vers moi, ô
Narayana, moi qui suis pauvre et misérable ; ne considère
ni mes mérites ni mes fautes ; Tuka implore
ta miséricorde.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire