Hindouisme

Tukaram, Poème 211

Maudite soit cette connaissance qui me rend un avec toi ; j’aime recevoir de Toi des préceptes et des interdictions. Je suis ton serviteur ; tu es mon maître ; qu’il y ait toujours entre nous cette différence de rang ; que cette merveilleuse vérité soit établie, ne la détruis pas. L’eau ne peut goûter sa propre saveur, ni les arbres goûter leurs propres fruits : l’adorateur doit être distinct, car c’est ainsi seulement que le plaisir naît de la différence. Le diamant est beau dans sa monture ; l’or, lorsqu’il est façonné en ornement ; s’il n’y avait aucune différence, comment pourrais-tu opposer l’un à l’autre ? Après la chaleur, on goûte l’ombre ; à la vue de son enfant, le lait monte au sein de la mère — quel bonheur lorsqu’ils se retrouvent ! Tuka dit : Voilà un grand bienfait acquis, et c’est ainsi que je le considère ; je suis pleinement résolu à ne plus désirer la libération.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire