Il existe aujourd’hui dans le monde trois religions qui nous sont parvenues depuis les temps préhistoriques : l’hindouisme, le zoroastrisme et le judaïsme. Toutes ont subi de terribles secousses et prouvent, par leur survie, leur force intérieure. Mais tandis que le judaïsme ne parvint pas à absorber le christianisme et fut chassé de son lieu de naissance par sa fille, qui conquit tout, et qu’une poignée de Parsis est tout ce qui subsiste pour témoigner de la grandeur de leur religion, secte après secte vit le jour en Inde et sembla ébranler jusque dans ses fondements la religion des Védas ; mais, comme les eaux du rivage lors d’un terrible tremblement de terre, elle ne se retira que pour un temps, avant de revenir en un flot qui absorba tout, mille fois plus vigoureux, et, lorsque le tumulte de cette ruée fut passé, ces sectes furent toutes entraînées, absorbées et assimilées dans l’immense corps de la foi mère.
Des élans spirituels les plus élevés de la philosophie du Vedānta, dont les découvertes les plus récentes de la science semblent être des échos, aux conceptions les plus basses de l’idolâtrie et de sa mythologie foisonnante, en passant par l’agnosticisme des bouddhistes et l’athéisme des jaïns, chacun de ces courants trouve sa place dans la religion de l’hindou.
Où donc, se pose alors la question, se trouve le centre commun vers lequel convergent tous ces rayons qui divergent si largement ? Quelle est la base commune sur laquelle reposent toutes ces contradictions en apparence irréconciliables ? Voilà la question à laquelle je vais tenter de répondre.
Des élans spirituels les plus élevés de la philosophie du Vedānta, dont les découvertes les plus récentes de la science semblent être des échos, aux conceptions les plus basses de l’idolâtrie et de sa mythologie foisonnante, en passant par l’agnosticisme des bouddhistes et l’athéisme des jaïns, chacun de ces courants trouve sa place dans la religion de l’hindou.
Où donc, se pose alors la question, se trouve le centre commun vers lequel convergent tous ces rayons qui divergent si largement ? Quelle est la base commune sur laquelle reposent toutes ces contradictions en apparence irréconciliables ? Voilà la question à laquelle je vais tenter de répondre.
Les Hindous ont reçu leur religion par la révélation, les Vedas. Ils tiennent les Vedas pour sans commencement ni fin. Il peut sembler absurde à cet auditoire qu’un livre puisse être sans commencement ni fin. Mais par les Vedas, on n’entend aucun livre. On entend l’accumulation des lois spirituelles découvertes par différentes personnes à différentes époques. De même que la loi de la gravitation existait avant sa découverte et existerait encore si toute l’humanité l’oubliait, il en va ainsi des lois qui régissent le monde spirituel. Les relations morales, éthiques et spirituelles entre âme et âme, et entre les esprits individuels et le Père de tous les esprits, existaient avant qu’on les découvre et subsisteraient même si nous les oubliions.
Les découvreurs de ces lois sont appelés Rishis, et nous les honorons comme des êtres accomplis. Je suis heureux de dire à cet auditoire que certaines des plus grandes d’entre eux étaient des femmes. On pourrait dire ici que ces lois, en tant que lois, peuvent être sans fin, mais qu’elles doivent avoir eu un commencement. Les Vedas nous enseignent que la création est sans commencement ni fin. La science aurait prouvé que la somme totale de l’énergie cosmique est toujours la même. Alors, s’il fut un temps où rien n’existait, où se trouvait toute cette énergie manifestée ? Certains disent qu’elle existait à l’état potentiel en Dieu. Dans ce cas, Dieu serait tantôt potentiel, tantôt cinétique, ce qui Le rendrait changeant. Tout ce qui est changeant est un composé, et tout composé doit subir ce changement qu’on appelle destruction. Dieu mourrait donc, ce qui est absurde. Il n’y eut donc jamais de temps où la création n’existait pas.
Les découvreurs de ces lois sont appelés Rishis, et nous les honorons comme des êtres accomplis. Je suis heureux de dire à cet auditoire que certaines des plus grandes d’entre eux étaient des femmes. On pourrait dire ici que ces lois, en tant que lois, peuvent être sans fin, mais qu’elles doivent avoir eu un commencement. Les Vedas nous enseignent que la création est sans commencement ni fin. La science aurait prouvé que la somme totale de l’énergie cosmique est toujours la même. Alors, s’il fut un temps où rien n’existait, où se trouvait toute cette énergie manifestée ? Certains disent qu’elle existait à l’état potentiel en Dieu. Dans ce cas, Dieu serait tantôt potentiel, tantôt cinétique, ce qui Le rendrait changeant. Tout ce qui est changeant est un composé, et tout composé doit subir ce changement qu’on appelle destruction. Dieu mourrait donc, ce qui est absurde. Il n’y eut donc jamais de temps où la création n’existait pas.
Si vous me permettez une comparaison, la création et le créateur sont deux lignes parallèles, sans commencement ni fin. Dieu est la providence toujours active, par la puissance de qui des systèmes après des systèmes émergent du chaos, fonctionnent pendant un temps, puis sont de nouveau détruits. C’est ce que le jeune Brâhmane répète chaque jour : « Le soleil et la lune, le Seigneur les a créés à l’image des soleils et des lunes des cycles précédents. » Et cela concorde avec la science moderne.
Me voici debout ; si je ferme les yeux et essaie de concevoir mon existence, « moi », « moi », « moi », quelle idée se présente à moi ? L’idée d’un corps. Ne suis-je donc rien d’autre qu’un assemblage de substances matérielles ? Les Védas déclarent : « Non. » Je suis un esprit qui vit dans un corps. Je ne suis pas le corps. Le corps mourra, mais moi, je ne mourrai pas. Me voici dans ce corps ; il tombera, mais je continuerai à vivre. J’ai aussi eu un passé. L’âme n’a pas été créée, car la création signifie un assemblage, lequel implique une dissolution future. Si donc l’âme a été créée, elle doit mourir. Certains naissent heureux, jouissent d’une santé parfaite, ont un beau corps, une grande vigueur mentale et tous leurs besoins satisfaits. D’autres naissent misérables ; certains sont privés de mains ou de pieds, d’autres encore sont idiots et ne font que traîner une existence lamentable. Pourquoi, s’ils sont tous créés, un Dieu juste et miséricordieux crée-t-il l’un heureux et l’autre malheureux ? Pourquoi est-il si partial ? Et il n’arrangerait rien du tout d’affirmer que ceux qui sont malheureux dans cette vie seront heureux dans une vie future. Pourquoi un homme devrait-il être malheureux, même ici, sous le règne d’un Dieu juste et miséricordieux ?
Me voici debout ; si je ferme les yeux et essaie de concevoir mon existence, « moi », « moi », « moi », quelle idée se présente à moi ? L’idée d’un corps. Ne suis-je donc rien d’autre qu’un assemblage de substances matérielles ? Les Védas déclarent : « Non. » Je suis un esprit qui vit dans un corps. Je ne suis pas le corps. Le corps mourra, mais moi, je ne mourrai pas. Me voici dans ce corps ; il tombera, mais je continuerai à vivre. J’ai aussi eu un passé. L’âme n’a pas été créée, car la création signifie un assemblage, lequel implique une dissolution future. Si donc l’âme a été créée, elle doit mourir. Certains naissent heureux, jouissent d’une santé parfaite, ont un beau corps, une grande vigueur mentale et tous leurs besoins satisfaits. D’autres naissent misérables ; certains sont privés de mains ou de pieds, d’autres encore sont idiots et ne font que traîner une existence lamentable. Pourquoi, s’ils sont tous créés, un Dieu juste et miséricordieux crée-t-il l’un heureux et l’autre malheureux ? Pourquoi est-il si partial ? Et il n’arrangerait rien du tout d’affirmer que ceux qui sont malheureux dans cette vie seront heureux dans une vie future. Pourquoi un homme devrait-il être malheureux, même ici, sous le règne d’un Dieu juste et miséricordieux ?
En second lieu, l’idée d’un Dieu créateur n’explique pas cette anomalie, mais exprime simplement le cruel décret d’un être tout-puissant. Il a donc dû y avoir des causes antérieures à sa naissance pour rendre un homme malheureux ou heureux, et ces causes étaient ses actions passées.
Toutes les tendances du mental et du corps ne s’expliquent-elles pas par des aptitudes héritées ? Nous avons ici deux lignes d’existence parallèles — l’une relevant du mental, l’autre de la matière. Si la matière et ses transformations rendent compte de tout ce que nous sommes, il n’est pas nécessaire de supposer l’existence d’une âme. Mais il est impossible de prouver que la pensée a évolué à partir de la matière ; et si un monisme philosophique est inévitable, le monisme spirituel est assurément logique et non moins souhaitable qu’un monisme matérialiste ; mais aucun des deux n’est nécessaire ici.
Nous ne pouvons nier que les corps acquièrent certaines tendances par l’hérédité, mais ces tendances ne désignent que la configuration physique, à travers laquelle seul un mental particulier peut agir d’une manière particulière. Il existe d’autres tendances propres à une âme, causées par ses actions passées. Et une âme dotée d’une certaine tendance naîtrait, par les lois de l’affinité, dans un corps qui serait l’instrument le mieux adapté à la manifestation de cette tendance. Cela concorde avec la science, car la science veut tout expliquer par l’habitude, et l’habitude s’acquiert par la répétition. Les répétitions sont donc nécessaires pour expliquer les habitudes naturelles d’une âme nouvelle-née. Et puisqu’elles ne se sont pas formées dans cette vie présente, elles doivent provenir de vies antérieures.
Toutes les tendances du mental et du corps ne s’expliquent-elles pas par des aptitudes héritées ? Nous avons ici deux lignes d’existence parallèles — l’une relevant du mental, l’autre de la matière. Si la matière et ses transformations rendent compte de tout ce que nous sommes, il n’est pas nécessaire de supposer l’existence d’une âme. Mais il est impossible de prouver que la pensée a évolué à partir de la matière ; et si un monisme philosophique est inévitable, le monisme spirituel est assurément logique et non moins souhaitable qu’un monisme matérialiste ; mais aucun des deux n’est nécessaire ici.
Nous ne pouvons nier que les corps acquièrent certaines tendances par l’hérédité, mais ces tendances ne désignent que la configuration physique, à travers laquelle seul un mental particulier peut agir d’une manière particulière. Il existe d’autres tendances propres à une âme, causées par ses actions passées. Et une âme dotée d’une certaine tendance naîtrait, par les lois de l’affinité, dans un corps qui serait l’instrument le mieux adapté à la manifestation de cette tendance. Cela concorde avec la science, car la science veut tout expliquer par l’habitude, et l’habitude s’acquiert par la répétition. Les répétitions sont donc nécessaires pour expliquer les habitudes naturelles d’une âme nouvelle-née. Et puisqu’elles ne se sont pas formées dans cette vie présente, elles doivent provenir de vies antérieures.
Il y a une autre objection. Tout cela étant admis, comment se fait-il que je ne me souvienne de rien de ma vie passée ? Cela s’explique facilement. Je parle maintenant anglais. Ce n’est pas ma langue maternelle ; en fait, aucun mot de ma langue maternelle ne se présente actuellement à ma conscience. Mais que j’essaie de les faire ressurgir, et ils affluent. Cela montre que la conscience n’est que la surface de l’océan du mental, et que toutes nos expériences sont conservées dans ses profondeurs. Essayez et faites l’effort : elles remonteront, et vous aurez conscience même de votre vie passée.
C’est une preuve directe et démonstrative. La vérification est la preuve parfaite d’une théorie, et voici le défi que les Rishis lancent au monde. Nous avons découvert le secret qui permet d’agiter les profondeurs mêmes de l’océan de la mémoire : essayez, et vous retrouverez intégralement le souvenir de votre vie passée.
Ainsi, l’Hindou croit qu’il est un esprit. L’épée ne peut le transpercer, le feu ne peut le brûler, l’eau ne peut le mouiller, l’air ne peut le dessécher. L’Hindou croit que chaque âme est un cercle dont la circonférence est nulle part, mais dont le centre se trouve dans le corps, et que la mort signifie le déplacement de ce centre d’un corps à un autre. L’âme n’est pas non plus assujettie aux conditions de la matière. Dans son essence même, elle est libre, sans limites, sainte, pure et parfaite. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle se trouve liée à la matière et se croit matière.
C’est une preuve directe et démonstrative. La vérification est la preuve parfaite d’une théorie, et voici le défi que les Rishis lancent au monde. Nous avons découvert le secret qui permet d’agiter les profondeurs mêmes de l’océan de la mémoire : essayez, et vous retrouverez intégralement le souvenir de votre vie passée.
Ainsi, l’Hindou croit qu’il est un esprit. L’épée ne peut le transpercer, le feu ne peut le brûler, l’eau ne peut le mouiller, l’air ne peut le dessécher. L’Hindou croit que chaque âme est un cercle dont la circonférence est nulle part, mais dont le centre se trouve dans le corps, et que la mort signifie le déplacement de ce centre d’un corps à un autre. L’âme n’est pas non plus assujettie aux conditions de la matière. Dans son essence même, elle est libre, sans limites, sainte, pure et parfaite. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle se trouve liée à la matière et se croit matière.
Pourquoi l’être libre, parfait et pur serait-il ainsi sous l’emprise de la matière ? Voilà la question suivante. Comment l’âme parfaite peut-elle être leurrée au point de croire qu’elle est imparfaite ? On nous a dit que les Hindous éludent la question et prétendent qu’une telle question ne saurait se poser. Certains penseurs cherchent à y répondre en postulant un ou plusieurs êtres quasi parfaits, et font appel à de grands noms scientifiques pour combler la lacune. Mais nommer n’est pas expliquer. La question reste la même. Comment le parfait peut-il devenir quasi parfait ? Comment le pur, l’absolu, peut-il modifier ne serait-ce qu’une particule microscopique de sa nature ? Mais l’Hindou est sincère. Il ne veut pas se réfugier derrière des sophismes. Il est assez courageux pour affronter la question avec dignité ; et sa réponse est : « Je ne sais pas. Je ne sais pas comment l’être parfait, l’âme, en est venu à se croire imparfait, uni à la matière et conditionné par elle. » Le fait n’en reste pas moins un fait. C’est un fait, dans la conscience de chacun, que l’on se croit soi-même le corps. L’Hindou ne cherche pas à expliquer pourquoi l’on se croit être le corps. Répondre que c’est la volonté de Dieu n’est pas une explication. Cela revient simplement à dire, comme le fait l’Hindou : « Je ne sais pas. »
Eh bien donc, l’âme humaine est éternelle et immortelle, parfaite et infinie, et la mort ne signifie qu’un déplacement du centre d’un corps à un autre. Le présent est déterminé par nos actions passées, et l’avenir par le présent. L’âme continuera d’évoluer vers le haut ou de régresser, de naissance en naissance et de mort en mort. Mais voici une autre question : l’homme est-il une petite barque dans la tempête, hissée un instant sur la crête écumante d’une vague, puis précipitée dans l’abîme béant l’instant d’après, ballottée au gré des bonnes et des mauvaises actions — épave impuissante et désemparée, emportée par un courant de causes et d’effets qui fait rage et se précipite sans jamais fléchir ; un petit papillon de nuit placé sous la roue de la causalité, qui avance en écrasant tout sur son passage et ne s’arrête pas aux larmes de la veuve ni aux cris de l’orphelin ? Le cœur se serre à cette idée, et pourtant telle est la loi de la Nature. N’y a-t-il aucun espoir ? N’y a-t-il aucune échappatoire ? — tel fut le cri qui monta du fond d’un cœur désespéré. Il parvint au trône de la miséricorde, et des paroles d’espoir et de réconfort descendirent, inspirant un sage védique, qui se leva devant le monde et proclama à pleine voix cette heureuse nouvelle : « Écoutez, enfants de la béatitude immortelle ! Vous aussi qui résidez dans les sphères supérieures ! J’ai trouvé l’Ancien, qui est au-delà de toute obscurité, de toute illusion : en ne connaissant que Lui, vous échapperez à la mort, encore et encore. » « Enfants de la béatitude immortelle » — quel nom doux, quel nom plein d’espoir ! Permettez-moi de vous appeler, frères, de ce doux nom — héritiers de la béatitude immortelle — oui, l’Hindou refuse de vous appeler pécheurs. Vous êtes les enfants de Dieu, les participants à la béatitude immortelle, des êtres saints et parfaits. Vous, divinités sur terre — pécheurs ! C’est un péché que d’appeler ainsi un homme ; c’est une calomnie permanente contre la nature humaine. Levez-vous, ô lions, et secouez l’illusion qui vous fait croire que vous êtes des moutons ; vous êtes des âmes immortelles, des esprits libres, bienheureux et éternels ; vous n’êtes pas la matière, vous n’êtes pas des corps ; la matière est votre servante, vous n’êtes pas les serviteurs de la matière.
Ainsi, les Vedas ne proclament pas une effroyable combinaison de lois implacables, ni une prison sans fin de cause et d’effet, mais qu’à la tête de toutes ces lois, dans et à travers chaque particule de matière et de force, se tient l’Un « sur l’ordre de qui le vent souffle, le feu brûle, les nuages déversent la pluie et la mort rôde sur la terre ».
Quelle est Sa nature ?
Il est partout, l’Un pur et sans forme, le Tout-Puissant et le Tout-Miséricordieux. « Tu es notre père, Tu es notre mère, Tu es notre ami bien-aimé, Tu es la source de toute force ; donne-nous la force. Tu es Celui qui porte le fardeau de l’univers ; aide-moi à porter le petit fardeau de cette vie. » Ainsi chantaient les Rishis des Vedas. Et comment L’adorer ? Par l’amour. « Il faut L’adorer comme l’unique Bien-aimé, plus cher que tout en cette vie et dans la prochaine. »
Telle est la doctrine de l’amour proclamée dans les Vedas ; voyons comment Krishna, que les Hindous croient être Dieu incarné sur terre, la développe pleinement et l’enseigne.
Il enseigna qu’un homme doit vivre dans ce monde comme une feuille de lotus, qui pousse dans l’eau sans jamais être mouillée par elle ; ainsi, un homme doit vivre dans le monde, le cœur tourné vers Dieu et les mains à l’œuvre.
Quelle est Sa nature ?
Il est partout, l’Un pur et sans forme, le Tout-Puissant et le Tout-Miséricordieux. « Tu es notre père, Tu es notre mère, Tu es notre ami bien-aimé, Tu es la source de toute force ; donne-nous la force. Tu es Celui qui porte le fardeau de l’univers ; aide-moi à porter le petit fardeau de cette vie. » Ainsi chantaient les Rishis des Vedas. Et comment L’adorer ? Par l’amour. « Il faut L’adorer comme l’unique Bien-aimé, plus cher que tout en cette vie et dans la prochaine. »
Telle est la doctrine de l’amour proclamée dans les Vedas ; voyons comment Krishna, que les Hindous croient être Dieu incarné sur terre, la développe pleinement et l’enseigne.
Il enseigna qu’un homme doit vivre dans ce monde comme une feuille de lotus, qui pousse dans l’eau sans jamais être mouillée par elle ; ainsi, un homme doit vivre dans le monde, le cœur tourné vers Dieu et les mains à l’œuvre.
Il est bon d’aimer Dieu dans l’espoir d’une récompense en ce monde ou dans l’autre, mais il est préférable de L’aimer pour l’amour même, et la prière dit : « Seigneur, je ne désire ni richesse, ni enfants, ni savoir. S’il est de Ta volonté que j’aille de naissance en naissance, qu’il en soit ainsi, mais accorde-moi ceci : que je puisse T’aimer sans espoir de récompense — aimer de manière désintéressée, pour l’amour même. » L’un des disciples de Krishna, alors empereur de l’Inde, fut chassé de son royaume par ses ennemis et dut se réfugier avec sa reine dans une forêt de l’Himalaya. Un jour, la reine lui demanda comment il se faisait que lui, le plus vertueux des hommes, souffrît tant de misères. Yudhishthira répondit : « Regarde, ma reine, l’Himalaya : comme il est majestueux et beau ! Je l’aime. Il ne me donne rien, mais ma nature est d’aimer ce qui est majestueux et beau ; c’est pourquoi je l’aime. De même, j’aime le Seigneur. Il est la source de toute beauté, de toute grandeur. Il est le seul objet digne d’être aimé ; ma nature est de L’aimer, et c’est pourquoi je L’aime. Je ne prie pour rien ; je ne demande rien. Qu’Il me place où bon Lui semble. Je dois L’aimer pour l’amour même. Je ne peux pas faire commerce de l’amour. »
Les Védas enseignent que l’âme est divine, mais retenue dans l’asservissement de la matière ; la perfection sera atteinte lorsque ce lien se rompra, et le mot qu’ils emploient pour la désigner est donc Mukti — la liberté, la liberté à l’égard des chaînes de l’imperfection, la liberté à l’égard de la mort et de la souffrance.
Cet asservissement ne peut se défaire que par la grâce de Dieu, et cette grâce vient aux êtres purs. La pureté est donc la condition de sa grâce. Comment cette grâce agit-elle ? Il se révèle au cœur pur ; les êtres purs et sans tache voient Dieu, oui, même dans cette vie ; alors, et alors seulement, toute la tortuosité du cœur se redresse. Tous les doutes cessent alors. Il n’est plus le jouet d’une terrible loi de causalité. Voilà le centre même, la conception vitale même de l’hindouisme. L’Hindou ne veut pas vivre de mots et de théories. S’il existe des réalités au-delà de l’existence ordinaire des sens, il veut les rencontrer face à face. S’il y a en lui une âme qui n’est pas matière, s’il existe une Âme universelle et infiniment miséricordieuse, il ira directement à elle. Il doit la voir, et cela seul peut détruire tous les doutes. Ainsi, la meilleure preuve qu’un sage hindou donne au sujet de l’âme et de Dieu est : « J’ai vu l’âme ; j’ai vu Dieu. » Et c’est là l’unique condition de la perfection. La religion hindoue ne consiste pas à lutter et à s’efforcer de croire à une doctrine ou à un dogme, mais à réaliser — non pas à croire, mais à être et à devenir.
Cet asservissement ne peut se défaire que par la grâce de Dieu, et cette grâce vient aux êtres purs. La pureté est donc la condition de sa grâce. Comment cette grâce agit-elle ? Il se révèle au cœur pur ; les êtres purs et sans tache voient Dieu, oui, même dans cette vie ; alors, et alors seulement, toute la tortuosité du cœur se redresse. Tous les doutes cessent alors. Il n’est plus le jouet d’une terrible loi de causalité. Voilà le centre même, la conception vitale même de l’hindouisme. L’Hindou ne veut pas vivre de mots et de théories. S’il existe des réalités au-delà de l’existence ordinaire des sens, il veut les rencontrer face à face. S’il y a en lui une âme qui n’est pas matière, s’il existe une Âme universelle et infiniment miséricordieuse, il ira directement à elle. Il doit la voir, et cela seul peut détruire tous les doutes. Ainsi, la meilleure preuve qu’un sage hindou donne au sujet de l’âme et de Dieu est : « J’ai vu l’âme ; j’ai vu Dieu. » Et c’est là l’unique condition de la perfection. La religion hindoue ne consiste pas à lutter et à s’efforcer de croire à une doctrine ou à un dogme, mais à réaliser — non pas à croire, mais à être et à devenir.
Ainsi, le but entier de leur système est de s’efforcer constamment de devenir parfait, de devenir divin, d’atteindre Dieu et de voir Dieu ; atteindre Dieu, voir Dieu, devenir parfait comme le Père céleste est parfait, voilà ce qui constitue la religion des hindous.
Et qu’advient-il d’un homme lorsqu’il atteint la perfection ? Il mène une vie de félicité infinie. Il jouit d’une félicité infinie et parfaite, ayant obtenu la seule chose dont l’homme doit tirer du plaisir, à savoir Dieu, et il jouit de cette félicité avec Dieu.
Jusque-là, tous les hindous sont d’accord. C’est la religion commune à toutes les sectes de l’Inde ; mais la perfection est absolue, et l’absolu ne peut être ni deux ni trois. Il ne peut avoir aucune qualité. Il ne peut être un individu. Ainsi, lorsqu’une âme devient parfaite et absolue, elle doit devenir une avec Brahman, et elle ne ferait que reconnaître le Seigneur comme la perfection, la réalité de sa propre nature et de son existence : l’existence absolue, la connaissance absolue et la félicité absolue. Nous avons souvent lu que cela était appelé la perte de l’individualité et le fait de devenir une bûche ou une pierre.
« Il se moque des cicatrices, lui qui n’a jamais connu de blessure. »
Je vous le dis, il n’en est rien. S’il est heureux de jouir de la conscience de ce petit corps, il doit être plus heureux encore de jouir de la conscience de deux corps ; la mesure du bonheur augmente avec la conscience d’un nombre croissant de corps, et le bonheur atteint son but ultime lorsqu’il devient une conscience universelle.
Et qu’advient-il d’un homme lorsqu’il atteint la perfection ? Il mène une vie de félicité infinie. Il jouit d’une félicité infinie et parfaite, ayant obtenu la seule chose dont l’homme doit tirer du plaisir, à savoir Dieu, et il jouit de cette félicité avec Dieu.
Jusque-là, tous les hindous sont d’accord. C’est la religion commune à toutes les sectes de l’Inde ; mais la perfection est absolue, et l’absolu ne peut être ni deux ni trois. Il ne peut avoir aucune qualité. Il ne peut être un individu. Ainsi, lorsqu’une âme devient parfaite et absolue, elle doit devenir une avec Brahman, et elle ne ferait que reconnaître le Seigneur comme la perfection, la réalité de sa propre nature et de son existence : l’existence absolue, la connaissance absolue et la félicité absolue. Nous avons souvent lu que cela était appelé la perte de l’individualité et le fait de devenir une bûche ou une pierre.
« Il se moque des cicatrices, lui qui n’a jamais connu de blessure. »
Je vous le dis, il n’en est rien. S’il est heureux de jouir de la conscience de ce petit corps, il doit être plus heureux encore de jouir de la conscience de deux corps ; la mesure du bonheur augmente avec la conscience d’un nombre croissant de corps, et le bonheur atteint son but ultime lorsqu’il devient une conscience universelle.
Par conséquent, pour atteindre cette individualité universelle infinie, cette misérable petite individualité-prison doit disparaître. Alors seulement la mort peut cesser lorsque je ne fais plus qu’un avec la vie ; alors seulement la souffrance peut cesser lorsque je ne fais plus qu’un avec le bonheur lui-même ; alors seulement toutes les erreurs peuvent cesser lorsque je ne fais plus qu’un avec la connaissance elle-même ; telle est la conclusion scientifique nécessaire. La science m’a prouvé que l’individualité physique est une illusion, que mon corps n’est en réalité qu’un petit corps en changement continuel, au sein d’un océan ininterrompu de matière ; et l’Advaita (l’unité) est la conclusion nécessaire concernant mon autre contrepartie, l’âme.
La science n’est rien d’autre que la découverte de l’unité. Dès que la science atteindrait l’unité parfaite, elle cesserait de progresser, car elle aurait atteint son but. Ainsi, la chimie ne pourrait aller plus loin lorsqu’elle aurait découvert un élément à partir duquel tous les autres pourraient être constitués. La physique s’arrêterait lorsqu’elle serait parvenue à découvrir une énergie dont toutes les autres ne sont que des manifestations, et la science de la religion deviendrait parfaite lorsqu’elle découvrirait Celui qui est l’unique vie dans un univers de mort, Celui qui est le fondement constant d’un monde en perpétuel changement, Celui qui est l’unique Âme dont toutes les âmes ne sont que des manifestations illusoires. C’est ainsi, par la multiplicité et la dualité, que l’on atteint l’unité ultime. La religion ne peut aller plus loin. Tel est le but de toute science.
La science n’est rien d’autre que la découverte de l’unité. Dès que la science atteindrait l’unité parfaite, elle cesserait de progresser, car elle aurait atteint son but. Ainsi, la chimie ne pourrait aller plus loin lorsqu’elle aurait découvert un élément à partir duquel tous les autres pourraient être constitués. La physique s’arrêterait lorsqu’elle serait parvenue à découvrir une énergie dont toutes les autres ne sont que des manifestations, et la science de la religion deviendrait parfaite lorsqu’elle découvrirait Celui qui est l’unique vie dans un univers de mort, Celui qui est le fondement constant d’un monde en perpétuel changement, Celui qui est l’unique Âme dont toutes les âmes ne sont que des manifestations illusoires. C’est ainsi, par la multiplicité et la dualité, que l’on atteint l’unité ultime. La religion ne peut aller plus loin. Tel est le but de toute science.
Toute science est vouée, à terme, à aboutir à cette conclusion. Aujourd’hui, le mot de la science est « manifestation », et non « création », et l’Hindou se réjouit simplement que ce qu’il chérit en son cœur depuis des siècles soit enseigné dans un langage plus convaincant, éclairé en outre par les dernières conclusions de la science.
Quittons maintenant les aspirations de la philosophie pour aborder la religion des ignorants. D’emblée, je puis vous dire qu’il n’y a pas de polythéisme en Inde. Dans n’importe quel temple, si l’on s’arrête pour écouter, on trouvera les fidèles attribuant aux images tous les attributs de Dieu, y compris l’omniprésence. Ce n’est pas du polythéisme, et le terme d’hénothéisme n’expliquerait pas non plus la situation. « Une rose, quel que soit le nom qu’on lui donne, exhalera le même parfum. » Les noms ne sont pas des explications.
Je me souviens d’avoir entendu, enfant, un missionnaire chrétien prêcher à une foule en Inde. Parmi les aimables propos qu’il leur tenait, il leur disait que, s’il frappait leur idole de son bâton, que pourrait-elle faire ? L’un de ses auditeurs lui répondit sèchement : « Si j’insulte votre Dieu, que peut-Il faire ? » « Vous serez puni après votre mort », dit le prédicateur. « Alors mon idole vous punira après votre mort », répliqua l’Hindou.
L’arbre se reconnaît à ses fruits. Quand j’ai vu, parmi ceux qu’on appelle idolâtres, des hommes tels que je n’en ai jamais rencontré ailleurs, ni par leur moralité, ni par leur spiritualité, ni par leur amour, je m’arrête et je me demande : « Le péché peut-il engendrer la sainteté ? »
Quittons maintenant les aspirations de la philosophie pour aborder la religion des ignorants. D’emblée, je puis vous dire qu’il n’y a pas de polythéisme en Inde. Dans n’importe quel temple, si l’on s’arrête pour écouter, on trouvera les fidèles attribuant aux images tous les attributs de Dieu, y compris l’omniprésence. Ce n’est pas du polythéisme, et le terme d’hénothéisme n’expliquerait pas non plus la situation. « Une rose, quel que soit le nom qu’on lui donne, exhalera le même parfum. » Les noms ne sont pas des explications.
Je me souviens d’avoir entendu, enfant, un missionnaire chrétien prêcher à une foule en Inde. Parmi les aimables propos qu’il leur tenait, il leur disait que, s’il frappait leur idole de son bâton, que pourrait-elle faire ? L’un de ses auditeurs lui répondit sèchement : « Si j’insulte votre Dieu, que peut-Il faire ? » « Vous serez puni après votre mort », dit le prédicateur. « Alors mon idole vous punira après votre mort », répliqua l’Hindou.
L’arbre se reconnaît à ses fruits. Quand j’ai vu, parmi ceux qu’on appelle idolâtres, des hommes tels que je n’en ai jamais rencontré ailleurs, ni par leur moralité, ni par leur spiritualité, ni par leur amour, je m’arrête et je me demande : « Le péché peut-il engendrer la sainteté ? »
La superstition est un grand ennemi de l’homme, mais le fanatisme est pire. Pourquoi un chrétien va-t-il à l’église ? Pourquoi la croix est-elle sacrée ? Pourquoi le visage se tourne-t-il vers le ciel dans la prière ? Pourquoi y a-t-il tant d’images dans l’Église catholique ? Pourquoi les protestants ont-ils tant d’images dans le mental lorsqu’ils prient ? Mes frères, nous ne pouvons pas davantage penser à quoi que ce soit sans image mentale que vivre sans respirer. Selon la loi d’association, l’image matérielle évoque l’idée mentale, et inversement. Voilà pourquoi l’hindou emploie un symbole extérieur lorsqu’il adore. Il vous dira que cela l’aide à maintenir son mental fixé sur l’Être auquel il adresse sa prière. Il sait aussi bien que vous que l’image n’est pas Dieu, qu’elle n’est pas omniprésente. Après tout, que signifie l’omniprésence pour presque tout le monde ? Elle n’est qu’un mot, un symbole. Dieu a-t-il une superficie ? Si ce n’est pas le cas, lorsque nous répétons le mot « omniprésent », nous pensons au ciel immense ou à l’espace, et rien de plus.
Puisque nous constatons que, d’une manière ou d’une autre, les lois de notre constitution mentale nous obligent à associer nos idées d’infini à l’image du ciel bleu ou de la mer, nous associons naturellement notre idée de sainteté à l’image d’une église, d’une mosquée ou d’une croix. Les hindous ont associé l’idée de sainteté, de pureté, de vérité, d’omniprésence et d’autres idées semblables à diverses images et formes. Mais il y a cette différence : tandis que certains consacrent toute leur vie à leur idole qu’est l’église et ne s’élèvent jamais plus haut, parce que, pour eux, la religion consiste à donner intellectuellement leur assentiment à certaines doctrines et à faire du bien à leurs semblables, toute la religion de l’hindou est centrée sur la réalisation. L’homme doit devenir divin en réalisant le divin. Les idoles, les temples, les églises et les livres ne sont que les soutiens, les aides de son enfance spirituelle ; mais il doit progresser toujours davantage.
Puisque nous constatons que, d’une manière ou d’une autre, les lois de notre constitution mentale nous obligent à associer nos idées d’infini à l’image du ciel bleu ou de la mer, nous associons naturellement notre idée de sainteté à l’image d’une église, d’une mosquée ou d’une croix. Les hindous ont associé l’idée de sainteté, de pureté, de vérité, d’omniprésence et d’autres idées semblables à diverses images et formes. Mais il y a cette différence : tandis que certains consacrent toute leur vie à leur idole qu’est l’église et ne s’élèvent jamais plus haut, parce que, pour eux, la religion consiste à donner intellectuellement leur assentiment à certaines doctrines et à faire du bien à leurs semblables, toute la religion de l’hindou est centrée sur la réalisation. L’homme doit devenir divin en réalisant le divin. Les idoles, les temples, les églises et les livres ne sont que les soutiens, les aides de son enfance spirituelle ; mais il doit progresser toujours davantage.
Il ne doit s’arrêter nulle part. « Le culte extérieur, le culte matériel, disent les Écritures, est le stade le plus bas ; l’effort pour s’élever plus haut, la prière mentale, constitue le stade suivant, mais le stade le plus élevé est celui où le Seigneur a été réalisé. » Remarquez que le même homme sincère qui s’agenouille devant l’idole vous dit : « Le Soleil ne peut l’exprimer, ni la lune, ni les étoiles ; l’éclair ne peut l’exprimer, ni ce que nous appelons le feu ; c’est par Lui qu’ils brillent. » Mais il ne dénigre l’idole de personne et ne qualifie pas son culte de péché. Il y reconnaît une étape nécessaire de la vie. « L’enfant est le père de l’homme. » Serait-il juste qu’un vieil homme dise que l’enfance est un péché, ou que la jeunesse est un péché ?
Si un homme peut réaliser sa nature divine à l’aide d’une image, serait-il juste de qualifier cela de péché ? Même lorsqu’il a dépassé ce stade, il ne devrait pas le qualifier d’erreur. Pour l’hindou, l’homme ne passe pas de l’erreur à la vérité, mais de vérité en vérité, d’une vérité inférieure à une vérité supérieure. À ses yeux, toutes les religions, du fétichisme le plus élémentaire à l’absolutisme le plus élevé, représentent autant de tentatives de l’âme humaine pour saisir et réaliser l’Infini, chacune déterminée par les conditions de sa naissance et de son milieu, et chacune marquant une étape du progrès ; chaque âme est un jeune aigle qui s’élève toujours plus haut, gagnant toujours plus de force, jusqu’à atteindre le Soleil glorieux.
Si un homme peut réaliser sa nature divine à l’aide d’une image, serait-il juste de qualifier cela de péché ? Même lorsqu’il a dépassé ce stade, il ne devrait pas le qualifier d’erreur. Pour l’hindou, l’homme ne passe pas de l’erreur à la vérité, mais de vérité en vérité, d’une vérité inférieure à une vérité supérieure. À ses yeux, toutes les religions, du fétichisme le plus élémentaire à l’absolutisme le plus élevé, représentent autant de tentatives de l’âme humaine pour saisir et réaliser l’Infini, chacune déterminée par les conditions de sa naissance et de son milieu, et chacune marquant une étape du progrès ; chaque âme est un jeune aigle qui s’élève toujours plus haut, gagnant toujours plus de force, jusqu’à atteindre le Soleil glorieux.
L’unité dans la variété est le dessein de la nature, et l’Hindou l’a reconnu. Toute autre religion établit certains dogmes fixes et tente de contraindre la société à les adopter. Elle ne propose à la société qu’un seul vêtement, qui doit aller à Jacques, à Jean et à Henri, à tous de la même manière. S’il ne va ni à Jean ni à Henri, ceux-ci doivent rester sans vêtement pour couvrir leur corps. Les Hindous ont découvert que l’Absolu ne peut être réalisé, pensé ou énoncé qu’au moyen du relatif, et que les images, les croix et les croissants ne sont que des symboles — autant de supports où suspendre les idées spirituelles. Cette aide n’est pas nécessaire à tout le monde, mais ceux qui n’en ont pas besoin n’ont pas le droit de dire qu’elle est mauvaise. Elle n’est pas non plus obligatoire dans l’hindouisme.
Je dois vous dire une chose. L’idolâtrie en Inde n’a rien d’horrible. Elle n’est pas la mère des prostituées. Au contraire, elle est la tentative d’esprits peu développés pour saisir de hautes vérités spirituelles. Les Hindous ont leurs défauts, et il leur arrive de faire des exceptions ; mais remarquez ceci : ils sont toujours prêts à châtier leur propre corps, jamais à trancher la gorge de leurs voisins. Si le fanatique hindou se brûle sur le bûcher, il n’allume jamais le feu de l’Inquisition. Et même cela ne peut être imputé à sa religion, pas plus que l’on ne peut imputer à la chrétienté les bûchers des sorcières.
Je dois vous dire une chose. L’idolâtrie en Inde n’a rien d’horrible. Elle n’est pas la mère des prostituées. Au contraire, elle est la tentative d’esprits peu développés pour saisir de hautes vérités spirituelles. Les Hindous ont leurs défauts, et il leur arrive de faire des exceptions ; mais remarquez ceci : ils sont toujours prêts à châtier leur propre corps, jamais à trancher la gorge de leurs voisins. Si le fanatique hindou se brûle sur le bûcher, il n’allume jamais le feu de l’Inquisition. Et même cela ne peut être imputé à sa religion, pas plus que l’on ne peut imputer à la chrétienté les bûchers des sorcières.
Pour l’hindou, donc, le monde entier des religions n’est qu’un cheminement, une progression d’hommes et de femmes, à travers diverses conditions et circonstances, vers le même but. Chaque religion ne fait qu’élever un Dieu à partir de l’homme matériel, et ce même Dieu les inspire toutes. Pourquoi, alors, tant de contradictions ? Elles ne sont qu’apparentes, répond l’hindou. Les contradictions proviennent de la même vérité qui s’adapte aux circonstances variables de natures différentes.
C’est la même lumière qui traverse des verres de couleurs différentes. Et ces légères variations sont nécessaires pour permettre cette adaptation. Mais au cœur de toutes choses règne la même vérité. Le Seigneur a déclaré à l’hindou, dans Son incarnation en Krishna : « Je suis dans chaque religion comme le fil qui traverse un collier de perles. Partout où tu vois une sainteté extraordinaire et une puissance extraordinaire qui élèvent et purifient l’humanité, sache que Je suis là. » Et quel en a été le résultat ? Je mets le monde au défi de trouver, dans l’ensemble du système de la philosophie sanskrite, une quelconque affirmation selon laquelle seul l’hindou sera sauvé, et non les autres. Vyāsa dit : « Nous trouvons des hommes parfaits même au-delà des limites de notre caste et de notre croyance. » Encore une chose. Comment, alors, l’hindou, dont toute la pensée est centrée sur Dieu, peut-il croire au bouddhisme, qui est agnostique, ou au jaïnisme, qui est athée ?
C’est la même lumière qui traverse des verres de couleurs différentes. Et ces légères variations sont nécessaires pour permettre cette adaptation. Mais au cœur de toutes choses règne la même vérité. Le Seigneur a déclaré à l’hindou, dans Son incarnation en Krishna : « Je suis dans chaque religion comme le fil qui traverse un collier de perles. Partout où tu vois une sainteté extraordinaire et une puissance extraordinaire qui élèvent et purifient l’humanité, sache que Je suis là. » Et quel en a été le résultat ? Je mets le monde au défi de trouver, dans l’ensemble du système de la philosophie sanskrite, une quelconque affirmation selon laquelle seul l’hindou sera sauvé, et non les autres. Vyāsa dit : « Nous trouvons des hommes parfaits même au-delà des limites de notre caste et de notre croyance. » Encore une chose. Comment, alors, l’hindou, dont toute la pensée est centrée sur Dieu, peut-il croire au bouddhisme, qui est agnostique, ou au jaïnisme, qui est athée ?
Les bouddhistes ou les jaïns ne dépendent pas de Dieu ; mais toute la force de leur religion est dirigée vers la grande vérité centrale de toute religion : faire surgir un Dieu de l’être humain. Ils n’ont pas vu le Père, mais ils ont vu le Fils. Et celui qui a vu le Fils a aussi vu le Père.
Frères, voilà une brève esquisse des idées religieuses des hindous. L’hindou a peut-être échoué à réaliser tous ses projets, mais s’il doit un jour exister une religion universelle, ce devra être une religion qui n’aura de lieu ni dans l’espace ni dans le temps ; qui sera infinie comme le Dieu qu’elle prêchera, et dont le soleil brillera aussi bien sur les fidèles de Krishna et du Christ que sur les saints et les pécheurs ; qui ne sera ni brahmanique ni bouddhiste, ni chrétienne ni mahométane, mais la somme de toutes ces religions, tout en laissant un espace infini à son développement ; qui, dans son caractère universel, accueillera dans ses bras infinis et trouvera une place pour chaque être humain, depuis le sauvage le plus vil et le plus abject, à peine éloigné de la bête, jusqu’à l’homme le plus élevé, qui, par les vertus de son esprit et de son cœur, s’élève presque au-dessus de l’humanité, inspirant à la société une telle révérence qu’elle en vient à douter de sa nature humaine. Ce sera une religion qui ne fera aucune place à la persécution ni à l’intolérance dans son régime, qui reconnaîtra la divinité en chaque homme et chaque femme, et dont toute l’ambition, toute la force, consistera à aider l’humanité à réaliser sa véritable nature divine.
Frères, voilà une brève esquisse des idées religieuses des hindous. L’hindou a peut-être échoué à réaliser tous ses projets, mais s’il doit un jour exister une religion universelle, ce devra être une religion qui n’aura de lieu ni dans l’espace ni dans le temps ; qui sera infinie comme le Dieu qu’elle prêchera, et dont le soleil brillera aussi bien sur les fidèles de Krishna et du Christ que sur les saints et les pécheurs ; qui ne sera ni brahmanique ni bouddhiste, ni chrétienne ni mahométane, mais la somme de toutes ces religions, tout en laissant un espace infini à son développement ; qui, dans son caractère universel, accueillera dans ses bras infinis et trouvera une place pour chaque être humain, depuis le sauvage le plus vil et le plus abject, à peine éloigné de la bête, jusqu’à l’homme le plus élevé, qui, par les vertus de son esprit et de son cœur, s’élève presque au-dessus de l’humanité, inspirant à la société une telle révérence qu’elle en vient à douter de sa nature humaine. Ce sera une religion qui ne fera aucune place à la persécution ni à l’intolérance dans son régime, qui reconnaîtra la divinité en chaque homme et chaque femme, et dont toute l’ambition, toute la force, consistera à aider l’humanité à réaliser sa véritable nature divine.
Offrez une telle religion, et toutes les nations vous suivront. Le concile d’Aśoka était un concile de la foi bouddhique. Celui d’Akbar, bien qu’allant davantage dans ce sens, ne fut qu’une réunion de salon. Il revenait à l’Amérique de proclamer aux quatre coins du monde que le Seigneur est présent dans chaque religion.
Que Celui qui est le Brahman des hindous, l’Ahura-Mazda des zoroastriens, le Bouddha des bouddhistes, le Jéhovah des juifs, le Père céleste des chrétiens, vous donne la force de mettre en œuvre votre noble idée ! L’étoile s’est levée à l’Orient ; elle a poursuivi sa course vers l’Occident, tantôt voilée, tantôt éclatante, jusqu’à faire le tour du monde ; et maintenant, elle se lève de nouveau à l’horizon même de l’Orient, aux confins du Sanpo, mille fois plus éclatante qu’elle ne l’a jamais été.
Salut à toi, Columbia, patrie de la liberté ! Il t’a été donné, à toi qui n’as jamais trempé ta main dans le sang de ton voisin, qui n’as jamais découvert que le moyen le plus rapide de s’enrichir était de dépouiller ses voisins, il t’a été donné de marcher à l’avant-garde de la civilisation, portant l’étendard de l’harmonie.
Que Celui qui est le Brahman des hindous, l’Ahura-Mazda des zoroastriens, le Bouddha des bouddhistes, le Jéhovah des juifs, le Père céleste des chrétiens, vous donne la force de mettre en œuvre votre noble idée ! L’étoile s’est levée à l’Orient ; elle a poursuivi sa course vers l’Occident, tantôt voilée, tantôt éclatante, jusqu’à faire le tour du monde ; et maintenant, elle se lève de nouveau à l’horizon même de l’Orient, aux confins du Sanpo, mille fois plus éclatante qu’elle ne l’a jamais été.
Salut à toi, Columbia, patrie de la liberté ! Il t’a été donné, à toi qui n’as jamais trempé ta main dans le sang de ton voisin, qui n’as jamais découvert que le moyen le plus rapide de s’enrichir était de dépouiller ses voisins, il t’a été donné de marcher à l’avant-garde de la civilisation, portant l’étendard de l’harmonie.