Catholicisme

Histoire d’une âme, partie 1, chapitre 10

Je suis encor sur la rive étrangère ;

Mais, pressentant le bonheur éternel,

Oh ! je voudrais déjà quitter la terre

Et contempler les merveilles du ciel !

Lorsque je rêve à l’immortelle vie,

De mon exil je ne sens plus le poids ;

Bientôt, mon Dieu, vers ma seule patrie

Je volerai pour la première fois !



Ah ! donne-moi, Jésus, de blanches ailes,

Pour que, vers Toi, je prenne mon essor.

Je veux voler aux rives éternelles,

Je veux Te voir, ô mon divin Trésor !

Je veux voler dans les bras de Marie,

Me reposer sur ce trône de choix,

Et recevoir de ma Mère chérie,

Le doux baiser pour la première fois !



Mon Bien-Aimé, de Ton premier sourire

Fais-moi bientôt entrevoir la douceur ;

Ah ! laisse-moi, dans mon brûlant délire,

Oui, laisse-moi me cacher en Ton Cœur.

Heureux instant !… Ô bonheur ineffable !

Quand j’entendrai le doux son de Ta voix…

Quand je verrai, de ta Face adorable

L’éclat divin, pour la première fois !



Tu le sais bien, mon unique martyre

C’est Ton amour, Cœur sacré de Jésus !

Vers Ton beau ciel, si mon âme soupire,

C’est pour T’aimer… T’aimer de plus en plus !

Au ciel, toujours m’enivrant de tendresse,

Je T’aimerai sans mesure et sans lois.

Et mon bonheur me paraîtra sans cesse

Aussi nouveau que la première fois !

Source Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme (1898), fr.wikisource.org · Sommaire