Catholicisme

Histoire d’une âme, partie 1, chapitre 11

Jésus, mon seul amour, au pied de Ton calvaire,

Que j’aime, chaque soir, à Te jeter des fleurs !

En effeuillant pour Toi la rose printanière,

Je voudrais essuyer Tes pleurs !



Jeter des fleurs !… c’est t’offrir en prémices

Les plus légers soupirs, les plus grandes douleurs.

Mes peines, mon bonheur, mes petits sacrifices :

Voilà mes fleurs !



Seigneur, de Ta beauté mon âme s’est éprise ;

Je veux Te prodiguer mes parfums et mes fleurs.

En les jetant pour Toi sur l’aile de la brise,

Je voudrais enflammer les cœurs !



Jeter des fleurs ! Jésus, voilà mon arme

Lorsque je veux lutter pour sauver les pécheurs.

La victoire est à moi : toujours je Te désarme

Avec mes fleurs !



Les pétales des fleurs caressant ton Visage

Te disent que mon cœur est à Toi sans retour.

De ma rose effeuillée, ah ! Tu sais le langage,

Et tu souris à mon amour…



Jeter des fleurs ! redire tes louanges,

Voilà mon seul plaisir sur la rive des pleurs.

Au ciel j’irai bientôt avec les petits anges

Jeter des fleurs !

Source Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme (1898), fr.wikisource.org · Sommaire