Bouddhisme

L’Évangile de Bouddha, LXI — Le maître inconnu.

Et le Bienheureux dit à Ânanda :
« Il existe diverses sortes d’assemblées, ô Ânanda : des assemblées de nobles, de brahmanes, de maîtres de maison, de bhikkhus et d’autres êtres. Lorsque j’entrais dans une assemblée, avant même de m’asseoir, je prenais toujours une couleur semblable à celle de mon auditoire, et une voix semblable à la sienne. Je m’adressais à eux dans leur langue, puis, par un discours religieux, je les instruisais, les stimulais et les réjouissais.
« Ma doctrine est comme l’océan, qui possède les mêmes huit qualités merveilleuses.
« L’océan et ma doctrine s’approfondissent tous deux peu à peu. Tous deux conservent leur identité à travers tous les changements. Tous deux rejettent les cadavres sur la terre ferme. De même que les grands fleuves, en se jetant dans la mer, perdent leur nom et sont dès lors considérés comme faisant partie du grand océan, ainsi toutes les castes, après avoir renoncé à leur lignée et être entrées dans la Sangha, deviennent des frères et sont comptées parmi les fils de Sakyamuni. L’océan est le but de tous les cours d’eau et des pluies venues des nuages, et pourtant il ne déborde jamais et ne se vide jamais ; de même, le Dharma est embrassé par des millions d’êtres, et pourtant il ne croît ni ne diminue. De même que le grand océan n’a qu’une seule saveur, celle du sel, ma doctrine n’a qu’une seule saveur, celle de la délivrance. L’océan et le Dharma sont tous deux remplis de gemmes, de perles et de joyaux, et tous deux offrent un lieu de séjour aux êtres puissants.
« Voici les huit qualités merveilleuses par lesquelles ma doctrine ressemble à l’océan.
« Ma doctrine est pure et ne fait aucune distinction entre les nobles et les humbles, les riches et les pauvres.
« Ma doctrine est semblable à l’eau, qui purifie tous les êtres sans distinction.
« Ma doctrine est semblable au feu, qui consume toutes les choses existant entre le ciel et la terre, grandes ou petites.
« Ma doctrine est semblable aux cieux, car elle offre de la place, une place ample, pour accueillir tous les êtres : hommes et femmes, garçons et filles, puissants et humbles.
« Mais lorsque je parlais, ils ne me reconnaissaient pas et disaient : “Qui peut bien être celui qui parle ainsi, un homme ou un dieu ?” Puis, après les avoir instruits, stimulés et réjouis par un discours religieux, je disparaissais. Mais ils ne me reconnaissaient pas, même lorsque je disparaissais. »
PARABOLES ET RÉCITS.

Source Paul Carus, The Gospel of Buddha (1894), Project Gutenberg #35895 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire