L’un des disciples s’approcha du Bienheureux, le cœur tremblant et l’esprit plein de doutes. Et il demanda au Bienheureux : « Ô Bouddha, notre Seigneur et Maître, pourquoi renonçons-nous aux plaisirs du monde si tu nous interdis d’accomplir des miracles et d’atteindre au surnaturel ? Amitābha, la lumière infinie de la révélation, n’est-il pas la source d’innombrables miracles ? »
Et le Bienheureux, voyant l’inquiétude d’un esprit en quête de vérité, dit : « Ô sāvaka, tu es un novice parmi les novices, et tu nages à la surface du samsāra. Combien de temps te faudra-t-il pour saisir la vérité ? Tu n’as pas compris les paroles du Tathāgata. La loi du karma est inéluctable, et les supplications sont sans effet, car elles ne sont que de vaines paroles. »
Le disciple dit : « Dis-tu donc qu’il n’existe rien de miraculeux ni de merveilleux ? »
Et le Bienheureux répondit :
« N’est-ce pas une chose merveilleuse, mystérieuse et miraculeuse aux yeux du profane, qu’un homme qui commet le mal puisse devenir un saint, que celui qui atteint l’éveil véritable trouve la voie de la vérité et abandonne les chemins mauvais de l’égoïsme ?
« Le bhikkhu qui renonce aux plaisirs éphémères du monde pour la félicité éternelle de la sainteté accomplit le seul miracle qui puisse véritablement être appelé un miracle.
« Un saint homme transforme les malédictions du karma en bénédictions. Le désir d’accomplir des miracles naît soit de la convoitise, soit de la vanité.
Et le Bienheureux, voyant l’inquiétude d’un esprit en quête de vérité, dit : « Ô sāvaka, tu es un novice parmi les novices, et tu nages à la surface du samsāra. Combien de temps te faudra-t-il pour saisir la vérité ? Tu n’as pas compris les paroles du Tathāgata. La loi du karma est inéluctable, et les supplications sont sans effet, car elles ne sont que de vaines paroles. »
Le disciple dit : « Dis-tu donc qu’il n’existe rien de miraculeux ni de merveilleux ? »
Et le Bienheureux répondit :
« N’est-ce pas une chose merveilleuse, mystérieuse et miraculeuse aux yeux du profane, qu’un homme qui commet le mal puisse devenir un saint, que celui qui atteint l’éveil véritable trouve la voie de la vérité et abandonne les chemins mauvais de l’égoïsme ?
« Le bhikkhu qui renonce aux plaisirs éphémères du monde pour la félicité éternelle de la sainteté accomplit le seul miracle qui puisse véritablement être appelé un miracle.
« Un saint homme transforme les malédictions du karma en bénédictions. Le désir d’accomplir des miracles naît soit de la convoitise, soit de la vanité.
« Ce mendiant agit bien lorsqu’il ne se dit pas : “Les gens devraient me saluer” ; lorsqu’il est méprisé par le monde, mais ne nourrit pourtant aucune malveillance à son égard.
« Ce mendiant agit bien pour qui les présages, les météores, les rêves et les signes sont des choses abolies ; il est libéré de tous les maux qu’ils entraînent.
« Amitābha, la lumière sans limites, est la source de la sagesse, de la vertu, de la bouddhéité. Les œuvres des sorciers et des faiseurs de miracles sont des impostures, mais qu’y a-t-il de plus merveilleux, de plus mystérieux, de plus miraculeux qu’Amitābha ? »
« Mais, Maître, poursuivit le sāvaka, la promesse de la région heureuse n’est-elle que vaines paroles et mythe ? »
« Quelle est cette promesse ? » demanda le Bouddha ; et le disciple répondit :
« À l’ouest se trouve un paradis appelé la Terre pure, merveilleusement orné d’or, d’argent et de pierres précieuses. Il s’y trouve des eaux pures aux sables dorés, bordées d’agréables promenades et couvertes de grandes fleurs de lotus. Une musique joyeuse s’y fait entendre, et des fleurs y tombent trois fois par jour. Des oiseaux chanteurs dont les notes harmonieuses proclament les louanges de la religion y vivent ; et, dans l’esprit de ceux qui écoutent leurs doux chants, le souvenir du Bouddha, de la loi et de la fraternité s’éveille. Aucune naissance mauvaise n’y est possible, et même le nom de l’enfer y est inconnu. Celui qui répète avec ferveur et un esprit pieux les mots “Amitābha Buddha” sera transporté dans la région heureuse de cette terre pure ; et, lorsque la mort approchera, le Bouddha se tiendra devant lui, accompagné d’une troupe de saints disciples, et une parfaite tranquillité régnera. »
« Ce mendiant agit bien pour qui les présages, les météores, les rêves et les signes sont des choses abolies ; il est libéré de tous les maux qu’ils entraînent.
« Amitābha, la lumière sans limites, est la source de la sagesse, de la vertu, de la bouddhéité. Les œuvres des sorciers et des faiseurs de miracles sont des impostures, mais qu’y a-t-il de plus merveilleux, de plus mystérieux, de plus miraculeux qu’Amitābha ? »
« Mais, Maître, poursuivit le sāvaka, la promesse de la région heureuse n’est-elle que vaines paroles et mythe ? »
« Quelle est cette promesse ? » demanda le Bouddha ; et le disciple répondit :
« À l’ouest se trouve un paradis appelé la Terre pure, merveilleusement orné d’or, d’argent et de pierres précieuses. Il s’y trouve des eaux pures aux sables dorés, bordées d’agréables promenades et couvertes de grandes fleurs de lotus. Une musique joyeuse s’y fait entendre, et des fleurs y tombent trois fois par jour. Des oiseaux chanteurs dont les notes harmonieuses proclament les louanges de la religion y vivent ; et, dans l’esprit de ceux qui écoutent leurs doux chants, le souvenir du Bouddha, de la loi et de la fraternité s’éveille. Aucune naissance mauvaise n’y est possible, et même le nom de l’enfer y est inconnu. Celui qui répète avec ferveur et un esprit pieux les mots “Amitābha Buddha” sera transporté dans la région heureuse de cette terre pure ; et, lorsque la mort approchera, le Bouddha se tiendra devant lui, accompagné d’une troupe de saints disciples, et une parfaite tranquillité régnera. »
« En vérité, dit le Bouddha, il existe un tel paradis de bonheur. Mais ce pays est spirituel, et seuls ceux qui sont spirituels peuvent y accéder. Tu dis qu’il se trouve à l’ouest. Cela signifie : cherche-le là où réside celui qui illumine le monde. Le soleil descend et nous laisse dans les ténèbres absolues, les ombres de la nuit s’étendent sur nous, et Māra, le Malin, ensevelit nos corps dans la tombe. Pourtant, le coucher du soleil n’est pas une extinction et, là où nous croyons voir l’extinction, il y a une lumière sans limites et une vie inépuisable. »
« Je comprends, dit le sāvaka, que le récit du Paradis occidental n’est pas à prendre au pied de la lettre. »
« Ta description du paradis, poursuivit le Bouddha, est belle ; pourtant, elle est insuffisante et ne rend guère justice à la gloire de la terre pure. Les gens du monde ne peuvent en parler qu’en termes mondains ; ils emploient des comparaisons et des mots mondains. Mais la terre pure où vivent les purs est plus belle que tu ne peux le dire ni l’imaginer.
« Toutefois, la répétition du nom d’Amitābha Buddha n’est méritoire que si tu le prononces dans un état d’esprit si fervent qu’il purifie ton cœur et accorde ta volonté aux œuvres de justice. Seule peut atteindre la terre heureuse l’âme remplie de la lumière infinie de la vérité. Seul peut vivre et respirer dans l’atmosphère spirituelle du Paradis occidental celui qui a atteint l’illumination.
« Je comprends, dit le sāvaka, que le récit du Paradis occidental n’est pas à prendre au pied de la lettre. »
« Ta description du paradis, poursuivit le Bouddha, est belle ; pourtant, elle est insuffisante et ne rend guère justice à la gloire de la terre pure. Les gens du monde ne peuvent en parler qu’en termes mondains ; ils emploient des comparaisons et des mots mondains. Mais la terre pure où vivent les purs est plus belle que tu ne peux le dire ni l’imaginer.
« Toutefois, la répétition du nom d’Amitābha Buddha n’est méritoire que si tu le prononces dans un état d’esprit si fervent qu’il purifie ton cœur et accorde ta volonté aux œuvres de justice. Seule peut atteindre la terre heureuse l’âme remplie de la lumière infinie de la vérité. Seul peut vivre et respirer dans l’atmosphère spirituelle du Paradis occidental celui qui a atteint l’illumination.
« En vérité, je te le dis, le Tathâgata vit dans la terre pure de la félicité éternelle, même maintenant qu’il est encore dans son corps ; et le Tathâgata prêche la loi de la religion à toi et au monde entier, afin que toi et tes frères puissiez atteindre la même paix et le même bonheur. »
Le disciple dit : « Enseigne-moi, Seigneur, les méditations auxquelles je dois me consacrer pour laisser mon esprit entrer dans le paradis de la terre pure. »
Le Bouddha dit : « Il y a cinq méditations.
« La première méditation est celle de l’amour, par laquelle tu dois régler ton cœur de telle sorte que tu désires ardemment le bien-être et le bonheur de tous les êtres, y compris celui de tes ennemis.
« La deuxième méditation est celle de la pitié, par laquelle tu penses à tous les êtres en détresse, représentant vivement dans ton imagination leurs chagrins et leurs inquiétudes, afin d’éveiller en ton âme une profonde compassion pour eux.
« La troisième méditation est celle de la joie, par laquelle tu penses à la prospérité des autres et te réjouis de leurs réjouissances.
« La quatrième méditation est celle de l’impureté, par laquelle tu considères les conséquences néfastes de la corruption, les effets des fautes et des maux. Combien le plaisir du moment est souvent futile, et combien ses conséquences sont funestes ! »
Le disciple dit : « Enseigne-moi, Seigneur, les méditations auxquelles je dois me consacrer pour laisser mon esprit entrer dans le paradis de la terre pure. »
Le Bouddha dit : « Il y a cinq méditations.
« La première méditation est celle de l’amour, par laquelle tu dois régler ton cœur de telle sorte que tu désires ardemment le bien-être et le bonheur de tous les êtres, y compris celui de tes ennemis.
« La deuxième méditation est celle de la pitié, par laquelle tu penses à tous les êtres en détresse, représentant vivement dans ton imagination leurs chagrins et leurs inquiétudes, afin d’éveiller en ton âme une profonde compassion pour eux.
« La troisième méditation est celle de la joie, par laquelle tu penses à la prospérité des autres et te réjouis de leurs réjouissances.
« La quatrième méditation est celle de l’impureté, par laquelle tu considères les conséquences néfastes de la corruption, les effets des fautes et des maux. Combien le plaisir du moment est souvent futile, et combien ses conséquences sont funestes ! »
« La cinquième méditation est la méditation sur la sérénité, dans laquelle tu t’élèves au-dessus de l’amour et de la haine, de la tyrannie et de la servitude, de la richesse et du dénuement, et considères ton propre destin avec une impartialité sereine et une parfaite tranquillité.
« Le véritable disciple du Tathâgata ne fonde pas sa confiance sur les austérités ou les rites ; mais, renonçant à l’idée du moi, il s’en remet de tout son cœur à Amitâbha, qui est la lumière infinie de la vérité. »
Après avoir exposé sa doctrine d’Amitâbha, la lumière incommensurable qui fait de celui qui la reçoit un Bouddha, le Bienheureux regarda au fond du cœur de son disciple et y vit encore quelques doutes et quelques inquiétudes. Et le Bienheureux dit : « Demande-moi, mon fils, les questions qui pèsent sur ton âme. »
Et le disciple dit : « Un humble moine peut-il, en se sanctifiant, acquérir les facultés de la sagesse surnaturelle appelées Abhiññas et les pouvoirs surnaturels appelés Iddhi ? Montre-moi l’Iddhi-pāda, le chemin de la sagesse suprême. Révèle-moi les Jhânas, qui permettent d’acquérir le samâdhi, la fixité de l’esprit qui ravit l’âme. »
Et le Bienheureux dit : « Quelles sont les Abhiññas ? »
Le disciple répondit : « Il y a six Abhiññas : (1) l’œil céleste ; (2) l’oreille céleste ; (3) le corps à volonté, ou pouvoir de transformation ; (4) la connaissance du destin des demeures antérieures, qui permet de connaître les états d’existence passés ; (5) la faculté de lire les pensées d’autrui ; et (6) la connaissance permettant de comprendre le terme du courant de la vie. »
« Le véritable disciple du Tathâgata ne fonde pas sa confiance sur les austérités ou les rites ; mais, renonçant à l’idée du moi, il s’en remet de tout son cœur à Amitâbha, qui est la lumière infinie de la vérité. »
Après avoir exposé sa doctrine d’Amitâbha, la lumière incommensurable qui fait de celui qui la reçoit un Bouddha, le Bienheureux regarda au fond du cœur de son disciple et y vit encore quelques doutes et quelques inquiétudes. Et le Bienheureux dit : « Demande-moi, mon fils, les questions qui pèsent sur ton âme. »
Et le disciple dit : « Un humble moine peut-il, en se sanctifiant, acquérir les facultés de la sagesse surnaturelle appelées Abhiññas et les pouvoirs surnaturels appelés Iddhi ? Montre-moi l’Iddhi-pāda, le chemin de la sagesse suprême. Révèle-moi les Jhânas, qui permettent d’acquérir le samâdhi, la fixité de l’esprit qui ravit l’âme. »
Et le Bienheureux dit : « Quelles sont les Abhiññas ? »
Le disciple répondit : « Il y a six Abhiññas : (1) l’œil céleste ; (2) l’oreille céleste ; (3) le corps à volonté, ou pouvoir de transformation ; (4) la connaissance du destin des demeures antérieures, qui permet de connaître les états d’existence passés ; (5) la faculté de lire les pensées d’autrui ; et (6) la connaissance permettant de comprendre le terme du courant de la vie. »
Et le Bienheureux répondit : « Ce sont là des choses merveilleuses ; mais, en vérité, tout homme peut les atteindre. Considère les facultés de ton propre esprit ; tu es né à environ deux cents lieues d’ici, et ne peux-tu, par la pensée, en un instant, te rendre dans ton pays natal et te rappeler les détails de la maison de ton père ? Ne vois-tu pas, par l’œil de ton esprit, les racines de l’arbre que le vent secoue sans le déraciner ? Le cueilleur d’herbes ne voit-il pas en pensée, quand il le souhaite, telle ou telle plante avec ses racines, sa tige, ses fruits, ses feuilles, et même les usages auxquels elle peut servir ? L’homme qui connaît les langues ne peut-il rappeler à son esprit n’importe quel mot quand il le souhaite, en connaissant son sens et sa portée exacts ? Combien plus le Tathâgata comprend-il la nature des choses ; il regarde dans le cœur des hommes et lit leurs pensées. Il connaît l’évolution des êtres et prévoit leur destinée. »
Le disciple dit : « Le Tathâgata enseigne donc que l’homme peut atteindre, par les Jhânas, la félicité de l’Abhiñña. »
Et le Bienheureux demanda en réponse : « Quels sont les Jhânas par lesquels l’homme atteint l’Abhiñña ? »
Le disciple répondit : « Il y a quatre Jhânas. Le premier Jhâna est le recueillement, dans lequel il faut libérer son esprit de la sensualité ; le deuxième Jhâna est une tranquillité de l’esprit, pleine de joie et d’allégresse ; le troisième Jhâna consiste à prendre plaisir aux choses spirituelles ; le quatrième Jhâna est un état de pureté et de paix parfaites, dans lequel l’esprit s’élève au-dessus de toute joie et de toute peine. »
Le disciple dit : « Le Tathâgata enseigne donc que l’homme peut atteindre, par les Jhânas, la félicité de l’Abhiñña. »
Et le Bienheureux demanda en réponse : « Quels sont les Jhânas par lesquels l’homme atteint l’Abhiñña ? »
Le disciple répondit : « Il y a quatre Jhânas. Le premier Jhâna est le recueillement, dans lequel il faut libérer son esprit de la sensualité ; le deuxième Jhâna est une tranquillité de l’esprit, pleine de joie et d’allégresse ; le troisième Jhâna consiste à prendre plaisir aux choses spirituelles ; le quatrième Jhâna est un état de pureté et de paix parfaites, dans lequel l’esprit s’élève au-dessus de toute joie et de toute peine. »
« Bien, mon fils, ordonna le Bienheureux. Sois sobre et abandonne les pratiques erronées qui ne servent qu’à hébéter l’esprit. »
Le disciple dit : « Pardonne-moi, ô Bienheureux, car j’ai la foi sans la compréhension et je cherche la vérité. Ô Bienheureux, ô Tathâgata, mon Seigneur et Maître, enseigne-moi l’Iddhipāda. »
Le Bienheureux dit : « Il existe quatre moyens d’acquérir l’Iddhi : (1) Empêcher les mauvaises qualités de surgir. (2) Écarter les mauvaises qualités qui ont surgi. (3) Faire naître la bonté qui n’existe pas encore. (4) Accroître la bonté qui existe déjà. — Cherche avec sincérité et persévère dans ta quête. À la fin, tu trouveras la vérité. »
Le disciple dit : « Pardonne-moi, ô Bienheureux, car j’ai la foi sans la compréhension et je cherche la vérité. Ô Bienheureux, ô Tathâgata, mon Seigneur et Maître, enseigne-moi l’Iddhipāda. »
Le Bienheureux dit : « Il existe quatre moyens d’acquérir l’Iddhi : (1) Empêcher les mauvaises qualités de surgir. (2) Écarter les mauvaises qualités qui ont surgi. (3) Faire naître la bonté qui n’existe pas encore. (4) Accroître la bonté qui existe déjà. — Cherche avec sincérité et persévère dans ta quête. À la fin, tu trouveras la vérité. »