Le Tathâgata dit à Ânanda : « Autrefois, Ânanda, Mâra, le Mauvais, s’approcha trois fois du saint Bouddha pour le tenter.
« Et maintenant, Ânanda, Mâra, le Mauvais, est revenu aujourd’hui à l’endroit où je me trouvais et, se tenant auprès de moi, m’a adressé les mêmes paroles qu’au temps où je reposais sous le nigrodha du berger, sur la rive de la rivière Nerañjarâ : “Salut à toi, saint homme. Tu as atteint la félicité suprême, et l’heure est venue pour toi d’entrer dans le Nirvâna final.”
« Et lorsque Mâra eut ainsi parlé, Ânanda, je lui répondis : “Réjouis-toi, méchant ; l’extinction finale du Tathâgata aura lieu bientôt.” »
Le vénérable Ânanda s’adressa alors au Bienheureux et dit : « Daigne, Seigneur, demeurer parmi nous, ô Bienheureux ! pour le bien et le bonheur des grandes multitudes, par compassion pour le monde, pour le bien et le profit de l’humanité ! »
Le Bienheureux dit : « Assez, maintenant, Ânanda, ne supplie pas le Tathâgata ! »
Et une seconde fois, le vénérable Ânanda supplia le Bienheureux en reprenant les mêmes paroles. Et le Bienheureux lui fit la même réponse.
Et une troisième fois, le vénérable Ânanda supplia le Bienheureux de vivre plus longtemps ; et le Bienheureux dit : « As-tu la foi, Ânanda ? »
« Et maintenant, Ânanda, Mâra, le Mauvais, est revenu aujourd’hui à l’endroit où je me trouvais et, se tenant auprès de moi, m’a adressé les mêmes paroles qu’au temps où je reposais sous le nigrodha du berger, sur la rive de la rivière Nerañjarâ : “Salut à toi, saint homme. Tu as atteint la félicité suprême, et l’heure est venue pour toi d’entrer dans le Nirvâna final.”
« Et lorsque Mâra eut ainsi parlé, Ânanda, je lui répondis : “Réjouis-toi, méchant ; l’extinction finale du Tathâgata aura lieu bientôt.” »
Le vénérable Ânanda s’adressa alors au Bienheureux et dit : « Daigne, Seigneur, demeurer parmi nous, ô Bienheureux ! pour le bien et le bonheur des grandes multitudes, par compassion pour le monde, pour le bien et le profit de l’humanité ! »
Le Bienheureux dit : « Assez, maintenant, Ânanda, ne supplie pas le Tathâgata ! »
Et une seconde fois, le vénérable Ânanda supplia le Bienheureux en reprenant les mêmes paroles. Et le Bienheureux lui fit la même réponse.
Et une troisième fois, le vénérable Ânanda supplia le Bienheureux de vivre plus longtemps ; et le Bienheureux dit : « As-tu la foi, Ânanda ? »
Ānanda dit : « Je l’ai, mon Seigneur ! »
Et le Bienheureux, voyant les paupières tremblantes d’Ānanda, lut le profond chagrin dans le cœur de son disciple bien-aimé, et lui demanda encore : « As-tu vraiment la foi, Ānanda ? »
Et Ānanda dit : « J’ai la foi, mon Seigneur. »
Alors le Bienheureux poursuivit : « Si tu as foi, Ānanda, en la sagesse du Tathâgata, pourquoi donc, Ānanda, troubles-tu le Tathâgata jusqu’à trois fois ? Ne t’ai-je pas déclaré autrefois qu’il est dans la nature même de toutes les choses composées qu’elles doivent se dissoudre à nouveau ? Nous devons nous séparer de tout ce qui nous est cher et proche, et le quitter. Comment donc, Ānanda, me serait-il possible de demeurer, puisque tout ce qui naît, est produit et organisé porte en soi la nécessité inhérente de sa dissolution ? Comment donc serait-il possible que ce corps qui est le mien ne se dissolve pas ? Une telle condition ne saurait exister ! Et cette existence mortelle, ô Ānanda, a été abandonnée, rejetée, renoncée, écartée et délaissée par le Tathâgata. »
Et le Bienheureux dit à Ānanda : « Va maintenant, Ānanda, et rassemble dans la salle des assemblées les frères qui résident dans les environs de Vesālī. »
Alors le Bienheureux se rendit dans la salle des assemblées et s’assit sur le tapis qui avait été étendu pour lui. Une fois assis, le Bienheureux s’adressa aux frères et dit :
Et le Bienheureux, voyant les paupières tremblantes d’Ānanda, lut le profond chagrin dans le cœur de son disciple bien-aimé, et lui demanda encore : « As-tu vraiment la foi, Ānanda ? »
Et Ānanda dit : « J’ai la foi, mon Seigneur. »
Alors le Bienheureux poursuivit : « Si tu as foi, Ānanda, en la sagesse du Tathâgata, pourquoi donc, Ānanda, troubles-tu le Tathâgata jusqu’à trois fois ? Ne t’ai-je pas déclaré autrefois qu’il est dans la nature même de toutes les choses composées qu’elles doivent se dissoudre à nouveau ? Nous devons nous séparer de tout ce qui nous est cher et proche, et le quitter. Comment donc, Ānanda, me serait-il possible de demeurer, puisque tout ce qui naît, est produit et organisé porte en soi la nécessité inhérente de sa dissolution ? Comment donc serait-il possible que ce corps qui est le mien ne se dissolve pas ? Une telle condition ne saurait exister ! Et cette existence mortelle, ô Ānanda, a été abandonnée, rejetée, renoncée, écartée et délaissée par le Tathâgata. »
Et le Bienheureux dit à Ānanda : « Va maintenant, Ānanda, et rassemble dans la salle des assemblées les frères qui résident dans les environs de Vesālī. »
Alors le Bienheureux se rendit dans la salle des assemblées et s’assit sur le tapis qui avait été étendu pour lui. Une fois assis, le Bienheureux s’adressa aux frères et dit :
« Ô mes frères, vous à qui la vérité a été révélée, après vous en être pleinement rendus maîtres, pratiquez-la, méditez-la et répandez-la, afin que la pure religion dure longtemps et se perpétue, afin qu’elle continue d’être au bénéfice et au bonheur des grandes multitudes, par compassion pour le monde, et pour le bien et le profit de tous les êtres vivants !
« L’observation des étoiles et l’astrologie, la prédiction d’événements heureux ou malheureux à partir de présages, l’annonce du bien ou du mal, tout cela est interdit.
« Celui qui laisse son cœur s’égarer sans retenue n’atteindra pas le Nirvâna ; nous devons donc tenir notre cœur en bride, nous retirer des agitations du monde et rechercher la tranquillité de l’esprit.
« Mangez pour apaiser votre faim et buvez pour étancher votre soif. Satisfaites aux nécessités de la vie comme le papillon qui butine la fleur sans en détruire le parfum ni la texture.
« C’est parce que nous n’avons pas compris et saisi les quatre vérités, ô mes frères, que nous nous sommes si longtemps égarés et avons erré sur ce chemin pénible des transmigrations, vous comme moi, jusqu’à ce que nous trouvions la vérité.
« Pratiquez les méditations assidues que je vous ai enseignées. Poursuivez le grand combat contre le péché. Avancez fermement sur les chemins de la sainteté. Soyez forts dans les pouvoirs moraux. Que les facultés de votre sens spirituel soient vives. Lorsque les sept sortes de sagesse éclaireront votre esprit, vous trouverez le noble sentier octuple qui mène au Nirvâna. »
« L’observation des étoiles et l’astrologie, la prédiction d’événements heureux ou malheureux à partir de présages, l’annonce du bien ou du mal, tout cela est interdit.
« Celui qui laisse son cœur s’égarer sans retenue n’atteindra pas le Nirvâna ; nous devons donc tenir notre cœur en bride, nous retirer des agitations du monde et rechercher la tranquillité de l’esprit.
« Mangez pour apaiser votre faim et buvez pour étancher votre soif. Satisfaites aux nécessités de la vie comme le papillon qui butine la fleur sans en détruire le parfum ni la texture.
« C’est parce que nous n’avons pas compris et saisi les quatre vérités, ô mes frères, que nous nous sommes si longtemps égarés et avons erré sur ce chemin pénible des transmigrations, vous comme moi, jusqu’à ce que nous trouvions la vérité.
« Pratiquez les méditations assidues que je vous ai enseignées. Poursuivez le grand combat contre le péché. Avancez fermement sur les chemins de la sainteté. Soyez forts dans les pouvoirs moraux. Que les facultés de votre sens spirituel soient vives. Lorsque les sept sortes de sagesse éclaireront votre esprit, vous trouverez le noble sentier octuple qui mène au Nirvâna. »
« Voyez, ô frères, l’extinction finale du Tathâgata aura lieu bientôt. Je vous exhorte maintenant en ces termes : “Toutes les choses composées doivent vieillir et se dissoudre à nouveau. Cherchez ce qui est permanent et œuvrez avec diligence à votre salut.” »