Bouddhisme

L’Évangile de Bouddha, LXXIV — Le semeur.

Bhāradvāja, un riche brahmane cultivateur, célébrait la fête des moissons lorsque le Bienheureux vint, son bol à aumônes à la main, mendier de la nourriture.
Quelques personnes lui rendirent hommage, mais le brahmane se mit en colère et dit : « Ô samana, il conviendrait mieux que tu ailles travailler au lieu de mendier. Je laboure et je sème, et, après avoir labouré et semé, je mange. Si tu faisais de même, toi aussi, tu aurais de quoi manger. »
Le Tathâgata lui répondit : « Ô brahmane, moi aussi, je laboure et je sème, et, après avoir labouré et semé, je mange. »
« Prétends-tu être un cultivateur ? » répliqua le brahmane. « Où sont donc tes bœufs ? Où sont les semences et la charrue ? »
Le Bienheureux dit : « La foi est la semence que je sème ; les bonnes actions sont la pluie qui la féconde ; la sagesse et la modestie sont la charrue ; mon esprit tient les rênes ; je saisis la poignée de la loi ; le zèle est l’aiguillon dont je me sers, et l’effort est mon bœuf de trait. Ce labourage est accompli pour détruire les mauvaises herbes de l’illusion. La récolte qu’il donne est le fruit immortel du Nirvâna, et ainsi toute souffrance prend fin. »
Alors le brahmane versa du lait de riz dans un bol d’or et l’offrit au Bienheureux, en disant : « Que le Maître des hommes goûte au lait de riz, car le vénérable Gotama accomplit un labourage qui porte le fruit de l’immortalité. »

Source Paul Carus, The Gospel of Buddha (1894), Project Gutenberg #35895 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire