Bouddhisme

L’Évangile de Bouddha, LXXII — L’insensé indolent.

Il y avait un riche brahmane, déjà très avancé en âge, qui, sans se soucier de l’impermanence des choses terrestres et s’attendant à vivre longtemps, s’était fait construire une grande maison.
Le Bouddha se demanda pourquoi un homme si proche de la mort avait bâti un manoir avec tant de pièces, et il envoya Ânanda auprès du riche brahmane afin de lui prêcher les quatre nobles vérités et la voie octuple du salut.
Le brahmane montra sa maison à Ânanda et lui expliqua à quoi servaient ses nombreuses chambres, mais il ne prêta aucune attention à l’enseignement du Bouddha.
Ânanda dit : « C’est l’habitude des insensés de dire : “J’ai des enfants et des richesses.” Celui qui parle ainsi n’est même pas maître de lui-même ; comment peut-il prétendre posséder des enfants, des richesses et des serviteurs ? Les soucis des gens du monde sont nombreux, mais ils ne savent rien des changements à venir. »
À peine Ânanda était-il parti que le vieillard fut frappé d’apoplexie et tomba mort. Le Bouddha dit, pour instruire ceux qui étaient prêts à apprendre : « Un insensé, même s’il vit auprès des sages, ne comprend rien à la vraie doctrine, comme une cuillère ne goûte pas la saveur de la soupe. Il ne pense qu’à lui-même et, insoucieux des conseils de bons conseillers, est incapable de se délivrer. »

Source Paul Carus, The Gospel of Buddha (1894), Project Gutenberg #35895 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire