Islam

Hafiz (Bell), Poème 25

Les jours d’absence et les amères nuits
De séparation, tout est désormais fini !
Où donc est l’influence de l’étoile qui flétrit
Mon espoir ? L’augure répond : c’est fini !
L’abondance de l’automne, les plaisirs du lent automne,
S’achèvent et s’oublient lorsque, sur la terre,
Le vent du printemps s’avance, de son pas doux et tiède.
Le jour de l’Espoir, caché sous le voile du Chagrin,
A montré son visage — ah, criez pour que tous entendent :
Sortez ! les puissances de la nuit ne règnent plus !
Loué soit Dieu, maintenant que la rose est proche,
Couronnée de flammes, si longtemps désirée,
Tous oublient les cruelles épines qui blessent,
Le vent de l’hiver achève sa fière course.
La longue confusion des nuits passées,
L’angoisse qui hantait mon cœur, tout est fini ;
Sous la protection des cheveux de ma dame,
Ni chagrin ni inquiétude ne m’atteignent plus.
Et quand bien même ses boucles auraient fait tout mon malheur,
Le visage bienveillant de ma dame peut me consoler,
Et, pour finir, m’accorder ce qui me fait tant souffrir.
Le cœur léger, conduis-moi à la taverne,
Où la flûte rit et les cymbales joyeuses s’embrassent ;
Au bas de toute l’histoire de mes malheurs,
Ma maîtresse pose la main et écrit : Fin.
Oh, ne t’attarde pas et ne te fie pas aux jours inconstants
Qui promirent : Là où tu es, ta dame demeure —
C’est ainsi que s’achève le récit de la séparation !
Ô Saki, tu m’as montré le chemin assuré de la joie —
Puisse ta coupe rester pleine, et tes jours heureux !
Les soucis et la maladie ont fui ma poitrine,
Ta sagesse y fait régner l’ordre et la santé.
Nul ne compta Hafiz parmi les grands —
Innombrables furent ses larmes, ignorées de tous ;
Loué soit celui qui met fin aux tourments sans fin !

Source Hafiz, Divan, trad. Gertrude Lowthian Bell (1897), Poems from the Divan of Hafiz, gutenberg.org #74883 — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire