L'armée de Mahmûd trouva à Somnât l'idole nommée Lét. Les Hindous s'empressèrent d'offrir, pour la sauver, dix fois son pesant d'or ; mais Mahmûd refusa nettement de la vendre, et il fit allumer un grand feu pour la brûler. Un de ses officiers se permit de dire : « Il ne convient pas de détruire cette idole, il vaut mieux accepter ce qu'on propose et prendre l'or qu'on offre. » — « Je craindrais, répondit Mahmûd, qu'au jour du compte suprême le Créateur ne dit, devant l'univers assemblé : “Écoutez ce qu'ont fait Azar et Mahmûd : le premier a sculpté des idoles, et le second en a vendu.” »
On raconte que lorsque Mahmûd eut fait mettre le feu à l'idole de ces adorateurs du feu, il sortit de l'intérieur de la statue cent manns de pierres précieuses, et Mahmûd obtint ainsi gratuitement ce qui était désiré. Mahmûd dit alors : « Lât méritait ce traitement, et Dieu m'a récompensé de mon action. »
On raconte que lorsque Mahmûd eut fait mettre le feu à l'idole de ces adorateurs du feu, il sortit de l'intérieur de la statue cent manns de pierres précieuses, et Mahmûd obtint ainsi gratuitement ce qui était désiré. Mahmûd dit alors : « Lât méritait ce traitement, et Dieu m'a récompensé de mon action. »
Ah ! brise toi-même les idoles auxquelles tu rends un culte, afin de ne pas périr misérablement comme cette idole. Consume ton âme, comme Mahmûd consuma cette idole, par l'amour de ton divin ami, afin que tu fasses sortir les pierres précieuses de dessous la face extérieure. Lorsque le cri d'alast retentira à ton oreille, ne diffère pas de répondre oui. Tu t'es lié avant d'exister par cet engagement ; ne manque pas de l'accomplir aujourd'hui. Puisque tu as pris avec Dieu cet engagement antérieur, comment te serait-il loisible de le nier actuellement ? Toi donc qui as accepté dans l'origine l'engagement d'alast et qui voudrais le renier actuellement, puisque tu l'as pris positivement à cette époque, comment y désobéiras-tu aujourd'hui ? Tu ne peux éviter de remplir ta promesse ; comporte-toi donc en conséquence, exécute fidèlement ce que tu as accepté, et n'agis pas par subterfuge.
Lorsque Mahmoud, le flambeau des rois, eut quitté Gazna pour faire la guerre aux Hindous, et qu'il aperçut leur innombrable armée, son cœur fut rempli de tristesse, à cause de cette multitude, et il fit vœu ce jour-là au Roi de toute justice, en disant : « Si j'obtiens la victoire sur cette armée, je consacrerai aux derviches de la voie spirituelle tout le butin qui tombera en mes mains. » Lors donc que Mahmoud eut été victorieux, on réunit un énorme butin au-delà de toute proportion, au-delà de ce qu'auraient pu imaginer cent esprits sages. Comme donc ces visages noirs furent mis en déroute et qu'on eut obtenu ce butin, qui dépassait toute prévision, le roi dit à un de ses officiers : « Envoie ce butin aux derviches, car j'ai fait ce vœu à Dieu dès le commencement, et je dois agir avec droiture par rapport à mon pacte et à mon engagement. » Mais tout le monde se récria et dit : « Comment ! donner tant d'argent et d'or à une poignée de gens sans valeur ! Ou donne-le à l'armée, qui a été en butte aux attaques de l'ennemi, ou bien ordonne de le déposer dans le trésor. » Le sultan, troublé par l'incertitude, resta interdit entre sa promesse et cet avis unanime. Sur ces entrefaites, Bû Hugçain, fou spirituel, qui était intelligent, mais sans éducation, passa au milieu de cette armée. Lorsque Mahmoud l'eut aperçu de loin, il dit : « Faites approcher cet insensé, demandez-lui ce que je dois faire, et j'agirai comme il le dira. Puisqu'il ne tient ni au sultan, ni à l'armée, il donnera librement son avis. » Le roi du monde fit donc alors venir ce fou, et lui raconta la chose. Celui-ci, hors de lui, dit ces mots : « Sire, il est ici question pour toi de deux oboles ; mais, si tu veux agir convenablement envers Dieu, ne pense plus, mon cher, à ces deux oboles ; et si tu remportes encore une victoire par sa grâce, aie honte d'en retirer deux oboles. Ainsi, puisque Dieu t'a donné la victoire et t'a fait réussir, quelle chose peut t'appartenir qui n'appartienne pas à Dieu ? »
Mahmoud répandit cet or en aumônes, et devint un grand monarque.