Hindouisme

Tukaram, Poème 2205

Un atome, si petit soit-il, est trop gros pour l’œil.
De même que tu en débarrasses ton œil, purifie aussi
ton mental ; qu’aucune souillure ne s’y attache. Nul homme
ne peut éprouver pour l’enfant d’un autre ce qu’il éprouve pour le sien.
Tuka dit : La récolte de grain pur correspondra
à ton désir de moisson.
Je bavarde devant toi comme un enfant choyé.
Écoute ce qui mène à une bonne ou à une mauvaise fin. Il fait son devoir, celui qui gouverne sa femme ; il manque à son devoir, celui qui ne respecte rien et n’éprouve aucune honte. Le mérite réside dans le service rendu aux autres ; la faute, dans le fait de les tourmenter et de les blâmer. Le bonheur se trouve dans la compagnie des saints ; le malheur, lorsque la discorde rompt l’harmonie. Il atteint son but, celui qui maîtrise son mental ; le désastre frappe celui qui se mêle des affaires des autres, le déshonneur, celui qui lèche les lèvres des femmes. Celui qui sait préserver la paix est sage ; celui qui s’enorgueillit de son talent pour la dispute est fou. Il est bon, celui qui accomplit les rites de Gaya ; il est un vaurien, celui qui amasse de honteuses richesses et fréquente les maisons closes. Il se conduit bien, celui qui réserve une part aux vaches et aux hôtes ; mal, celui qui dîne sans la compagnie de témoins. Il se donne un avantage, celui qui voit Dieu en toutes les créatures ; ce n’est pas le cas de celui qui se livre à un isolement égoïste. Celui qui reconnaît les signes qu’un homme a atteint son but est un fin connaisseur en joyaux ; celui qui se laisse charmer par les parures extérieures est un sot. Profond est celui qui garde secret le conseil de son maître ; superficiel, celui qui, sans courage, gémit : « Quel sera mon sort ? » Est généreux celui qui remet son âme à Dieu ; avare, celui qui s’attache aux objets des sens. Doux, seule véritable essence des choses, est le nom de Vitthala ; amers sont le monde et les huit millions de renaissances. Tuka dit : Ô mon mental, demeure aux pieds de Vitthala ; tu n’as besoin de rien d’autre.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire