Hindouisme

Tukaram, Poème 1212

Le jeune Hari joue à Mathura, des anneaux aux pieds, un collier, une ceinture et des brassards. Sa mère contemple son visage ; son âme ne peut contenir sa joie. Heureuse est aujourd’hui l’humanité : Brahma s’est incarné dans la réserve de ses mérites ! Doux enfant ! Pourtant, je perds mon temps à parler ainsi : cet enfant m’est plus cher que la vie même ! Hommes et femmes de toutes castes se rassemblent en foule ; ils oublient qui ils sont ; mères et filles ont oublié leur foyer. Ils écartent la peur et tout ce qui l’accompagne ; la faim et la soif ont disparu ; même lorsqu’ils restent chez eux, leur âme est auprès de lui ; chacun cherche avec ardeur le moment de le rencontrer. Ils ont oublié toute pudeur, tout souci de leur personne ; ici, la honte n’a pas sa place ; chacune quitte son lit douillet et court vers lui. Jeunes filles, hommes et femmes, tous sont fascinés ; les femmes qui jouent avec leurs enfants les ont même oubliés. Jeunes hommes et jeunes filles ont perdu tout sentiment de leur propre personne ; dès qu’ils le voient, ils ne peuvent en détacher les yeux. L’hostilité cesse entre eux ; nul ne se distingue des autres. Le chagrin, le désir du foyer et la douleur sont écrasés et oubliés. Tuka dit : Il les a remplis d’une joie semblable à la sienne ; mon seigneur joue avec une tendre joie sous les traits d’un enfant.

Source The Poems of Tukârâma, trad. J. Nelson Fraser et K. B. Marathe, 3 vol., 1909-1915, archive.org — traduction I Choose Peace depuis l’anglais · Sommaire